Stupeur et tremblements

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  • Publié le : 13 octobre 2010
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Stupeur et tremblements
Commentaire de texte sur l’Excipit p.184

L’incipit a pour fonction de nous présenter les personnages, ainsi que la cadre dans lequel va se dérouler l’histoire. L’excipit est donc son contraire, il se situe à la fin de l’œuvre contrairement à l’incipit qui se trouve au début, et il consiste à commenter le futur des personnages sur unescène de clôture de l’œuvre. Amélie Nothomb achève son œuvre Stupeur et tremblements ainsi. Amélie San a atteint le dernier cercle de sa descente aux enfers et dans cet excipit, elle achève son aventure. Nous allons ainsi nous interroger. Par quels moyens Amélie Nothomb, tout en inscrivant de façon réaliste un récit autobiographique romancé dans l’actualité historique, termine, comme elle a commencéet poursuivi tout son roman, dans le décrochage burlesque, plein de dérision, d’humour, d’absurde et de satire ? Dans un premier temps, nous développerons le récit autobiographique qui est romancé et inscrit de façon réaliste dans l’actualité historique puis nous nous attacherons au décrochage burlesque, emplit de dérision et de satire.

Cette œuvre respecte bien le pacte autobiographique. Nousavons un personnage et narrateur à la fois : Amélie San et Amélie Nothomb qui ne font qu’une. Dans cet extrait, nous assistons cependant à un changement intéressant de point de vue (ligne 29) : « On ne m’y revit jamais ». L’histoire porte à sa fin et les paragraphes sont de plus en plus brefs. Le déroulement respecte une chronologie précise, Amélie San nous relate les faits dans l’ordre danslequel ils se sont passés. Elle décrit d’ailleurs ces actions avec beaucoup de précision.
Elle reprend des éléments de l’intrigue comme l’hostilité de Fubuki, sa supérieure, qui est évoquée par deux métonymies : « La main de Fubuki ne fut pas du lot » (ligne9) : « préférer son orgueil à la contemplation d’un visage exceptionnel » (lignes 12-13). Nous assistons à une réelle déshumanisation, cela dutau fait qu’Amélie San est fascinée par la beauté de sa supérieure. Elle reparle aussi de l’élément de la fenêtre. L’attirance pour le vide que l’on a sentit tout le long du roman se manifeste encore (ligne 19) : «D'instinct, je marchai vers la fenêtre. Je collai mon front à la vitre et je sus que c'était cela qui me manquerait : il n'était pas donné à tout le monde de dominer la ville du haut duquarante-quatrième étage. »
Le dénouement est retardé, dans cet excipit nous assistons à l’ébauche de deux années. Il y a une ellipse importante entre les lignes 29 et 30, une semaine se déroule entre le moment ou elle quitte l’entreprise Yumimoto et le moment ou elle rentre en Europe. L’excipit commence par « Le matin du 7 janvier » [en 1991] et se termine en 1993 lorsqu’ Amélie San reçoit lalettre de félicitations de Fubuki. Il y a donc deux années qui s’écoulent. Le dénouement est satisfaisant. Tout se résout, l’affrontement entre Fubuki et Amélie San prend fin. De son côté, Amélie savoure sa victoire et sa revanche (ligne 46) : « un détail qui me ravit au plus haut point », Fubuki reconnait à la fois le talent de l’écrivaine, et sa capacité à comprendre le japonais ce qu’elleavait méprisé jusqu’alors.
La précision des indications temporelles accentue le réalisme des événements aussi bien privés que publics. Amélie San re contextualise le texte au niveau social et historique (ligne 33) : « Le 15 Janvier était la date de l’ultimatum américain contre l’Irak. » Le décor est précisément évoqué, (ligne 2) : « Yumimoto » ; (ligne 3) : « quarante quatrième étage » ou encore «la laideur de l’éclairage du néon ». Puis, elle énonce des événements privés, (ligne 1) « le matin du 7 Janvier », (ligne 7) « Vers dix huit heures », (ligne 38) « En 1992, mon premier roman fut publié. », (ligne 33) « En 1993, je reçus une lettre de Tokyo. Le texte en était ainsi libellé ». En juxtaposant l’histoire du monde et sa propre histoire, Amélie place sa vie privée au même niveau que...
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