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  • Publié le : 14 juin 2009
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Prax�ologie et �conom�trie : une critique de l'�conomie positive
New Directions in Austrian Economics,
�dit� par Louis M. Spadaro (Kansas City: Sheed Andrews and McMeel, Inc., 1976)
repris dans Austrian Economics: A Reader, �dit� par Richard M. Ebeling
(The Ludwig von Mises Lectures Series, volume 18, Hillsdale College Press)
par Mario J. Rizzo
traduit par Herv� de Quengo
La finalit�d'une science positive est la constitution d'une "th�orie" ou d'une "hypoth�se" qui permette des pr�dictions valides et signifiantes (c'est-�-dire qui ne soient pas de l'ordre du truisme) concernant des ph�nom�nes non encore observ�s. [1]
Bien qu'�crit il y a un quart de si�cle, "La m�thodologie de l'�conomie positive," de Milton Friedman, reste la justification philosophique d'une bonne partie del'approche contemporaine en recherche �conomique. N�anmoins, les points g�n�raux soulev�s par cet essai n'�taient d�j� pas nouveau � l'�poque. Ils repr�sentaient une adaptation ing�nieuse de certains arguments positivistes des ann�es 1930 et du travail quelque peu r�visionniste de Sir Karl Popper [2]. De nos jours, le v�ritable positivisme bat nettement en retraite, s'il n'est pas d�j� vaincu, dansles cercles philosophiques. Mais une de ses variantes demeure assez vivace dans de nombreuses sciences sociales, particuli�rement en �conomie. Le but de cet essai est d'offrir une critique de "l'�conomie positive" et, enfin, de pr�senter quelques indications pour une alternative viable.
I. Les pr�dictions en tant que but
Du point de vue de l'�pist�mologie positiviste, la citation de Friedmandoit-elle �tre consid�r�e comme un �nonc� a priori ou empirique ?
Si c'est un �nonc� a priori, alors il concerne la fa�on dont nous devons utiliser le terme de "science positive" et ne repr�sente qu'une simple stipulation linguistique. Vu comme �a, on aurait tout aussi bien pu lui associer une autre signification.
S'il s'agit d'un �nonc� empirique (c'est-�-dire un �nonc� sur ce que les gens ont,de fait, consid�r� �tre la science positive), alors, bien s�r, il n'exprime pas une v�rit� n�cessaire et il pourrait en �tre autrement. Toutefois, pendant longtemps, la th�orie darwinienne de l'�volution n'a pas fourni de pr�dictions et fut pourtant consid�r�e comme scientifiquement acceptable. [3]
De plus, Friedman n'essaie pas du tout d'�tudier ce qui a �t� consid�r� comme la science �conomiquepour trouver si la "pr�diction" a v�ritablement repr�sent� la caract�ristique d�finissant cette activit�. En fait, il existe de nombreux cadres th�oriques qui ne g�n�rent aucune pr�diction testable mais qui sont n�anmoins consid�r�s comme faisant partie de l'�conomie. Par exemple, le degr� de pertinence de discussions (fournissant des pr�dictions) sur l'existence et la stabilit� d'un �quilibresous de nombreuses hypoth�ses particuli�res (dont la pertinence empirique est inconnue) lorsqu'on les applique � un monde qui n'est jamais v�ritablement en �quilibre, est rarement clair. Bien entendu, on pourrait affirmer qu'il s'agit de mauvaise �conomie et que la ligne de d�marcation se situe entre la "bonne" et la "mauvaise" science. Il ne s'agit cependant pas ici d'une �chappatoire, car on resteavec une question non r�solue : pourquoi l'�conomie non pr�dictive est-elle de la mauvaise science ?
Une autre porte de sortie possible serait d'affirmer que, si les th�ories non pr�dictives pourraient �tre scientifiques, elles ne font pas partie de la science positive. Nous pouvons alors a bon droit r�pliquer : "Et alors ?" A quel avantage la science positive peut-elle donc pr�tendre, hormis lefait que sa finalit� soit la pr�diction ? Dans ce cas, nous sommes revenus au point de d�part : pourquoi pr�dire doit-il �tre notre but ?
Avoir la pr�diction pour but pourrait bien cacher ce qui a en fait �t� consid�r� comme un but valable de la science : expliquer et comprendre les liens n�cessaires. Une "th�orie" donnant des pr�dictions est � peine plus qu'un moyen mn�motechnique destin� �...
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