Syndicalisme et socialisme

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  • Publié le : 25 avril 2011
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Citoyennes et Citoyens,
Pour bien comprendre la valeur du syndicalisme au sein du socialisme international, il ne faut pas perdre de vue que, comme dans tous les mouvements sociaux, il y a dans le socialisme un côté essentielet un côté accessoire,et qu'il arrive souvent que l'accessoire finit par l'emporter sur l'essentiel.

Le socialisme est un mouvement de masse. Ce mouvement peut bien sedévelopper par voies souterraineset prendre historiquement la forme de la conspiration. Mais, précisément parce qu'il intéresse la masse, ou bien il vient couronner la démocratie, ou bien il se sert des mêmes moyens d'action que la démocratie. il n'est pas besoin de rappeler que les mêmes faits qui engendrent ou représentent la démocratie, donnent lieu au socialisme.

Le socialisme traverse unmoment critique. Il lui semble que son sort est lié à celui de la démocratie, et qu'il ne peut vivre qu'au sein des institutions démocratiques. Suffrage universel, parlementarisme, pression sur les pouvoirs publics, agitation de l'opinion publique, considérée comme exprimant les sentiment de tous les citoyens, enfin conquête de l'État, semblent la manifestation légitime de l'action socialiste.Mais, en réalité, le socialisme n'est pas un dérivé de la démocratie. Tout au plus peut-on dire qu'ils tirent l'un et l'autre leur origine d'une même situation historique et qu'elle les a engendrés simultanément. La démocratie avait pour objet l'action en commun et solidariste de tous les citoyens à l'intérieur de l'État ; le socialisme a pour but l'action distincte et séparée d'un groupe deproducteurs à l'intérieur de l'atelier et sur le terrain des antagonismes économiques, pour rayonner de là au dehors et investir l'État.

Le socialiste,naturellement, n'exclut pas le citoyen; et qu'on considérât, historiquement, l'État comme un organe destiné à représenter les intérêts économiquement prépondérants, cela n'empêchait nullement qu'on ne tentât s'en rendre l'action moins pesante etmoins hostile. Le socialisme se fit donc par surcroît démocratique, en ce sens qu'à certains moments il délaissait la sphère de la production pour s'intéresser à des questions qui ne regardaient plus les ouvriers en tant que producteurs,mais en tant que citoyens.Seulement, il arriva que l'action démocratique parut bien vite aux représentants du socialisme plus douce et plus souriante que l'action declasse proprement dite, dont le terrain spécifique est l'atelier, et l'organe, le syndicat, succédané de l'atelier. Et le parti socialiste devint un parti démocratique comme les autres, uniquement préoccupé de luttes parlementaires et de cuisine électorale, et ne menant la lutte économique qua dans la mesure où elle pouvait servir à fortifier sa situation électorale. La coopération elle-même, siprosaïque et si froidement économique qu'elle apparaisse, fut considérée comme une simple roue du char électoral du parti. Le socialisme devint une démocratie sociale,c'est-à-dire un phénomène qui n'a pas laissé que d'exciter bien souvent la douce hilarité de ce prosaïque économiste qui s'appelait Karl Marx.

De même dans la théorie. Le socialisme ne chercha plus à approfondir les causes quirendent plus aigu l'antagonisme entre la classe ouvrière et la classe capitaliste et aguerrissent la classe ouvrière contre la classe capitaliste. La doctrine socialiste devint ou une nouvelle variationromantique sur les destins futurs de l'humanité «dans la fraternité du travail» (Renard, Jaurès, Atlanticus, Merlino, etc.), ou une recherche des causes qui font croître la solidarité sociale etpréparent ainsi un régime où cessera la concurrence meurtrière entre les hommes (ici il faudrait citer tous les intellectuelssocialistes des diverses parties du monde). La doctrine de l'opposition et de l'antagonisme des classes fut ou complétée ou niée par la doctrine de la collaborationdes classes. Inutile d'ajouter que cela ne pouvait pas ne pas frapper de stérilité la théorie socialiste : on voit...
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