Stanley kubrick-machine head

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  • Publié le : 29 avril 2011
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STANLEY KUBRICK : MACHINE - HEAD

Stanley Kubrick, avec son « Dr Folamour ou comment j’ai appris à ne plus m’en faire et aimer la bombe », atteint un point de non-retour dans une dialectique qui s’impose entre machine et machination – assemblage et complot.
C’est on ne peut plus limpide : la course à l’armement nucléaire entre les blocs de l’Est et de l’Ouest, comme mécanisme, symptômed’une plus grande machine générée par des années de guerre froide, culmine à son couronnement par la mise en application de la machine toute entière.
Le film nous dépeint l’inexorable mise en route de l’anéantissement total par la bombe nucléaire jusqu’à son effectuation finale.
L’Amérique, ici responsable de l’holocauste nucléaire, ne se disculpe que piteusement de sa « bévue », arguant de saprévision erronée d’une attaque du bloc russe.
Il n’empêche : la machination faisait partie de la machine – cqfd
En voyant les derniers plans de « Folamour » qui nous montrent un florilège de champignons atomiques, nous ignorons encore tout d’un Kubrick qui, à l’avenir, n’aura de cesse de creuser une relation symbiotique entre machine et machination jusqu’à en cristalliser la confusion – la machinationEST aussi une machine -, ou la dilution – la machine, indiscernable de la machination, et vice-versa.
Puisque Kubrick en fini avec le monde dans « Folamour », il lui incombe, par la suite, de repenser le monde tel qu’il s’est terminé, non pour le réinventer ou le rendre meilleur, mais pour y accentuer, tantôt des effets de machine, tantôt de machination qui le secoueront dans sa naturenouvellement révélée de machine primordiale.

C’est sans doute toute cette mise en œuvre du cinéaste qui nous fera croire à un Kubrick absolument pessimiste, alors que cette démarche – que l’on nommera volontiers « clinique » -, machinique en elle-même, verra poindre des issues libératrices, rédemptrices pour l’homme, parcimonieuses il est vrai, dans des contextes constamment aveuglants, saturés deconflits.

Ainsi, est on amené à penser comme central l’épisode tragique de l’ordinateur Hal 9000 dans « 2001 odyssée de l’espace » alors qu’il ne l’est, assurément, que de façon retorse – et en ceci que la machination, ici double (une machination de la machine contre les hommes convaincue qu’elle est d’une machination des hommes contre elle) occulte - elle-même retorse, dangereuse et perverse -, labeauté de l’univers, de la machine cosmique, thème principal et sujet d’émerveillement pour l’odyssée à travers le temps et l’espace.
« 2001 » est une ode à l’homme, seul capable d’épouser l’éternité de l’univers – machine initiale.
Le film est bel et bien un poème visuel comme le répétait Kubrick, mais rendu à cette simple pensée aux implications multiples de Arthur C.Clarke, son auteur etco-scénariste : « Un même vertige me saisit à la pensée que nous soyons seuls ou non dans l’univers ».
En se tenant à cette pensée comme à un axiome, l’homme de « 2001 » trimballe partout sa maison dans l’espace – et pas seulement par sa technologie qui en invente des extensions..il semble même que sa maison nous soit davantage identifiable et commune à mesure qu’il s’éloigne parmi les étoiles,jusqu’à ce que, « quelque part tout au bout », il se love au cœur même de la maison utérine d’où nous provenons tous comme d’un gage qu’il ne nous est rien d’inconnu.
Si le monolithe de l’odyssée est incontestablement un espoir et une énigme extra-terrestres, il paraît néanmoins conférer à l’homme la place centrale que ce dernier ne revendique pas forcément  - et pour cause : l’homme, au fond, en est« travaillé » en tous sens, demeure, jusqu’à nouvel ordre, seul habilité à le concevoir.
Le monolithe est l’épure même, la dialectique incarnée de la pensée de Clarcke – l’Inconnu dans les limites de l’entendement humain qui ne dit logiquement rien de lui pour l’Inconnu en soi.
« 2001 » dessine les contours d’une machine épurée, déconnectée d’une machination étroitement humaine – ou alors...
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