Sarkozy et obama...en afrique

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  • Publié le : 5 novembre 2009
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C’est sans doute ce qu’on appelle l’état de grâce, et un état de grâce planétaire ! Barack Obama n’a guère recueilli que des louanges au lendemain de son discours aux Africains prononcé devant leParlement ghanéen. Deux ans plus tôt, « notre » Nicolas Sarkozy, s’essayant au même exercice de morale dans un amphithéâtre d’une université de Dakar, avait surtout suscité l’indignation. Et un collectifd’intellectuels africains n’avait pas tardé à répliquer à son « néocolonialisme » décomplexé. Injustice ? Préjugé contre l’homme blanc qui a ravalé son dernier sanglot ? On ne peut pas écarterl’hypothèse que le président aux origines kenyanes soit en effet mieux placé en terre d’Afrique pour dire des « vérités » qui passent mal quand elles viennent d’un chef d’État français. Mais à comparer lestextes, on est bien obligé de reconnaître que, si les deux discours ont quelques traits communs, les mots ne sont jamais les mêmes. La rhétorique répétitive du « je » n’a pas cours dans le propos deBarack Obama alors qu’elle est envahissante dans l’allocution de Sarkozy. L’un parle de l’Afrique ; l’autre parle surtout de lui-même. Mais il y a pire. Le président français est souvent inutilementblessant : « Je ne suis pas venu m’apitoyer… » Et puis, il y a cet « homme africain » « qui n’est pas entré dans l’histoire », et à qui « il ne vient jamais à l’idée de sortir de la répétition pours’inventer un destin ». On ne saurait faire plus méprisant. Ni plus ignorant.
Et lorsque Obama refuse aux Africains « l’excuse » du colonialisme, Sarkozy, lui, en fait l’éloge. Souvenez-vous : « Lecolonisateur a construit des ponts, des routes, des hôpitaux… » Comme si le projet colonial ne se jugeait pas globalement dans son intention dominatrice. Mais laissons là les « stéréotypes entêtés » duprésident français. Et reprenons la réplique d’un intellectuel africain, l’économiste Demba Moussa Dembélé. Celui-ci lui rappelait que « l’esclavage transatlantique avait contribué à l’accumulation...
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