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  • Publié le : 19 juin 2010
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Une première définition
           

Le bonheur est conçu comme étant une fin ultime de la vie humaine (c’est ce qu’on appelle eudémonisme). Il se distingue des fins partielles, c’est-à-dire des fins qui deviennent à leur tour des moyens en vue de fins plus élevées (par exemple la richesse). Le bonheur est la fin la plus haute, une fin que l’on recherche pour elle-même, une fin ensoi. Cependant, une fois cela reconnu, nous n’avons encore rien affirmé de la nature du bonheur. Si l’on se fie au sens commun, on pourra alors penser que le bonheur consiste dans l’assouvissement intégral des besoins et désirs. Si nous acceptons une telle définition, n’allons-nous pas être condamné à ne jamais être heureux ? En effet, la satisfaction complète des désirs semble impossible dans lamesure d’une part où l’assouvissement d’un désir est très souvent l’origine d’un nouveau désir de telle manière que la quête du bonheur serait sans fin, et que, d’autre part, tout choix d’un projet de vie semble impliquer qu’un privilège soit donné à certaines aspirations. De plus, le fait que le bonheur soit conçu comme un état stable et permanent, comme une « paix intérieure », montre bien qu’ilne saurait être la simple conséquence de la satisfaction des désirs car ceux-ci sont justement ce qui ne cesse de venir perturber tout « repos » dans un état déterminé. En ce sens, le bonheur est plutôt la conséquence d’une maîtrise des inclinations, d’une faculté de supprimer les désirs qui viendraient troubler cette « paix ».

Le bonheur – entre plaisir et vertu
Selon Aristote, Socrate etPlaton :
« Un plaisir pourrait s’identifier avec le plus grand bien, même en admettant que la plupart des plaisirs se trouvent être absolument mauvais. Pour cette raison, tout le monde estime que la vie heureuse est agréable, attendu qu’on unit la notion de plaisir à celle de bonheur, et l’on a parfaitement raison. Aucune activité, en effet, n’est complète quand elle est contrariée, et le bonheurprésente le caractère d’être complet. Ainsi l’homme heureux a-t-il besoin que les biens corporels, les biens extérieurs et ceux de la fortune se trouvent réalisés pour lui sans difficultés » Aristote.
            Selon Aristote, la recherche du bonheur est recherche du souverain bien, c’est-à-dire du bien qui n’est recherché que pour lui-même et que rien d’extérieur ne rend plus désirable qu’iln’est par lui-même. Aristote prend soin de préciser que ce bonheur est propre à l’homme ; en ce sens, il consiste nécessairement en des actions qui expriment l’essence de l’homme. Le bonheur repose par conséquent sur la conformité à la raison et la vertu. Les actions vertueuses dépendent d’une rationalité pratique baptisée prudence (phronèsis). Ajoutons que le bonheur en tant qu’il se manifeste dansles actions, ou plutôt en tant qu'il est l’activité elle-même, ne se mesure qu’à l’aune d’une vie entière ; ce n’est qu’au terme de la vie d’un homme qu’on peut savoir s’il a été heureux. Pour Aristote, le bonheur est donc profondément lié à la rationalité  ; mais cela ne signifie pas pour autant que le plaisir en soit exclu ; au contraire, Aristote affirme d’une part que la vertu ne suffit pas aubonheur et d’autre part que le bonheur exige un corps en bonne santé, des biens extérieurs, en résumé de la fortune . L’infortune, les maux, sont incompatibles avec le bonheur ; le plaisir ne l’est pas bien qu’il puisse le devenir lorsqu’il excède toute mesure.

« N’est-il vrai que, nous autres hommes, désirons tous être heureux ».
Ces paroles sont de Platon. Le bonheur, conçu comme ce quioriente et détermine les actions humaines, doit faire l’objet de profondes réflexions. Il s’agit tout d’abord pour Platon de s’opposer aux sophistes dont il résume les positions dans plusieurs de ses dialogues. Pour eux, le bonheur dépend de la fortune. Notons que l’étymologie du mot français « bonheur » n’est pas étrangère à cette signification : « bonheur » vient du latin bonum augurium qui...
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