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  • Publié le : 19 juillet 2011
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La chute des souvenirs

Elle semblait penser à lui pendant que je l’observais. Elle devait l’aimer sans doute. Je ne voyais pas l’homme, je ne faisais que la regarder sous tous les angles cherchant à deviner ses pensées. Elle faisait travailler ses mâchoires l’une contre l’autre comme pour mieux le désirer et beaucoup lui signifier. Se reprenant l’espace d’un instant après son désir passager,elle amenait son auriculaire à la bouche, les yeux excentrés vers le téléphone, elle jubilait de pouvoir si elle le voulait mais elle ne le ferait pas. Pourquoi avait-elle laissé les années partir et sa voix se perdre ?
En compagnie de ses amies, elle riait selon les convenances établies se refusant encore d’avouer un reste de passion qu’il se devait d’imaginer. Car en fait, elle se moquait biende ce qu’il avait pu devenir depuis. Mais, il se raccrochait à cette idée qu’elle éprouvait encore quelque chose pour lui, quoi que cela puisse être. En fait, elle n’avait plus voulu s’en occuper, lui donner l’illusion de penser encore à lui.
Son amour aidant, il parvint à se propulser vers elle et chemin faisant, il contrôla le phénomène. Souvent, il s’absentait pour la visiter. Bien sûr, elle nepouvait pas le voir mais l’important était pour lui de la voir évoluer, de la voir exister, de la voir partager sa vie, même avec d’autres.
Quand il n’était pas prés d’elle, il dessinait avec l’index le nom de sa belle dans l’espace. Il devait même parfois se retenir de prononcer son nom quand il rentrait le soir fatigué de sa journée de labeur. Mais elle ne voulait plus.
Cela lui aurait tropcoûté d’attendre qu’une autre vienne à lui. Il en était resté là où elle avait cessé de l’aimer. Il la visita en esprit de plus en plus souvent au point de délaisser son corps, sa vie n’ayant plus aucun sens, privé d’elle. L’état de son corps déclina et les médecins ne gardaient branchés qu’un légume sans âme.

Quand un homme cherchait à la séduire, il s’amusait à deviner s’il avait une chance dela ramener chez lui. Il s’était rendu compte que les hommes pour qui elle avait un faible, étaient presque tous désincarnés, comme branchés sur des canaux bien huilés qui font que les filles tombent chaque fois et se réveillent le nez dans le ruisseau au petit matin. Quand l’homme avait envie d’elle, emporté par son instinct et sans la moindre hésitation, il lui assénait quelques grassesflatteries et elle succombait dans son délire et s’offrait tout entière à son désir.

Moi, je n’avais jamais osé la prendre de force, ou la travailler de façon qu’elle craque parce que tout simplement quand je lui parlais, je ne me sentais plus, je perdais chacun de mes repères, baigné par l’émotion que faisait naître sa voix dans mon coeur. Alors souvent, je m’engouffrais dans un de ces corps vided’esprit quand il venait l’entourer de ses bras et je souffrais d’autant plus de sentir tout ce désir qu’elle exprimait pour cet homme qui n’était pas moi. Je voulais seulement que quelque chose lui éveille l’esprit et lui donne à songer à moi, mais elle s’abandonnait à mon corps d’emprunt. Je restais près d’elle tant que je voyais que je ne perturbais pas son aura. Souvent, je l’envahissais et lesténèbres venaient noircir ses ondées. Alors, il me fallait ressortir de l’enveloppe parce que je commençais à dévorer son âme à trop vouloir d’elle.

Maman qui souffrait horriblement de mon état consentit selon l’avis des médecins à débrancher les appareils et je perdis ma belle insatiable en pénétrant dans les couches infernales. Là, il me fut reproché d’avoir perdu ma liqueur séminale, de m’êtrereposé sur les épaules de maman, de n’avoir pas pris mes responsabilités, d’avoir trop espéré des jeunes femmes de la terre sans avoir fait un pas vers elles, d’avoir eu des pensées coupables pour les jeunes femmes que je croisais dans la rue, d’avoir eu peur des hommes et enfin, d’avoir été triste et mélancolique. A l’annonce de mon jugement, je vis mon étincelle divine, ma flamme s’enfuir en...
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