Soyez bon pour le poete supervielle

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1094 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 4 juillet 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Etude d'un poème de Jules Supervielle « Soyez bon pour le poete » tiré des Poèmes de l'humour triste (1919)

Introduction :
Les poètes se sont souvent interrogés sur leur place et leur rôle dans la société. Jules Supervielle, dans ses Poèmes de l'humour triste (1919), se pose la question, lui aussi, et il y répond, en particulier, dans le poème « Soyez bon pour le Poète. » Commentjustifie-t-il la recommandation qu'il fait d'aimer les poètes? Pour convaincre les lecteurs, Supervielle fait un véritable plaidoyer en faveur des poètes, tout en proposant sa propre conception du travail poétique ; il rejoint ainsi une longue tradition, mais il le fait sur un ton très personnel.

1. Le plaidoyer en faveur du « Poète »
Le poème de Supervielle est un plaidoyer en faveur du« Poète » en général, avec un « P » majuscule. Cela ce voit à travers le système énonciatif utilisé, les arguments présentés et l'image que l'auteur donne du poète.
a) Le système énonciatif
• Le texte commence et finit avec un impératif (v. 1 et v.5). Le premier interpelle le lecteur sur le ton de la prière plus que de l'injonction : « Soyez bon pour le Poète » . Le deuxièmeimpératif, à la première personne du pluriel, rassemble l'auteur et le lecteur dans une invitation qui ce veut mobilisante et enthousiaste : « Donnons-lui la casquette d'interprète ».
• D'ailleurs, dans l'ensemble du texte, Jules Supervielle emploie souvent les marque de la personne du pluriel : « nous prètent » (v.3), « nos maux » (v.4), « notre jumeau »(v.5), « donnant pour nous » (v.11) et« nos infinitésimaux » (v.14), pour montrer l'auteur et le lecteur sont impliqués tous les deux dans les activités du poète.
b) Les arguments
Ce plaidoyer est encore plus évident quand on constate que l'ensemble du texte se présente comme une série d'arguments énumérant les raisons qu'il y a d'être bon pour les poètes:
• Argument d'ordre affectif : -le poète est« doux » (v.2) → il est gentil, aimable, il a besoin de protection
-le poète souffre : « incorporait tous nos maux » (v.4), « son pauvre corps. » (v.12)
• Argument d'ordre moral et social :
• le poète est bon nous : « Nous prêtant » (v.3)
« Donnant pour nous »(v.11)
• Il est courageux : « Au désert [...] il précède les prophètes » (v.6) →Le poète s'aventure en premier
• Il est « très honnête » (v.9)
c) Pour achever ce plaidoyer, Supervielle donne une image amusante du poète, propre à le rendre sympathique aux yeux du lecteur, accessible, pas du tout distant.
• Le poète est associé de facon inattendue àdifferents animaux :
• « l'agneau » (v.2)
• « bonne bête » (v.11)
• « monté sur un chameau » (v.8)
• La proposition finale de lui remettre une « casquette d'interprete » est également plaisante.
Transition : Dans son poème, Supervielle fait tout pour nous convaincre qu'il faut aimer les poètes. En autre, il suggère une conceptionprécise de ce que doit être l'activité poétique.

1. La conception du travail poétique
a) L'oubli de soi et la sensibilité à tout ce qui est humain
Le poète est notre « jumeau » (v.5), c'est-à-dire notre égal. Il n'est pas superieur au reste de l'humanité. En parlant de lui-même, le poète va parler de tout les hommes, de nous aussi ; nos sentiments (« coeurs », (v.3)) et nospensées (« tête », (v.3))
b) cette activité poétique consiste en un travail difficile sur la langue. Le vers 6, « Au désert de l'epithète », suggère la recherche du mot juste, du mot rare, effectué par le poète. De même l'expression du vers 13, « Il traduit en langue nette », laisse penser que le poète sait épurer la langue pour rendre sa poésie limpide et évidente.
c)...
tracking img