Tristan

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  • Publié le : 3 mai 2011
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La Scène du flagrant délit (v. 722-786)

v. 581 : dénonciation des barons de la liaison coupable de Tristan et Iseut.
v. 1278 : les amants s’enfuient dans la forêt.

Cette séquence reproduit celle du verger car il s’agit du même schéma narratif : amour coupable entraîne complot, entraîne piège. Cependant, dans la séquence du verger, les amants sont vus comme innocents. Processus depunition. Au terme de la séquence du flagrant délit, les amants sont jugés coupables mais non punis : leur fuite est inexorable

NB : Le présent à une valeur itérative : Tristan va souvent dans la chambre du roi. Mais il a aussi une valeur intensive : Tristan ne cesse ses allers et venues dans la chambre.

Le piège est laissé à l’initiative du nain. Piège double :

• affectif :séparation avec Iseut puisque Tristan est envoyé en mission chez Arthur.

• matériel : il faut mettre le roi en face de l’évidence de la chose vue ; or, à ce stade du récit, cette preuve ne peut être que l’adultère car l’espace piège est la chambre, espace très fortement connoté érotiquement (à la différence de la scène du verger : ‘‘simple discussion’’). Mais ce qui sera donné à voir ne sera pasl’acte sexuel lui-même (pas dans ce genre de récit), mais la trace de l’acte sexuel : traces de pas dans la fleur de farine blanche, symbolique de la pureté.

Le piège est tendu, mais il est déjoué par Tristan qui s’apprêtait à rejoindre la reine. Il en tire une conclusion : celui qui irait serait fou (v. 714 : « Qui iroit or, que fous feroit »). Supériorité de Tristan donc. Vers 716-720 :élément introduit très abruptement : ‘‘La veille, Tristan, dans la forêt, avait été blessé à la jambe par un grand sanglier ; il souffrait énormément. La plaie avait beaucoup saigné. Par malheur, elle n’était pas bandée’’. Sa blessure va avoir une valeur dramatique dans la scène qui suit.

Ce piège annulé fonctionne sur une variante : le sang. Pourquoi se fait-il que le piège prévu au départsoit annulé, alors qu’il fonctionne dans un 2e temps ?
→ Prouve le déterminisme absolu de la passion de Tristan, le côté pulsionnel de sa passion : il va quand même rejoindre Iseut.
→ Le sang est une marque plus forte que la marque prévue au départ : une trace de pas, trace en creux, qui ne concernait que la farine. La sang a une valeur 1ère : permet d’établir la preuve ; mais la trace de pasaurait pu aussi être une preuve ; donc sang = symbolique.

Remarques :
1) Chrétien de Troyes s’est sans doute inspiré de ce passage dans Le chevalier de la charrette : nuit entre Lancelot et Guenièvre avec le motif du sang comme preuve de l’adultère.
2) Passage très fort, cohérent, réduit à l’essentiel.

v. 778 : « veraie enseigne » : la preuve

I- L’organisation narrative du passageA) L’écriture de cette scène

Tension, scène forte, dramatique. Côté âpre voir prosaïque (Tristan ronfle). Récit événementiel. Pas de dialogue. Aucune analyse du sentiment amoureux (≠ Thomas ou Chrétien de Troyes).
Implication dramatique du narrateur + implication subjective (il est du côté des amants ; il annonce le grand miracle que va faire Dieu (v. 755 : « Molt grant miracle ») :Dieu protège les amants ; les barons, garants de l’ordre, sont appelés félons et ont des motivations envieuses, ils sont donc discrédités).

B) La structure du passage

Passage structuré par les mouvements du roi :
• point de vue spatial : il sort de la chambre, il y revient ;
• point de vue temporel : le piège se referme.

Le dehors = l’espace des opposants qui sont tous là,complémentaires, mais qui n’ont pas les mêmes motivations :
• barons : dénoncent les amants ; motivation : haine de Tristan
• le nain : principe actif, a fait le piège ; motivation : le plaisir d’intervenir dans les passions des autres
• le roi : l’objet de l’action, rôle le plus passif, constate ; motivations plus obscures (cf. cours à venir sur le roi)

L’emploi par le narrateur...
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