Plans pour l'europe

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1/ Questions sur l’ouvrage notées sur 6

1.1 Décrire dans les grandes lignes le projet européen d'A.Briand.(4 points)

Aristide Briand (1862-1932), ministre français des Affaires étrangères, propose le 5 septembre 1929, devant la dixième Assemblée générale de la Société des Nations, d’établir « une sorte de lien fédéral entre les peuples d’Europe ». Cette proposition, qui restera sanssuite, est un jalon important de l’histoire de la construction européenne. Pour la première fois, un projet politique tente de concrétiser les rêves d’unité européenne et trouve en la personne d’Aristide Briand un promoteur de génie. Toute la carrière politique de cet homme d’État le prédispose à soutenir ce projet à Genève.
Entre-temps, le 29 juillet 1929, le président du Conseil, Raymond Poincaré,malade, a présenté sa démission ; Gaston Doumergue, président de la République (1924-1931) charge Briand de former son onzième Cabinet. Comme nouveau président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, il a toute la liberté nécessaire pour lancer une nouvelle initiative diplomatique concernant l’organisation européenne. Le 5 septembre 1929, le ministre français, jouant de ses talentsd’orateur, propose pour la première fois aux différentes nations européennes de « faire l’Europe », en imaginant une sorte de « lien fédéral », un « lien de solidarité » entre les peuples européens. C’est le « plan Briand ». Si l’annonce d’un tel projet suscite la surprise, les desseins européens de Briand sont connus dès juillet 1929 : d’après le comte Coudenhove-Kalergi, Stresemann et Briand auraientévoqué en juin à Paris le projet d’Union européenne ; de plus, lors de son discours d’investiture, Briand avait aussi abordé le problème de l’organisation de l’Europe.
En effet, l’idée d’une telle union est en vogue dans les années 1920 – notamment grâce à la propagande menée par le mouvement Pan Europa du comte Richard Coudenhove-Kalergi – et le discours de Briand a des origines diverses. Il y ales convictions personnelles d’un homme qui, depuis la fin de la Première Guerre mondiale, se bat pour mener une politique de paix et de collaboration internationale ; les accords de Locarno (1925) et le pacte Briand-Kellogg (1928) en témoignent. Il faut encore retenir l’influence particulière qu’exerce son entourage politique au Quai d’Orsay. Celui-ci contribue beaucoup également à l’élaborationde la politique européenne du ministre.
Notons d’abord l’influence de Jacques Seydoux, directeur adjoint des Affaires politiques et commerciales au Quai d’Orsay jusqu’en 1926, qui, bien qu’opposé au projet de Paneurope et à l’utilisation du nom de Briand par le Mouvement, est partisan d’une coopération économique avec l’Allemagne tout en renforçant la puissance économique de la France. Ildéfend farouchement une politique de rapprochement avec l’Angleterre. Après son départ du ministère des Affaires étrangères, il rejoint le Comité franco-allemand d’information et de documentation (mouvement européiste) et devient l’un des administrateurs de la Banque de Paris et des Pays-Bas. Dès lors, il soutient le projet des États-Unis d’Europe par nécessité économique. La revue Pax, soutenue parSeydoux, est favorable à la politique étrangère et européenne de Briand.
Ensuite, le poète Saint-John Perse, mieux connu sous le nom d’Alexis Léger, diplomate, directeur de cabinet de Briand (entre 1933 et 1940) et directeur adjoint des Affaires politiques et commerciales après le départ de Seydoux (1929), est un ami intime de Briand, malgré leur grande différence d’âge. Partisan d’une politiquecontinentale sur la base d’une coopération franco-allemande, il s’oppose à Philippe Berthelot, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères (1924-1932), qui prône un renforcement des alliances traditionnelles de la France, notamment avec l’Angleterre. Deux tendances s’affrontent alors au ministère des Affaires étrangères : un courant « germanophile » qui défend un rapprochement...
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