Philosopher, est-ce tout connaitre?

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  • Publié le : 8 avril 2011
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-1Philosopher, est-ce tout connaître?

Intro:
- La philosophie comporte deux aspects contradictoire:
D’un point de vue institutionnel, elle est une discipline parmi d’autres, qui comporte son domaine, ses objets et sa méthode particulière. Elle constitue donc une partie de la connaissance, à côté des mathématiques, de la physique, de l’économie, de l’histoire, etc.
Mais si nous nousréférons à son étymologie, philosophie signifie « amour de la sagesse », de la sagesse en général et dans sa totalité. Si nous assimilons sagesse et savoir, la philosophie n’est alors plus une partie de la connaissance. Elle répond au contraire à un désir de tout connaître, et vise ainsi à constituer un savoir total.
- Mais dans ce second cas, la philosophie n’est-elle pas une prétention vaine? En effet,que peut bien signifier pour un homme (c’est-à-dire un être aux capacités limitées) posséder toute la connaissance. Nous appelons connaissance le fait de posséder sur certains objets des propositions vraies et vérifiées, qui leur attribuent des déterminations essentielles (ex: Socrate est un homme, l’homme est mortel, etc.) « Tout  connaitre » signifierait alors posséder de telles propositions àpropos de tous les objets et de tous leurs aspects, de manière à épuiser le réel. On voit d’emblée les obstacles qui interdisent un tel projet: d’une part la richesse du réel semble inépuisable, d’autres part l’homme possède des facultés de connaissances limitées qui lui interdisent de prétendre tout connaître. A la limite, une telle connaissance pourrait être attribuée à Dieu, mais il seraitorgueilleux et vain pour un être humain de chercher à l’égaler.
- Pour que « philosopher » constitue une activité qui ait du sens au niveau humain, il semble donc que nous devions lui attribuer un domaine limité qui lui soit propre. Celui-ci peut être déterminé si nous nous attachons à un second sens du mot « sagesse ». En effet, la sagesse n’est pas seulement le savoir, mais également une capacitéà bien vivre. Le sage n’est pas d’abord celui qui possède de nombreuses connaissances, mais avant tout celui qui a acquis la sérénité, qui mène une existence réfléchie capable de lui procurer le bonheur. Si la philosophie est « l’amour de la sagesse » elle est alors un désir de bien vivre. Elle se constitue comme une connaissance éthique, c’est-à-dire une réflexion sur la manière de mener une viebonne. La philosophie possède alors ses objets propres: l’existence humaine, le bien, le bonheur, le désir, etc. Philosopher ne signifie pas « tout connaitre »: seul les connaissances ayant un impact sur notre manière de vivre intéressent le philosophe.
- Mais un nouveau problème se pose alors: comment peut-on prétendre acquérir un savoir concernant la vie bonne? Tout d’abord, il semble ne pas yavoir de critère objectif d’une telle existence. Chacun étant différent des autres et changeant soi-même sans cesse, aucun discours ne semble pouvoir saisir une fois pour toute le type d’existence qui nous convient et nous satisfait. Ensuite, même si elle était possible, une telle connaissance ne nous permettrait sans doute pas pour autant de modifier effectivement notre manière de vivre: il nesuffit pas de connaître le bien pour l’appliquer. Dans ce cas encore, il semble donc vain de philosopher.

Problématique:
Devons-nous concevoir le philosophe comme un homme qui cherche à tout connaître? Il nous faudra alors tenter de montrer comment un tel projet peut se développer et même prétendre s‘achever. Ou bien doit-on restreindre la domaine de la philosophie à une réflexion sur la viebonne? Dans ce cas, nous devrons expliquer comment une telle connaissance peut avoir une réelle effectivité dans nos existences.

I) Philosopher, c’est tout connaitre. Pour un homme aux capacités finies, un tel projet est concevable à condition de ne viser qu’un savoir « en puissance ».

- Nous pourrons sans doute trouver le sens de l’activité philosophique si nous remontons jusqu’au...
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