Quand les riches se font la guerre

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  • Publié le : 17 octobre 2009
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Kim Flamion, 5ème

« Quand les riches se font la guerre, ce sont les pauvres qui meurent. »
Jean-Paul Sartre

« La guerre », au centre de la phrase, frappe tout d’abord notre conscience en évoquant la mort ; elle crée aussi une découpe syntaxique avec les riches d’un côté et les pauvres de l’autre. La guerre, conflit armé opposant au minimum deux groupes militaires organisés, setraduit en combat plus ou moins dévastateur. Elle semble avoir existé de tout temps et amène à se questionner sur la surprenante nature de l’agressivité humaine. Comme pour toute interrogation, des coupables potentiels sont recherchés, des préjugés s’élaborent et des communautés de boucs émissaires sont désignées. Chacun conçoit son fautif : Sartre, quant à lui, semble avoir choisi la communauté desriches. Par ailleurs, nous verrons que son propos peut se concevoir au sens propre et au sens figuré.

De prime abord, si la phrase est prise au sens propre, Jean-Paul Sartre semble attribuer les conséquences des calamités de la guerre aux riches qui se battent entre eux. Sartre, qui fut enseignant en philosophie au XXème siècle en France, a développé la théorie de l’existentialisme, selonlaquelle l’homme construit son essence, choisit son but et devient ce qu’il désire. Ainsi, dans la philosophie sartrienne, tout homme est maître de son existence ; si celle-ci est liberté, alors l’homme est libre jusqu’à sa mort. Sinon, c’est le malheur assuré. Ayant personnellement connu les deux guerres mondiales, Sartre introduit dans sa formule tout un enseignement de vie. Il se souvientcertainement de son emprisonnement et des malheurs qu’il a vécus ; il cherche un auteur à ses souffrances. Plus excessif que réaliste, il trouve ce coupable parmi les riches, qu’il voit se battre entre eux (« ils se font la guerre »), à travers une image infantile aux conséquences catastrophiques (car « les pauvres meurent »).

Or, sur ce premier point déjà, le philosophe ne semble pas avoirraison. On voit mal une minorité de riches organiser de véritables guerres, surtout entre eux. Ainsi, ceux qui décident des guerres, dictateurs ou présidents d’états puissants, doivent convaincre et recruter de nombreuses personnes, voire tout un peuple. Dans le contexte historique, certains dictateurs ont réussi à inculquer des principes éphémères dans l’esprit des individus, profitant de leurnaïveté. Hitler, par exemple, profite d’une faiblesse idéologique mondiale pour glorifier la nation et la race allemandes et amener ses concitoyens à attaquer le reste de l’Europe. Cela dit, ses motivations n’étaient pas basées sur la richesse mais plutôt sur le nationalisme.

Cependant, malgré leurs faibles facultés à diriger eux-mêmes une bataille, les riches tentent parfois de protéger par laviolence les biens matériels ou abstraits qu’ils chérissent, dans le but d’effrayer ou d’éloigner leurs voisins. D’où naît le préjugé que l’homme riche est superficiel. Dans le bas Moyen-Âge, la richesse provenait principalement de la possession de terres agricoles. Ainsi, les seigneurs cherchaient à étendre leur territoire pour affirmer leur pouvoir et augmenter leur puissance économique.Mais en réalité, les études montrent que les guerres actuelles ont surtout un fondement politique. A la tête de ces guerres, des dirigeants, pouvant présenter certaines similitudes avec les dictateurs, recrutent des appuis pour élaborer leur démarche de destruction. Précoce en ce domaine, Jules César fonda sa politique sur l’extension géographique, procédant en tant que diplomate. Au Moyen-Âge,le pouvoir étant partagé entre les nobles et le clergé, les conquêtes et les guerres qui les justifiaient étaient souvent religieuses. Malgré cela, le principe était identique : les hommes au pouvoir profitaient de la faiblesse du peuple pour imaginer certaines idéologies à défendre. Ainsi, consciencieux, les hommes partaient pour le front, emportant dans leur bagage une motivation parfois...
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