Pouvoir eglise et societe

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  • Publié le : 4 avril 2011
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POUVOIRS

EGLISE

ET

SOCIETE

Sous la direction de
Marie-Céline ISAÏA
Atlande
INTRODUCTION

Il est nécessaire de s’interroger sur les fondements juridiques du pouvoir.
( Le pape GELASE à la fin du Vème siècle avait proposé une distinction entre deux formes de pouvoirs :
- L’ AUCTORITAS = pouvoir d’essence spirituelle. Ce terme latin désigne le POUVOIRSUPRÊME, source du droit et de la légitimité politique. Selon Gélase, l’exercice de l’auctoritas revient au pape.
- La POTESTAS = la détention et l’exercice de la force coercitive. Ce terme latin signifie « puissance »ou « pouvoir ». Il désigne le pouvoir d’exécution et de commandement. Gélase accorde ce pouvoir aux rois.
( L’Empire carolingien a su faire la synthèse de cesdeux pouvoirs : l’empire = une société chrétienne parfaite = la RESPUBLICA CHRISTIANA.
La dislocation de l’empire à la mort de CHARLES LE GROS en 888 pose à nouveaux la question des pouvoirs.

L’Eglise récupère peu à peu l’auctritas au terme du long mouvement appelé REFORME GREGORIENNE.
Les principautés s’affirment dans le jeu politique du Xe-XIe siècles. Elles sont gouvernées par deslignages qui s’identifient au territoire qu’ils contrôlent. Ils se substituent à une aristocratie à une aristocratie d’empire dont le pouvoir reposait sur l’accumulation d’HONORES. Ils s’appuient désormais sur leurs châteaux matérialisant leurs dominations sociales, les monastères donnant une base sacrée à leurs pouvoirs et sur des réseaux de fidélité et d’amitié pour asseoir leurs dominationsrégionales.

L’Eglise n’est pas étrangère à cette redistribution des pouvoirs. Le clergé contribue à la sacralisation de la monarchie. Les établissements ecclésiastiques exercent un pouvoir seigneurial sur des terres qu’ils administrent.
Surtout l’Eglise se situe au cœur des stratégies politiques locales (siège d’évêque, prébende canoniale, oblation).
Dans les royaumes de l’Est (Bourgogne,Saint-Empire, Provence), l’Eglise est étroitement associée à l’établissement d’un pouvoir royale hiérarchisé.

HISTORIOGRAPHIE

La question s’est longtemps réduite à la description d’une Eglise tombée entre les mains des laïcs, ce que démontraient la prolifération des églises privées et la multiplication des conflits entre les seigneurs ecclésiastiques et seigneurs laïcs. La réforme monastique étaitdonc perçue comme la volonté des clercs de se dégager de la tutelle aristocratique.

Cette vision = remise en cause depuis 30 ans. Insiste sur d’autres thèmes :
( Les relations étroites qui lient Eglise et les familles aristocratiques.
( Développement des études régionales.
Pour la GERMANIE, le REICHSKIRCHENSYSTEM a fait l’objet de révisions :
( Avant, idée d’une mainmise du souverain surles sièges épiscopaux.
( Aujourd’hui, idée de l’importance des stratégies familiales. On cherche à placer les cadets, consolider sa position, accroître son prestige.
CONSEQUENCE : IL NE FAUT PAS SURESTIMER L’OPPOSITION ENTRE LAÏCS ET ECCLESIASTIQUES. LA NOTION D’ELITE SEMBLE PLUS PERTINENTE.
( Ils ont un système de valeurs commun.
( Ils ont uns conscience de classe.
( Ils ont desintérêts convergents.

Révisions des interprétations sur les transferts patrimoniaux et les donations. Ils assurent la fortune des établissements religieux. Ils permettent la perpétuation de la mémoire du donateur.

A l’échelle du royaume, l’attention des historiens s’est focalisée sur LA PLACE DE L’ETAT DANS LA CONSTRUCTION POLITIQUE DES Xe-XIe SIECLES.
( En France, Xe-XIIe siècles,longtemps présentés comme un âge sombre, caractérisé par un pouvoir acéphale. Dans l’historiographie traditionnelle, les années 880-1110 apparaissent comme une période d’anarchie qui donnait aux princes et aux seigneurs locaux l’occasion d’affirmer leur domination sur les populations paysannes.
Aujourd’hui, on tend à penser que même en l’absence d’un état centralisateur, les sociétés...
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