Petain

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  • Publié le : 29 avril 2009
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Henri Philippe Bénoni Joseph Pétain est né à Cauchy-à-la-Tour (dans le Pas-de-Calais), le 24 avril 1856. Son père, Omer, après avoir brièvement travaillé à Paris avec Daguerre, était revenu en Artois pour y exercer la profession de cultivateur. Il suit des études au collège Saint-Bertin de Saint-Omer, puis chez les Dominicains d'Arcueil où il prépare le concours d'entrée à l'école de Saint-Cyr.Admis en 1876, dans un rang plus que modeste (403e sur 412), il en sort deux ans plus tard pour rejoindre comme sous-lieutenant le 24e bataillon de chasseurs à pied. Commence alors une carrière militaire sans relief particulier. En fait, sa vie se confond jusque vers 1900 avec celle de l'armée métropolitaine. De garnison en garnison, il devient un officier d'infanterie respecté et reconnu pour sescompétences (ce qui lui vaut notamment d'être nommé officier d'ordonnance du général gouverneur militaire de Paris), mais dépourvu de l'expérience du feu qu'aurait pu lui donner une carrière coloniale. De même, il traverse les crises de l'époque (boulangisme, affaire Dreyfus, affaire des fiches, etc.) sans se faire remarquer par un quelconque engagement.
A partir de 1900, cet officier bien notépar ses supérieurs commence une carrière d'enseignant : il est professeur à l'École Normale de Tir, à l'École Supérieure de Guerre (en qualité de professeur adjoint de tactique), puis à celle de Saumur. Il fait alors preuve d'une certaine liberté d'esprit. En effet, dans le bouillonnement intellectuel de la première décennie du XXe siècle, il est de bon ton de prôner une tactique agressive sur lechamp de bataille. Ce courant de pensée, théorisé en 1911 par le lieutenant-colonel de Grandmaison dans ses célèbres conférences, a donné lieu à certains débordements. Pratiquant la surenchère dans l'esprit offensif, de nombreux jeunes officiers se déclarent partisans du choc, de la supériorité des forces morales sur les forces matérielles, de l'élan invincible, du risque érigé en doctrine, etc.Face à eux, le professeur Pétain rappelle l'effet meurtrier du feu. Il développe une pensée dans laquelle la défensive n'est pas négligée. Il oppose la pondération et la prudence à la fougue des jeunes générations.
Au début de l'année 1914, il est colonel, chef de corps du 33e régiment d'infanterie. Il est alors âgé de 58 ans et ce commandement doit être son dernier avant son départ à laretraite. Appelé quelques jours avant la mobilisation au commandement de la 4e brigade (110e et 8e R.I.), il se distingue lors des combats de la 5e Armée en Belgique (août 1914). C'est que la réalité de la guerre moderne, en faisant s'effondrer les rêves de charges folles, a donné aux théories du colonel Pétain un nouveau relief. Face à la puissance de feu des armes automatiques ou de l'artillerie, unenouvelle conception du combat, plus prudente et plus rationnelle, doit être adoptée en urgence...
Promu général de brigade le 27 août 1914, Pétain prend la tête de la 6e D.I. le 1er septembre. Le 14, il est général de division ! Il reçoit le commandement du 33e C.A. le 22 octobre suivant. Il est toujours à ce poste lors des batailles d'Artois du printemps 1915. A cette occasion, il fait preuved'une grande efficacité. Calme, pondéré, soucieux du sang de ses hommes, il témoigne d'une grande prudence tactique (que ses détracteurs n'hésitent pas à qualifier de pessimisme). Cela lui permet d'obtenir des succès certains, sans toutefois pouvoir emporter la décision sur un ennemi puissamment retranché.
Le 21 juin 1915, il fait l'objet d'une nouvelle promotion et prend le commandement de la 2eArmée. Le 24 février 1916, il reçoit le commandement du secteur de Verdun, à un moment critique de la bataille. L'offensive allemande du 21 février semble devoir tout emporter devant elle et la résistance des Poilus, dont les lignes sont désorganisées, est aussi désespérée qu'héroïque. Pourtant, en quelques jours, le général Pétain parvient à stabiliser la situation. Organisant les relèves...
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