Tragedie jp vernant

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  • Publié le : 31 décembre 2010
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CPGE VOIE ECONOMIQUE – 1ème année – RESUME ECRICOM

Résumez en deux cent cinquante mots (250 mots), plus ou moins 10%, le texte suivant, en vous attachant à mettre en valeur les idées essentielles et les articulations de la pensée de l’auteur.
Tout manquement à ces normes (par excès ou par défaut, sera gravement sanctionné. Par exemple, un résumé atteignant 300 ou n’atteignant pas 200 mots,sera noté zéro.
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Au cours du dernier demi-siècle, les hellénistes se sont surtoutinterrogés sur les origines de la tragédie. Si même ils avaient apporté sur ce point une réponse concluante, le problème de la tragédie ne s'en trouverait pas pour autant résolu. Il resterait à comprendre l'essentiel : les innovations que la tragédie attique a apportées et qui font d'elle, sur le plan de l'art, des institutions sociales, de la psychologie humaine, une invention. Genre littéraireoriginal possédant ses règles et ses caractéristiques propres, la tragédie instaure, dans le système des fêtes publiques de la cité, un nouveau type de spectacle ; de plus, elle traduit, comme forme d'expression spécifique, des aspects jusqu'alors méconnus de l'expérience humaine ; elle marque une étape dans la formation de l'homme intérieur, du sujet responsable. Genre tragique, représentationtragique, homme tragique : sous ses trois aspects, le phénomène apparaît avec des caractères irréductibles.
Le problème des origines est donc, en un certain sens, un faux problème. Mieux vaudrait parler d'antécédents. Encore devrait-on noter qu'ils se situent à un tout autre niveau que le fait à expliquer. Ils ne sont pas à sa mesure ; ils ne peuvent rendre raison du tragique comme tel. Un exemple: le masque soulignerait la parenté de la tragédie avec les mascarades rituelles. Mais, par sa nature, par sa fonction, le masque tragique est tout autre chose qu'un travestissement religieux. C'est un masque humain, non un déguisement animal. Son rôle est esthétique, non plus rituel. Le masque peut, entre autres, servir à souligner la distance, la différenciation entre les deux éléments quioccupent la scène tragique, éléments opposés mais en même temps étroitement solidaires. D'une part, le chœur, dans le principe, semble-t-il, non masqué, mais seulement déguisé, personnage collectif, incarné par un collège de citoyens ; d'autre part, le personnage tragique, joué par un acteur professionnel, et que son masque individualise par rapport au groupe anonyme du chœur. Cette individualisationne fait nullement du porteur de masque un sujet psychologique, une « personne » individuelle. Au contraire, le masque intègre le personnage tragique dans une catégorie sociale et religieuse très définie : celle des héros. Il en fait l'incarnation d'un de ces êtres exceptionnels dont la légende, fixée dans la tradition héroïque que chantent les poètes, constitue pour les Grecs du Ve siècle une desdimensions de leur passé - passé lointain et révolu, qui fait contraste avec l'ordre de la cité, mais qui reste cependant encore vivant dans la religion civique où le culte des héros, ignoré d'Homère et d'Hésiode, occupe une place de choix. Polarité donc, dans la technique tragique, entre deux éléments : le chœur, être collectif et anonyme dont le rôle consiste à exprimer dans ses craintes, sesespoirs et ses jugements, les sentiments des spectateurs qui composent la communauté civique ; le personnage individualisé, dont l'action forme le centre du drame et qui a figure de héros d'un autre âge, toujours plus ou moins étranger à la condition ordinaire du citoyen.
A ce dédoublement du chœur et du héros tragiques correspond, dans la langue même de la tragédie, une dualité: d'une part,...
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