Violence urbaines

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 20 (4802 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 14 octobre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Pauvreté, ségrégation, violences urbaines

Scribe : Véronique Fourault

Intro

Les violences urbaines ont pu être définies comme suit : « collective, ouverte et provocatrice, elle est à la fois destructrices (incendies d’écoles et d’infrastructures soci-éducatives, rodéos, tapages), émotionnelle, (attroupements hostiles, émeutes), spectaculaire, parfois ludique, très souventcrapuleuse (razzias, vols avec violence, rackets(...), toujours juvénile ». Et L. Bui Trong, (commissaire aux renseignements généraux citée par S. Body Gendrot, p 199-200) d’ajouter : « certains délits sont commis en centre ville, dans les centres commerciaux, dans les transports en commun par des bandes mobiles (...) composées essentiellement de jeunes en provenance de banlieues parfois lointaines ; (...)Par ailleurs des phénomènes de type anarchisant, émotionnel, se déroulent au sein de certains quartiers sensibles, de la part de jeunes appartenant en majorité à la seconde génération, agissant sous forme de groupes, instables, éphémères... et développant une sous-culture de quartier hostile aux représentations des institutions ». Si cette définition demande à être nuancée, elle permet dedistinguer des nuances spatiales de manifestation de la violence urbaine. En outre, il apparaît que les violences urbaines ne se confondent donc pas avec la simple délinquance et semblent liées à des points particuliers de l’espace urbain et à des populations à l’habitat également déterminant.
Semble donc posée en filigrane la question d’un rapport de causalité entre pauvreté (manque de moyenrelatif aux autres ou dans l’absolu), ségrégation (processus et son résultat de division sociale et spatiale d’une société en unités distinctes) et violence urbaines dans les villes françaises.

L’organisation spatiale des villes françaises est elle un facteur spécifique de fragmentation sociale, ou bien les problèmes dits « urbains » ne sont ils que la manifestation, la projection deproblèmes plus généraux comme le chômage ou l’exclusion ?
Existe-t-il un moteur spécifiquement urbain ou local de la montée de la pauvreté et de formes corrélatives de violence ?

I La ville aux racines de la ségrégation socio-spatiale : le confinement de populations pauvres explicatif des violences urbaines

1) La ville française comme lieu de la division fonctionnelle et du regroupementcatégoriel : une ségrégation économique

a) La ville, organisme ségrégatif ?

La répartition des fonctions au sein d’une ville paraît répondre d’abord à des exigences techniques. Commerces de détail, équipements rares, bâtiments industriels sont localisés suivant le coût de telle ou telle position et des avantages qu’on peut en retirer.
Ensuite, la carte sociale de laville est le plus souvent identifiée à celle de l’habitat et de ses composantes socio-professionnelles, l’habitat étant lui même lié sinon conditionné par les types d’activités à proximité.
La partition fonctionnelle de la ville corrélative à l’émergence de l’industrie a par exemple abouti fin XIX° et début XX° à l’apparition de banlieues ouvrières, plus généralement d’espaces d’habitatouvrier au profil socio-économique semblable.
La désagrégation de cette société industrielle à la fin des années 70 coïncide avec la désindustrialisation et l’évolution des qualifications, la montée du chômage. D’où des répercussions inévitables sur ces quartiers ouvriers. L’exclusion du travail constitue une forme majeure de ségrégation aujourd’hui dans nombre de quartiers réputés« sensibles » : à Vaulx en Velin, 35% des 18-35 ans sont au chômage. On a par conséquent concentration des populations fragilisées, et bien souvent émergence du quartier comme espace redouté de l’extérieur de par ses difficultés économiques.

En outre, la pauvreté est souvent considérée comme manque de moyens financiers par rapport à une moyenne. Pourtant, au sens large, elle englobe nombre de facteurs...
tracking img