Travaux

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  • Publié le : 22 mars 2010
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Composez un apologue formulé par une personne mûre à l'adresse d'un adolescent pour l'aider dans sa progression vers la maturité. Votre travail sera rédigé sur trois pages.

Jeune ami, reprendre ma plume : mais pourquoi donc ? Est-ce pour décrire et montrer les beautés ? Estce pour plaindre et regretter les misères ? Est-ce pour prévoir, pour raconter, pour chanter, pour demander... ? Pourquoidonc ? Vous me demandez de vous aider dans votre marche. Cette plume que j'ai laissé si longtemps, l'ai-je même prise un jour ? Qu'est-ce qui vous pousse à penser qu'elle sera créatrice entre mes mains ? Ai-je vraiment quelque chose à dire ? Et moi-même, qui suis-je pour écrire et donc fixer l'évanescence d'un instant, d'une impression, d'une sensation ou simplement d'une idée ? Un homme peut-ilréellement figer la fugacité du temps ? Et pourtant, oui, il le faut. N'est-ce pas là l'œuvre pédagogique de chaque homme ? Ne doitil pas transmettre, inlassable, ses expériences, ses désirs, ses remarques, sa joie, ses peines, son amour, sa Foi... ? N'est-ce pas là le seul moyen que l'homme ait à sa disposition pour se continuer lui-même à travers son œuvre ? Et vous avez bien raison desolliciter la clarté du regard d'un presque vieillard pour maîtriser la flamme qui brille dans le vôtre. Tout est donc question de limite, de degré, de mesure. Il n'est pas question de se taire sous prétexte de fausse humilité ou de je ne sais quelle raison qui nous pousserait à rester coi. Il n'est pas question non plus de se muer en marâtre qui ordonnerait, commanderait, dirigerait à l'encontre de lacréativité d'autrui. Il s'agit donc de transmettre en précisant inlassablement que ce qui est écrit est une réflexion, une impression, une sensation qui reste personnelle et qui, si elle peut aider d'autres personnes dans leur quête, doit se contenter de les éclairer, peut être remise en cause et ne doit pas s'imposer à eux. D'autre part, la création n'est-elle pas un état permanent et continuchez l'homme ? Ne doit-il pas en être ainsi du moins ? L’homme, créé à l’image du Créateur, ne doit-il pas prendre sa part dans la création ? Et pourtant, souvent ses créations, qui ne sont en fait que le reflet d'une Création antérieure et initiale, restent fugitives faute d'être immortalisées par la plume, par le pinceau, par la portée... Taillons donc une plume et couchons sur le papier quelquesréflexions. Toutefois, revêtonsles d’une histoire... L'aveugle qui voulait voir le monde Il était né en bordure de la forêt et n'avait jamais quitté son village natal. Aveugle, il ne connaissait pas la lumière du jour, mais les histoires que lui avaient racontées sa famille lui donnaient une « vision » de ce monde qu'il ne pouvait voir. Par ailleurs, son infirmité avait développée chez lui lesautres sens, comme l'odorat, mais plus particulièrement l’ouïe. Il avait également une mémoire très développée ce qui lui permettait de retrouver assez facilement les repères qu'il avait dans le monde qui l'entourait. Pourtant, quoiqu'il ne lui fut pas indispensable, il était toujours accompagné d'un chien qu'il avait appelé du nom que l'on donnait aux aveugles au Moyen Âge: le Luneux. C'était unami fidèle qui ne le quittait guère. Il avait reçu son enseignement d'un vieux prêtre, jadis maître d'école, et qui avait rarement

eu à se plaindre de son disciple. Ce dernier était avide d'apprendre et toutes les occasions étaient bonnes pour assouvir cette envie. Il aimait particulièrement les sciences de la nature, de ce monde qu'il ne pouvait pas voir mais qu'il aspirait à connaître. Cetapprentissage avait suivi un tracé en spirale dont il aurait été le centre. Tout d'abord, il avait découvert le monde qui l'entourait, la nature avec sa faune et sa flore, le chant des cours d'eau, la résistance et l'usage des roches. Il reconnaissait le passage d'un animal par le contact avec ses empreintes, par ses bruits, par les odeurs qu'il laissait derrière lui. Ces habitudes, auxquelles...
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