Zola chapitre viii

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  • Publié le : 28 novembre 2010
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COMMENTAIRE : L’ŒUVRE de ZOLA

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L’Oeuvre est un roman d’Emile Zola publié en 1886. Il est le quatorzième volume de la série Les Rougon-Macquart. L’ouvrage nous entraîne dans le monde de l’art et des artistes à travers le personnage de Claude Lantier, jeune peintre, qui tente d’atteindre la perfection grâce à ses œuvres novatrices. Dans ce passage, Zola décrit la troisième toile que Claudeentend présenter au jury afin d’être exposé au Salon qui se tient chaque année à Paris et qui rassemble les tableaux d’artistes appréciés du public.
La vision de Paris peinte par l’artiste est-elle représentative de la réalité ?
Nous aborderons successivement l’aspect réel puis avant-gardiste de ce tableau.

Claude, contrairement aux peintres classiques de son époque, a choisi de peindre lanature, et non un portrait ou une figure mythologique ; de nombreuses précisions géographiques nous l’indiquent : « un coin de la place du carrousel » l.7, « les Tuileries, au fond » l.18. Son sujet est donc un sujet réel, pris sur le vif, à un moment précis de la journée : « à une heure » l.7, « lorsque l’astre tape d’aplomb » l.8. De nombreuses précisions matérialistes rappellent également lecôté réel du tableau : « fiacre » l.8, « cocher » l.8, « des passants » l.9 …
Enfin, ce tableau et la description très naturaliste de Zola peuvent être mis en parallèle, car ils présentent la même vision concrète et quotidienne du monde.
Certains éléments décrits par Zola se rapprochent donc indéniablement d’une vision matérielle perçue par l’auteur au moment de sa peinture en plein air :« cahotait » l.8, « des passants semblaient ivres » l.10, « marchait à l’aise » l.12, alors que d’autres sont plus représentatifs d’un résultat recherché pour donner plus d’effets à la toile : « chauffe à blanc le pavé » l.3, « réverbération éblouissante » l.3 ainsi que la métaphore « sous la pluie lourde d’un ciel en feu » l.6
Cependant, si le sujet traité est bien réel, on observe, principalement dans ledeuxième partie de la description, une rupture entre le sujet et son rendu sur la toile du peintre. En effet, les petits détails qui faisaient de cette scène une scène quotidienne s’effacent pour laisser la priorité au cadre et à la lumière : « Mais ce qui, surtout, rendait ce tableau terrible, c’était l’étude nouvelle de la lumière » l.14, « Les Tuileries, au fond, s’évanouissaient en nuée d’or »l.19
La lumière joue donc un rôle primordial dans le tableau de Claude. Il utilise de nombreuses couleurs vives inhabituelles dans un tableau du XIX° siècle qui privilégie la sobriété : « des bleus, des jaunes, des rouges, où personne n’était accoutumé d’en voir » l.17-18, ainsi que des contrastes élevés : Zola met en opposition la « clarté trop vive » l.21 et les « taches sombres » l.20.
Ladécomposition de la lumière est traduite dans ce tableau par ce qu’on appelle aujourd’hui la « touche impressionniste » : le peintre ne travaille pas selon les méthodes classiques, mais applique la couleur par petites touches, donnant un aspect plus flou à son œuvre. Cette technique appliquée par Claude est également appliquée par Emile Zola dans ce passage : en effet il nous décrit ce tableau parpetites touches, avec de longues phrases mais qui sont séparées par des virgules ou des points virgules. Elles ont, comme la lumière de Claude, subi une décomposition.
L’aspect flou rendu dans le tableau efface légèrement les détails, que ce soit les promeneurs ou le décor : « les passants n’étaient plus que des indications » l.20.

Le tableau de Claude est un tableau sans aucun douteavant-gardiste. Cependant, Claude n’est pas ancré dans les mœurs picturales de son époque et est sans doute né un siècle trop tôt ; car son tableau est une œuvre excessive en tout point et marque le début de la véritable déchéance de l’artiste.
Tout d’abord, l’œuvre décrite par Zola présente de nombreux excès provocateurs pour la population de l’époque. Dans la toile peinte par Claude, la chaleur...
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