sortir

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 2 (489 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 29 mai 2014
Lire le document complet
Aperçu du document
Il faut sortir de la ville, rouler longtemps, traverser des villages sans vie. Ce n’est plus tout à fait la banlieue et pas vraiment la campagne. Vous roulez des dizaines de kilomètres au milieu deschamps vides et des rues désertes. Parfois quelques immeubles bas et laids. Au bout du dernier village, c’est dans une montée, une barrière blanche en fer et, derrière, un parking avec quelquesarbres maigres qui bordent. Il est écrit sur la brochure « parc verdoyant ». Au fond du parking, c’est là. Une bâtisse bleue et blanche à la peinture écaillée. Quelques ombres posées sur des bancs, seules,la plupart en chaussons et robes de chambre délavées.
Est-ce que quelqu’un m’entend ?
Il faut monter deux étages, traverser de longs couloirs. Ca pue. Le désinfectant. Le renfermé. L’urine. Lanourriture de cantine bon marché. Tout mélangé.
Elle est assise sur une chaise à dossier haut. Elle fixe ailleurs, de l’autre côté de la fenêtre. La télé est allumée mais sans le son. Elle est seule. Savoisine de chambre est descendue pour le goûter, mais elle, plus moyen de la faire sortir de sa chambre, ils m’ont dit. On l’oblige juste pour les repas. Et on la retrouve systématiquement devant laporte fermée de sa chambre.
Elle ne bouge pas quand j’entre. Elle ne tourne même pas la tête. Elle est attachée à sa chaise avec des sangles. C’est pour pas qu’elle tombe, ils m’ont dit.
Je dis« maman », « maman », plusieurs fois. Ca résonne bizarrement. Dans le silence de la télé, dans celui de la chambre. Dans ma tête.
Est-ce qu’il y a quelqu’un ici qui m’entend ?
Elle ne se retourne pas.Elle ne bouge pas.
Maman
Ça sonne trop petit et trop gros à la fois
Maman
Est-ce qu’il y en a un seul qui m’entend ?
Je viens me placer juste devant elle. Entre elle et la fenêtre. Mais c’est commesi alors je devenais moi-même la fenêtre. Elle continue à regarder. A travers moi.
Tu dors ?
Non tu ne dors pas. Elle était belle ma mère. Tu t’en souviens. Elle avait déjà les cheveux tous...