Premiere dame second role extraits

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  • Publié le : 5 octobre 2010
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Introduction

Page 7 Le chevalier inexistant, dans le roman au titre éponyme d’Italo Calvino, est une armure sans corps qui évoluer sur les champs de bataille du Moyen Age. Quand cet être sans être lève la visière, on s’aperçoit que du vide. Sans statut officiel, l’épouse de ce Prince moderne qu’est l’homme politique à l’ère démocratique serait elle cette simple apparence, vide d’existencepolitique ?
Tel n’était pas le cas sous les monarchies d’Ancien Régime. La femme d’un monarque possédait, en tant que telle, une place reconnue et un pouvoir réel. En occident, il y a , depuis les Mérovingiens, « une mixité du pouvoir dans son incarnation physique comme dans ses réalisations sociales et politiques », une « collégialité du pouvoir entre époux », dont témoignent des actes officiels quidésignent la femme du roi et de l’empereur comme consors regni, coimperatix …
La reine peut assister au conseil privé du roi, être envoyée en mission diplomatique auprès de monarques étrangers. Sacre, naissance, déplacement dans les provinces … sont l’occasion des cérémonies et de manifestations, véritables médias de l’époque, qui participent d’une politique générale de légitimation du pouvoird’une famille, d’une lignée, plus que de celui du prince isolément.

Page 8 Si, à partir du XIIIème siècle, l’offensive contre la montée en puissance des femmes commence à se déclencher (influence du droit romain, présence de plus en plus officielle à partir du XVème siècle des maitresses du roi, qui rognent la marge de manœuvre des reines ….) , ces dernières n’en conservent pas moins, jusqu'à lafin de l’ancien Régime, un pouvoir certain : courtisans et demandeurs en tout genre s’empressent autour d’elles. Ce statut privilégié, elles le doivent à leur mariage avec le prince. Leur union résulte certes d’une stratégie à des fins diplomatiques et politiques, mais ce « marché de princesses » où l’épouse n’a pas eu son mot à dire, et même si elle y apparaît comme un simple pion sur l’échiquiereuropéen, lui donne, précisément à cause de sa parentèle, un poids politique.

Henri VIII, roi d’Angleterre, ne peut se débarrasser impunément de Catherine d’Aragon qui ne lui a pas donné l’héritier mâle attendu, car elle est la tente du puissant empereur Charles Quint (alors qu’il fera tuer par la suite deux autres épouses, de moindre qualité). Marie Antoinette, « l’Autrichienne », estsuspectée de tractations avec son pays d’origine, devenu ennemi de la France. Mais, dans la mesure où l’enjeu est celui de la lignée, c’est la maternité qui fait la force de l’épouse du monarque et lui donne un réel pouvoir : de la naissance de son premier fils date l’ascension de Catherine de Médicis, dont Henri II avait manqué se séparer après neuf ans de stérilité.
Surtout, mariage et maternitépouvaient hisser la femme d’un monarque au plus haut sommet de l’Etat par la régence : « gouvernance » provisoire, ponctuelle en cas d’absence du roi qui lui a délégué ses pouvoirs jusqu'à son retour ; plus entendue dans le temps en cas de minorité du roi.

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Vie privée et vie publique sont confondues et le couple est en permanente représentation, celle d’une lignée, immortalisée avec les enfantsen de prestigieux tableaux, dus au pinceau des plus grands maîtres comme Holbein. Mais cette représentation même, que le monarque pouvoir contrôler quand les médias étaient peu nombreux, lui échappe avec la naissance de l’imprimerie, le développement de la presse et au XVIIIème siècle celui d’une opinion publique. La presses, d’abord émanation du pouvoir, telle La gazette, sorte de Journalofficiel crée par Théophraste Renaudot en 1631, y compris au détriment du Prince, contraint d’apprendre à maitriser cet instrument un temps si précieux : ainsi de l’édit de Frédéric II en 1784 contre toute personne non habilitée à porter des jugements publics. Malgré la censure, libelles, pamphlets, caricatures s’attaquent au prince et, quand ils ne peuvent le faire ouvertement, s’en prennent à sa...
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