Rumeur en politique

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  • Publié le : 16 juillet 2010
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Titre de la thèse LA RUMEUR EN POLITIQUE Une sociologie de la prise de parole politique Université : Paris 1 Panthéon-Sorbonne (UFR 11) Directeur : Michel OFFERLÉ Auteur : Philippe ALDRIN Thèse soutenue le 17 novembre 2001, à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne Jury de soutenance : Jacques GERSTLÉ (Professeur à l’Université Paris 1, Président), Jean-Louis BRIQUET (Chargé de recherche au CERI,Rapporteur), Michel-Louis ROUQUETTE (Professeur à l’Université Paris 8, Rapporteur), Michel OFFERLÉ (Professeur à l’Université Paris 1, Directeur) et Jean-François TÉTU (Professeur à l’IEP de Lyon)

Présentation synthétique de la thèse

LA RUMEUR EN POLITIQUE Une sociologie de la prise de parole politique
Partant du constat que le phénomène social des rumeurs n’avait jamais vraiment faitl’objet d’une étude systématique de la part des sociologues du politique, ce travail de thèse s’inscrit dans la logique d’articuler ce phénomène avec les objets et les outils de la science politique contemporaine. Or, si la curiosité de cette discipline pour l’objet restait à naître, d’autres compartiments des sciences sociales s’y étaient déjà largement intéressés. Des travaux psychosociologiques toutd’abord, avec l’expérimentation unanimement considérée comme « fondatrice » des Américains Gordon Allport et Leo Postman. et les nombreux travaux qui prolongèrent la connaissance psychosociologique des rumeurs Des études anthropologiques également, avec les approches sensiblement divergentes proposées par Max Gluckman, Robert Paine, Norbert Elias ou plus récemment Stephen Ellis. Des travauxsociologiques enfin, depuis l’approche interactionniste élaborée par Tamotsu Shibutani jusqu’aux théories structuralistes de Françoise Reumaux, en passant par les études de la « sociologie clinique » des rumeurs initiée par Edgar Morin. À cette masse bibliographique, s’ajoutaient les réflexions stimulantes apportées par quelques historiens (Marc Bloch, Georges Lefebvre, Henri Corbin ou Arlette Farge)mais aussi l’interprétation des récits de rumeur proposée par le prolixe courant des « rumeurs et légendes urbaines ». Parmi ces nombreux projets de théorisation, peu s’étaient réellement départis des préjugés et des cadres moralisateurs que le sens commun charrie volontiers sur les rumeurs. Face à l’aspect polymorphe du phénomène des rumeurs, le choix a été fait de repenser radicalement l’objet etde repousser le plus tard possible les considérations définitives à son propos.
n Dans la première partie de mon développement, je me suis donc attaché à retracer l’histoire de ce traitement scientifique des rumeurs afin de repérer, à travers les pistes ouvertes, celles qui s’avéraient les plus fertiles. À ce stade, il s’agissait de faire le point sur les cadres théoriques qui paraissaient leplus susceptibles d’être importés vers la science politique pour commencer un dialogue avec certains objets-charnières de cette dernière : la prise de

parole politique, le rapport ordinaire au politique, les pratiques officieuses de l’activité politique, la désinformation. Au terme de ce dialogue théorique, il m’est apparu que le phénomène des rumeurs n’était sociologiquement observable qu’autravers des pratiques de « l’énonciation rumorale » (c’est-à-dire l’acte consistant à énoncer publiquement une rumeur). Dans la volonté de caractériser la dimension politique de l’énonciation rumorale, j’ai cherché à recenser les réponses que le savoir en matière de sociologie politique pouvait apporter à des questions élémentaires. Dans quelle configuration sociale, dans quel type d’interaction etavec quelles intentions (médiates et/ou immédiates), un acteur social énonce-t-il une rumeur entendue ? Or, il était évident qu’un ensemble de facteurs tant objectifs que subjectifs s’appliquaient à différencier les conditions de l’énonciation rumorale politique des acteurs sociaux. La position sociale et relationnelle ou le niveau de sophistication politique de l’énonciateur étaient des...
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