Pages 9-10 en attendant godot

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  • Publié le : 20 décembre 2011
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Commentaire pages 9-10
En attendant Godot

Le théâtre de l'absurde, style théâtral apparaissant dans les années 1950, traite de la condition humaine et de l'absurdité de la vie et cherche à donner une image de l'homme jeté dans l'existence. Samuel Beckett, écrivain, poète et dramaturge irlandais du 20° siècle, se fixe à Paris peut avant la Seconde Guerre Mondiale et décide d'écrire en françaisafin « de s'appauvrir encore davantage » comme il le dit lui-même, c'est-à-dire qu'il souhaite être le plus simple possible dans ces oeuvres. Il écrit en 1948 sa pièce du théâtre de l'absurde la plus célèbre, En attendant Godot, qui se compose en deux actes, sans scènes et qui met en scène deux vagabonds, Vladimir et Estragon, qui attendent Godot, un personnage qui n'apparaitra jamais dans lapièce. Les deux premières pages de cette pièce, du début de l'acte I jusqu'à « vers 1900 », nous font découvrir les personnages principaux et la tonalité de la pièce. Mais en quoi cet extrait, qui pourrait être considéré comme scène d'exposition, est révélateur de l'ensemble des éléments et caractéristiques de la pièce ? Nous verrons d'abord en quoi cet incipit est déroutant et déroge les règles de ladramaturgie classique, et dans un second temps nous verrons comment et sur quoi s'organise le discours absurde des personnages.

Tout d'abord, nous pouvons remarquer qu'une pièce de théâtre commence en règle générale par une scène d'exposition, hors cette pièce n'est pas composée de scènes mais seulement de 2 actes mais nous pouvons tout de même considérer le début de ce premier acte comme tel.L'acte commence par quelques didascalies qui définissent vaguement le cadre spatio-temporel où se déroule ce premier acte, grâce aux deux premières phrases nominales on sait que ça se passe sur une route de campagne, un soir mais sans plus d'informations précises, on sait cependant que la pièce se déroule après 1900 car Vladimir dit « Il fallait y penser il y a une éternité, vers 1900 », ilsvivent au présent ce qui indique le caractère répétitif de leur inaction. Nous savons que le décor est constitué d'une pierre où est d'ailleurs assis Estragon et d'un arbre bordant la route. Ces mêmes didascalies introduisent les actions des deux personnages principaux à cet instant mais sans indications supplémentaires en dehors de leur nom, on ne sait pas d'où ils viennent ni pourquoi ils étaientséparés. Les costumes des personnages ne sont pas dans cet extrait indiqués ni les liens qui unissent Vladimir et Estragon, on peut quand même déduire de leur conversation qu'ils se connaissaient déjà avant cette rencontre car Vladimir annonce qu'il est content de revoir Estragon ils ont même l'air d'êtres plutôt proches, Vladimir semble être en quelque sorte le « protecteur » d'Estragon (« je medemande... ce que tu serais devenu... sans moi... »). Ce semblant de scène d'exposition est également déroutante car aucune intrigue n'est présentée, la situation semble alors stagner sans qu'il y ait vraiment de but à la rencontre de ces 2 personnages, ni même au sens plus large, à l'existence de la pièce. La seule action est menée par Estragon qui essaie d'enlever sa chaussure, on le sait grâce auxdidascalies dont les verbes au présent « assis », « essaie », « s'acharne », « s'arrête », « se repose » et « recommence » rythme cette unique action et montre l'importance accordée au jeu du comédien tout comme « recommence » et « même jeu » montre que cette action est sans fin. Ainsi on voit dès le début de cette pièce et de par cet incipit inattendu que la pièce ne respecte et ne respecteradonc pas les règles du théâtre traditionnel, c'est-à-dire de la dramaturgie classique au fil du récit.

De plus, on s'aperçoit que le discours des personnages est incohérent et absurde. En premier lieu on s'aperçoit que c'est Vladimir qui mène la conversation, Estragon se contente uniquement de répondre à Vladimir car il reste concentré sur sa chaussure ; il y a donc des difficultés de...
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