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Édition du groupe « Ebooks libres et gratuits »

Arthur Conan Doyle

LE MONDE PERDU

Les exploits du professeur Challenger

(1912)

Table des matières CHAPITRE PREMIER Tout autour de nous, des héroïsmes… ...............................................................................3 CHAPITRE II Essayez votre chance avec le Pr Challenger !..11 CHAPITRE III Un personnage parfaitementimpossible ..... 21 CHAPITRE IV La chose la plus formidable du monde ......... 31 CHAPITRE V Au fait !............................................................52 CHAPITRE VI J’étais le fléau du Seigneur….........................67 CHAPITRE VII Demain, nous disparaissons dans l’inconnu78 CHAPITRE VIII Aux frontières du monde nouveau.............89 CHAPITRE IX Qui aurait pu prévoir ?................................103 CHAPITRE X Au pays des merveilles.................................. 129 CHAPITRE XI Pour une fois je fus le héros ........................ 145 CHAPITRE XII C’était épouvantable dans la forêt ! ........... 163 CHAPITRE XIII Un spectacle que je n’oublierai jamais..... 178 CHAPITRE XIV Ces conquêtes-là valaient la peine !.......... 195 CHAPITRE XV Nos yeux ont vu de grandesmerveilles...... 210 CHAPITRE XVI En cortège ! En cortège !........................... 228 À propos de cette édition électronique................................ 248

CHAPITRE PREMIER Tout autour de nous, des héroïsmes…

M. Hungerton, son père, n’avait pas de rival sur la terre pour le manque de tact. Imaginez un cacatoès duveteux, plumeux, malpropre, aimable certes, mais qui aurait centré lemonde sur sa sotte personne. Si quelque chose avait pu m’éloigner de Gladys, ç’aurait été la perspective d’un pareil beau-père. Trois jours par semaine je venais aux Chesnuts, et il croyait dans le fond de son cœur que j’y étais attiré uniquement par le plaisir de sa société, surtout pour l’entendre discourir sur le bimétallisme ; il traitait ce sujet avec une autorité croissante. Un soir, j’écoutaisdepuis plus d’une heure son ramage monotone : la mauvaise monnaie qui chasse la bonne, la valeur symbolique de l’argent, la dépréciation de la roupie, ce qu’il appelait le vrai taux des changes, tout y passait. – Supposez, s’écria-t-il soudain avec une véhémence contenue, que l’on batte partout le rappel simultané de toutes les dettes, et que soit exigé leur remboursement immédiat. Étant donnénotre situation présente, que se produirait-il ? J’eus le malheur de lui répondre par une vérité d’évidence : à savoir que je serais ruiné. Sur quoi il bondit de son fauteuil et me reprocha ma perpétuelle légèreté qui, dit-il, « rendait impossible toute discussion sérieuse ». Claquant la porte, il quitta la pièce ; d’ailleurs il avait à s’habiller pour une réunion maçonnique. Enfin je me trouvaisseul avec Gladys. Le moment fatal était arrivé ! Toute cette soirée j’avais éprouvé les sentiments alternés d’espoir et d’horreur du soldat qui attend le signal de l’attaque.
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Elle était assise : son profil, fier, délicat, se détachait avec noblesse sur le rideau rouge. Qu’elle était belle ! Belle, mais inaccessible aussi, hélas ! Nous étions amis, très bons amis ; toutefois, je n’avais pume hasarder avec elle au-delà d’une camaraderie comparable à celle qui m’aurait lié tout aussi bien avec l’un de mes confrères reporters à la Daily Gazette : une camaraderie parfaitement sincère, parfaitement amicale, parfaitement asexuée… Il est exact que tous mes instincts se hérissent devant les femmes qui se montrent trop sincères, trop aimables : de tels excès ne plaident jamais en faveur del’homme qui en est l’objet. Lorsque s’ébauche d’un sexe à l’autre un vrai sentiment, la timidité et la réserve lui font cortège, par réaction contre la perverse Antiquité où l’amour allait trop souvent de pair avec la violence. Une tête baissée, le regard qui se détourne, la voix qui se meurt, des tressaillements, voilà les signes évidents d’une passion ! Et non des yeux hardis, ou un bavardage...
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