Peut on exister sans les autres ?

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  • Publié le : 24 avril 2010
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Peut-on exister sans les autres?

Il y a deux lectures immédiates du sujet:

- Peut-il se faire que les autres n’existent pas ? Suis-je seul au monde ? (solipsisme).

- Puis-je subsister et m'épanouir comme homme (et individu singulier) sans les autres ?

Peut-on… :

*Est-ce possible ? Réalisable / contradictoire avec le statut d’homme (animal politique, animal,culturel).

* Mais d’unautre côté, ne serait-ce pas notre condition ?

La compassion affective et la participation des autres à nos entreprises sont loin d'être assurées : « On vit et meurt seul », individualisme, anonymat des grandes villes, incommunicabilité des consciences.

*D’autre part, y a-t-il des contextes où un individu ne donne toute sa mesure qu’en éludant les autres et leurs attentes ? Quel typed’égoïsme pourrait-il être moralement admissible ?

*Mais s’il faut penser que l'homme ne peut se développer qu’entouré de ses semblables, cela n’implique-t-il pas des dépendances, des dettes, des obligations ?

Exister :

Le terme peut prendre différentes connotations :

*Vivre : subsister / « bien vivre » selon la nuance opérée par Aristote ; ce qui suppose une forme de confortmatériel et une sophistication des goûts qui impliquent la spécialisation et la coopération entre les hommes.

*Exister au sens sartrien : le terme ne devrait être utilisé que pour les consciences. Les choses sont les personnes existent, c’est à dire débordent toujours leurs manifestations. Elles ne sont pas définissables parce qu’elles ne sont rien de définitif. En tant que liberté, lesujet est ses propres possibilités, c’est dire qu’il est « projet » : il est ce qu’il n’est pas ( encore) et il n’est pas (réductible à) ce qu’il est (actuellement). D'où la formule de Sartre, dans L’être et le néant Page 287 NRF Gallimard.

Une personne se pose dans l’être par chacun de ses choix et a besoin d'être reconnue dans ses possibles, le regard de l’autre lui donne consistance,la fait exister mais en la réduisant aux seules manifestations d’elle-même perçues par l’autre (et du point de vue de l’autre). La conscience aspire à être reconnue mais est essentiellement inapte à l’objectivation.

Cette reconnaissance n'implique-t-elle pas toujours les autres, le regard de l'autre, la conscience de l'autre. Mais d’un autre côté les autres ne peuvent-ils pas être desobstacles à notre existence tout en étant nécessaires à notre reconnaissance?

Ne déploierait-on pas mieux ses possibles sans les autres? Est-ce un leurre que de le penser? Que serait notre liberté sans les autres, sans celle des autres?

La question a donc une portée politique et morale en plus de sa portée ontologique et phénoménologie.

PLAN SYNTHETIQUE

I ) LE SOLIPSISME : UNEHYPOTHESE INTENABLE

L’homme, animal culturel, porte la présence de l’autre au cœur de lui-même.

a)Sans le contact des autres, l’enfant ne développe pas les facultés caractéristiques de l’espèce et notamment la parole ;

b) Même pour un être déjà formé au contact des autres, l’isolement a des effets régressifs.

L’autre par sa présence et même par sa résistance, nous force à réalisertoujours de nouvelles possibilités d’existence. (transition ) Mais les autres peuvent aussi se révéler des obstacles à notre épanouissement : parfois le salut est dans la fuite.

II LA SOLITUDE SALVATRICE

a)L’aliénation amoureuse cf. La place royale de Corneille

b)La solitude des créateurs ;

c)Le rapport aux autres dans les arts d’exhibition et de production

III LE DRAME DEL’EXISTENCE COLLECTIVE : LES AUTRES NOUS SONT AUSSI INDISPENSABLES QU’INSUPPORTABLES

-a) l’analyse phénoménologique de la rencontre des consciences (Hegel/ Sartre) ;

-b) la réflexion politique

1)L’autarcie n’est pas possible individuellement ;

2)Mais la coexistence impose de nombreuses concessions à l’égoïsme :

Le paradoxe de...
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