Philosophie et spiritualite

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  • Publié le : 21 octobre 2009
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Leçon 5. Maîtrise et satisfaction des désirs

Que nous conseille l'opinion quant à la conduite à tenir vis-à-vis du désir ? La postmodernité flatte la recherche du plaisir. "Vivre ses désirs" est une formule publicitaire assez banale. Nos mœurs n'ont pas une forme répressive, ils sont plutôt très largement laxistes. Nous partageons l’opinion selon laquelle le bonheur, c’est lasatisfaction de tous les désirs. La libération sexuelle a enseigné qu'il ne fallait surtout pas réprimer le désir, exprimer ses désirs et se borner à les suivre. Celui qui voudrait réprimer ses désirs serait vu en notre monde comme une sorte d'exception étrange à une règle commune qui enseigne tout le contraire.

Pourtant, de loin en loin nous faisons aussi l’expérience de ce que lamultiplication des désirs engendre aussi l’insatisfaction, le dégoût et l’ennui. " Plus le désir avance, plus la possession véritable s’éloigne ". Fatigué de désirer en restant mécontents, nous serions presque en désespoir de cause tentés de dire avec Proust : " si le bonheur ou du moins l’absence de souffrance peut-être trouvé, ce n’est pas dans la satisfaction, mais dans la réduction, l’extinctionprogressive finale du désir qu’il faut chercher ". L’ascétisme serait alors la véritable morale du désir. (texte) La question est donc : le bonheur est-il dans la réalisation ou dans la suppression des désirs ?

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A. Volupté des désirs et satisfaction

Le premier pas serait de se demander d’abord ce qu’est le bonheur et si la satisfaction des désirs a un rapport réel avec le bonheur.Nous ne pouvons pas nous lancer dans une analyse de la maîtrise du désir sans préciser en quoi le désir peut-être une composante du bonheur. Mais supposons que nous ne nous posions même pas la question de savoir ce qu’il en est du bonheur. Comment verrons nous l'issue de nos désirs? Nous en resterons à ce que l’opinion admet : pour la plupart d’entre nous le bonheur est la même chose que lasatisfaction des désirs ; c’est l’état béat de contentement de celui qui a enfin pu obtenir ce qu’il cherchait, l’objet de ses désirs. L'homme heureux est celui qui après une lutte âpre pour parvenir à la satisfaction, gagne ce sommet où, entouré de tous les attributs du luxe, il peut enfin s'effondrer sur un canaMatisse Luxe, calme et voluptépé et dire ouf ! J'ai enfin réalisé tous mes désirs ! Queserions nous en effet sans la poursuite incessante des désirs? Rousseau dit en ce sens : " l’homme qui n’a rien à désirer est à coup sûr plus malheureux que celui qui souffre ".

1) Partons de là. Si vivre, c’est désirer, ne plus désirer, c’est ne plus vivre. C’est là une expérience très humaine. Le désir est humain (texte). Il est même l’essence de l’homme explique Spinoza. La violence du désirpeut inquiéter, mais une morale qui chercherait à supprimer le désir ressemble à une sorte de suicide. Si vivre c’est désirer, cesser de désirer c’est en quelque sorte mourir. Nier le désir, ce serait en même temps nier notre affirmation, notre volonté d'être. Il est même impossible de vouloir supprimer le désir. Ce serait être confronté avec une contradiction insoluble : désirer ne pas avoir dedésir ! (texte)

Nous n’éprouvons pas de difficulté à justifier notre perpétuelle quête de satisfaction dans nos désirs. Seulement, il y a ceux qui osent désirer et ceux qui n'y parviennent pas et n'ont d'autre solution que de se restreindre. Pensé sous la forme d’une alternative, cela revient à distinguer les forts qui satisfont leurs désirs et les faibles qui sont incapables de lessatisfaire. La répression du désir paraît tellement contre-nature qu’elle ne peut-être que le fait d’un esprit faible. Il faut être timoré, timide, contraint, inhibé pour avoir ainsi tellement peur de ses désirs qu’on ne trouve d’échappatoire que dans leur mortification. Le faible renie ses désirs et adopte une conduite d’impuissance qui le voue au ressentiment et à l’insatisfaction. Le fort libère ses...
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