Stephane beaud: fiche de lecture

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Fiche de lecture: 80% au bac... et après?: Les enfants de la démocratisation scolaire Stéphane Beaud

Stéphane Beaud est maitre de conférences en sociologie à l'Université de Nantes, et chercheur associé à l'unité de recherche CSU "Cultures et sociétés urbaines". Ses recherches portent notamment sur les effets sociaux de l'allongement de la scolarité et l'identité sociale des enfants immigrés.Depuis sa thèse, qu'il a préparé sous la direction de Michel Pialoux, il travaille sur les mutations de la classe ouvrière. Il a publié de nombreux ouvrages sur ce thème dont Retour sur la condition ouvrière. Enquête aux usines de Sochaux-Montbéliard (avec Michel Pialoux). En 2002, il publie l'ouvrage qui va être le sujet de ma fiche de lecture: 80% au bac...et après? Les enfants de ladémocratisation scolaire. Ce livre est une enquête sociologique où Beaud va suivre, entre autre, le parcours scolaire de quatre jeunes, enfants d'ouvriers immigrés, pendant presque 10 années à Granvelle, un quartier HLM de Gercourt, près de Montbéliard. Ce suivi se déroule dans le contexte de la démocratisation scolaire voulue par le gouvernement dont l'objectif est de 80% de réussite au baccalauréat. Eneffet, 80% d'une génération au niveau du bac est le slogan emblématique lancé en 1985 par Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l'éducation nationale. C'est en annonçant l'ouverture et la possibilité d'avancer dans les études, que cette politique scolaire a suscité de nombreux espoirs de promotion sociale et professionnelle dans les milieux populaires et c'est pourquoi, à cette même époque, lesenfants de cette génération se sont lancés sur la route des études longues. En menant cette recherche sur plusieurs années, Beaud a pu ainsi mesurer les effets ( contrastés) de cette politique et va tenter tout au long de cette étude de répondre à la question: 80% au bac: mirage ou réelle promotion?

L'ouvrage est divisé en trois parties: la première traite du passage du collège au lycée, laseconde s'intéresse au parcours universitaire de quatre de ces nouveaux lycéens, la troisième se centre sur leur insertion professionnelle. A travers le suivi des élèves, du collège au lycée, du lycée au supérieur et de l'université au marché

du travail, l'auteur met en scène attentes, espoir, difficultés et désillusions de ces élèves touchés par la politique scolaire de prolongement de lascolarité pour tous. Pour ces jeunes collégiens et pour leurs familles, cette nouvelle politique scolaire a joué un rôle important, d'autant plus qu'elle encourage l'idée d'une sortie de la condition ouvrière. Stéphane Beaud souligne le premier malentendu, qui tient à la confusion entre bacs professionnels et bacs généraux. L'accès au bac concrétise pour les ouvriers la possibilité offerte à leursenfants d'accéder aux études supérieures, au moment même où se répand l'idée qu'il n'y a plus d'avenir pour ceux qui n'ont pas de bagage scolaire, l'enseignement professionnel donnant l'idée qu'il ne semble déboucher qu'aux métiers d'exécution. Ces nouveaux lycéens ont été, dans leur très grande majorité, des élèves "moyens" au collège, travaillant juste assez pour obtenir le passage dans la classesupérieure. Aller au lycée représente donc davantage d'investissement en terme de travail, qui génère chez eux de fortes tensions. De plus, l'entrée en seconde est aussi vécue par certains comme un déracinement, une déstabilisation car ils ont peur de ne pas être à la hauteur. En effet, dès le passage au second cycle du secondaire, se manifeste le poids de l'appartenance au quartier et les "nouveauxlycéens" se différencient des "miraculés de l'école" et cela se voit dans les préférences en matière d'établissement ou d'options en seconde. Le passage dans l'enseignement supérieur, une fois obtenue ce bac tant attendu, n'est en fait pas mieux préparé que le passage au lycée. La plupart des lycéens de la cité tentent d'éviter le Deug, mais leurs demandes de BTS ou d'IUT n'aboutissent pas, à...
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