Voltaire - candide

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 16 (3937 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 16 novembre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
DISSERTATION - VOLTAIRE - COPIE D'UN ELEVE DE 1° S

DISSERTATION [copie d'un élève)

Sujet : Dans quelle mesure peut on considérer l'Ingénu de Voltaire, comme une satire politico-sociale, philosophique et religieuse ?

Voltaire, grand philosophe du XVIII ème siècle, a eu à souffrir personnellement de l'absolutisme et de l'intolérance qui sévissaient à son époque (il a notamment étéplusieurs fois emprisonné à la Bastille). Ses grandes connaissances, son goût de la liberté, de la justice et son esprit critique l'ont donc poussé, dans son œuvre littéraire, à proposer, sans manquer d'ironie, une analyse des systèmes politiques, sociaux, philosophiques et religieux de son temps.
L'Ingénu, un conte philosophique rédigé à la fin de sa vie, a été habilement utilisé par son auteur pouradresser un testament philosophique à ses contemporains.
Ce conte nous propose une satire sociale de l' époque : Voltaire critique un pouvoir politique autoritaire et oppressif. Cette satire sociale et politique est enrichie par des réflexions philosophiques. Enfin, l'auteur dénonce aussi le fanatisme, l'intolérance régnant dans le domaine religieux en indiquant que le bon sens peut à lui seulservir de guide.

C'est le personnage de l'Ingénu qui sert de porte-parole à Voltaire. L'Ingénu, considéré comme un bon sauvage, n'est pas avare en commentaires sur le monde occidental tel qu'il le perçoit, dès qu'il débarque chez les Bas-Bretons . Il découvre la vie provinciale étriquée de ces derniers . En effet ce milieu clos dans lequel il arrive, le dévisage comme une bête curieuse (« tout lemonde le regardait avec admiration, tout le monde lui parlait et l'interrogeait à la fois. Les notables provinciaux se croient investis de tout les droits (« le bailli s'emparait de tous les étrangers dans quelque maison qu'il se trouvât. ») et n'hésite pas à poser des questions même indiscrètes... Les habitants jugent le Huron sans discernement et avec une assurance déconcertante en fonction deleurs préjugés (« vous parlez mieux français qu'il n'appartient à un Huron »).
Les demoiselles de province, faute d'éducation, font preuve d'une certaine naïveté due à l'ignorance ou à un orgueil ethnocentriste : (« j'avais toujours cru que le français était la plus belle de toutes les langues après le bas-breton »). Le Huron est un héros plutôt turbulent, très actif, ce qui permet à Voltaire dedénoncer l'oisiveté des aristocrates provinciaux (« il n'était pas comme la bonne compagnie, qui languit dans son lit oiseux [...] qui perd tant d'heures précieuses »).
Les discussions de « salon » en province sont souvent étayées par de fausses certitudes héritées d'une éducation trop strictement religieuse (« on convint que, sans l'aventure de la Tour de Babel, toute la terre aurait parlé français»). Les jeunes filles de « bonne famille », en raison d' une éducation puritaine, apparaissent bien curieuses des choses de l'amour. D'ailleurs les couvents de l'époque, malgré leur vocation, étaient souvent des lieux de libertinage. L'organisation de la société dans le milieu provincial est souvent régie par la religion, un citoyen convenable est un citoyen baptisé (« nous le baptiserons ! Nous lebaptiserons ! »). Le philosophe tourne en dérision les usages, les coutumes locales, les rituels sociaux et religieux. Voltaire se moque aussi des déductions simplistes et hâtives que font les personnes ayant accueillit l'Ingénu en inventant une parenté avec le Huron, ceci ne reposant que sur des présomptions. Le jugement de cette société relève plus d'une émotion instinctive que d'uneconnaissance réelle (« après que l'on eut épuisé tout ce que l'étonnement, la joie, la tendresse peuvent faire dire... »).
L'éducation des notables ou de leur descendance est raillée par Voltaire. Il présente le fils du bailli comme « un grand nigaud de fils qui sortait du collège ». La situation sociale des personnes ne résulte pas de valeurs personnelles : tout le système social repose sur une...
tracking img