Racine Phedre Acte 1 scene 3

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  • Publié le : 28 janvier 2015
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Objet d’étude : le théâtre, texte et représentation.

Texte n°1 : Racine, Phèdre, Acte I, scène 3.

Phèdre

Mon mal vient de plus loin. A peine au fils d'Egée
Sous ses lois de l'hymen je m'étais engagée,
Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
Athènes me montra mon superbe ennemi.
Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue ;
Mesyeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler,
Je sentis tout mon corps et transir et brûler.
Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
D'un sang qu'elle poursuit, tourments inévitables.
Par des vœux assidus je crus les détourner :
Je lui bâtis un temple, et pris soin de l'orner ;
De victimes moi−même à toute heure entourée,
Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
D'un incurableamour remèdes impuissants !
En vain sur les autels ma main brûlait l'encens :
Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
J'adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
Même au pied des autels que je faisais fumer,
J'offrais tout à ce dieu que je n'osais nommer.
Je l'évitais partout. O comble de misère !
Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
Contre moi−même enfin j'osai merévolter :
J'excitai mon courage à le persécuter.
Pour bannir l'ennemi dont j'étais idolâtre,
J'affectai les chagrins d'une injuste marâtre ;
Je pressai son exil, et mes cris éternels
L'arrachèrent du sein et des bras paternels.
Je respirais, Oenone ; et depuis son absence,
Mes jours moins agités coulaient dans l'innocence ;
Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
De son fatal hymenje cultivais les fruits.
Vaines précautions ! Cruelle destinée !
Par mon époux lui−même à Trézène amenée,
J'ai revu l'ennemi que j'avais éloigné :
Ma blessure trop vive aussitôt a saigné.
Ce n'est plus une ardeur dans mes veines cachée :
C'est Vénus toute entière à sa proie attachée.
J'ai conçu pour mon crime une juste terreur.
J'ai pris la vie en haine et ma flamme en horreur ;
Je voulaisen mourant prendre soin de ma gloire,
Et dérober au jour une flamme si noire.
Je n'ai pu soutenir tes larmes, tes combats ;
Je t'ai tout avoué ; je ne m'en repens pas,
Pourvu que de ma mort respectant les approches,
Tu ne m'affliges plus par d'injustes reproches,
Et que tes vains secours cessent de rappeler
Un reste de chaleur tout prêt à s'exhaler.

Identification des axes ducommentaire, appuyée sur le repérages des différents champs lexicaux dominants


Procédés d’écriture

Effets de sens produits

I Une passion violente et dévastatrice
a) Troubles physiques
Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue


Mes yeux ne voyaient plus
Je ne pouvais parler


Je sentis tout mon corps et transir et brûler



Mon mal / incurable amour
Ma blessure trop vive a aussitôtsaigné



b) Troubles moraux
Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue
Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée

Le voyant sans cesse / même au pied des autels que je faisais fumer
Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père
Quand ma bouche implorait le nom de la déesse / J’adorais Hippolyte


L’ennemi dont j’étais idolâtre
J’offrais tout à ce Dieu que je n’osaisnommer


Texte dominé par de très nombreuses marques d’énonciation à la 1ère personne (« je » / « me »…)
Procédé de juxtaposition (3 verbes au passé-simple se succèdent, sans coordination) + assonances en [i] + antithèse (rougir ≠ pâlir)

Champ lexical des sens (vue, parole) + emploi répété de la forme négative


Emploi de l’adjectif « tout » + antithèse (transir ≠ brûler) + procédéd’insistance (répétition de la conjonction de coordination « et »)


Emploi de métaphores reposant sur les champs lexicaux de la maladie et de la blessure




Champ lexical de la folie + antithèse « cherchais » ≠ « égarée »


Champ lexical de la vision + valeur itérative de l’imparfait (imparfait de répétition) + intensification par l’adverbe de temps « sans cesse »


Opposition...
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