A qui profite le developpement durable?

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 21 (5178 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 21 septembre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
A QUI PROFITE LE DÉVELOPPEMENT DURABLE ?
- la problématique centrale de l’ouvrage
- les différentes hypothèses de travail
- la structuration d’ensemble
- les modèles théoriques de références
- les orientations bibliographiques
- les méthodes d’enquête et d’investigation
- les limites éventuelles que vous y voyez…

Selon Sylvie Brunel, le développement durable serait devenu une nouvellereligion au sein de laquelle tout un chacun est convié à s’exonérer de ses péchés "carboniques" par le don. Une nouvelle manière d’acheter des indulgences. Sous des discours apparemment scientifiques, il s’agirait là, selon-elle, de principes moraux visant à régenter la vie des individus. Auteure de l’ouvrage « A qui profite le développement durable ? » (Larousse, collection "A vrai dire", 2008),elle s’interpose sur un sujet que l’on croyait strictement consensuel. Loin de nier la nécessité de protéger la planète, elle soulève avec force l’entreprise de culpabilisation qui accompagne cette prise de conscience.
Le développement durable : entre nouvelle manière d’acheter des indulgences et industrie de la peur
Sylvie Brunel rappelle que le programme des Nations Unies pour ledéveloppement définit le bien être comme ce qui rend l’homme plus homme, ce qui lui permet d’être maître de son destin, en capacité de choix. Or une bonne partie de l’humanité n’est pas dans cette situation. Et, paradoxalement, on a l’impression que le discours sur le développement durable s’adresse à un profil bien précis. Celui d’un homme, d’un certain âge, plutôt aisé, qui a suffisamment voyagé et vu lemonde pour se satisfaire d’une vie locale repliée sur la maîtrise de ses flux d’énergie.
Elle relève que dans les pays développés, nous sommes arrivés à un certain degré de satisfaction de nos besoins essentiels en termes d’alimentation, de santé, de liberté de déplacement, d’accès à la culture, de connaissance. Mais tout se passe aujourd’hui comme si ce degré de liberté et de maîtrise de sonpropre destin devenait une sorte de culpabilité. Pour chacun des actes que nous commettons, il nous faudrait rémunérer un certain nombre d’institutions qui se positionnent et s’autodésignent même, comme des intercesseurs entre nous et cette planète "sanctifiée". Comme les organisations humanitaires, elles reproduisent un discours selon lequel elles seraient toutes puissantes pour changer le cours deschoses. Mais en réalité celui-ci serait au service d’une stratégie marketing. Pour Sylvie Brunel, ces institutions veulent exister et croître en tant que telles et pour ce faire, elles n’hésitent pas à employer toutes les règles du capitalisme moderne que ce soit la culpabilisation ou l’appel aux dons.
Pour Sylvie Brunel, dès que s’énonce un certain nombre de prétendues vérités de naturecatastrophiste - « le monde court à sa perte », « nous allons manquer de tout » - cela suscite une prise de conscience laquelle peut parfois permettre à la science de s’infléchir dans le bon sens. Nos processus de fabrication actuels sont d’ailleurs bien plus économes qu’il y a 20 ans. On peut dire que cela va dans le bon sens. Mais elle relève surtout les effets néfastes. Car en donnant de mauvaisesinterprétations, on aboutit aussi à de mauvaises solutions. Prenant l’exemple du réchauffement climatique, tel qu’il nous est présenté, où tout doit être mis en œuvre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, le carbone serait devenu le nouvel ennemi de nos sociétés. Selon elle, il est dommage et même gravissime que l’on ne se soucie pas d’abord de la façon dont un certain nombre d’êtreshumains vivent, êtres humains qui, à ce jour, n’ont même pas le minimum vital.

Sylvie Brunel adore dénoncer les turpitudes du monde. Elle s'en prend cette fois au développement durable, qu'elle voit comme une nouvelle religion dangereuse et portée par ceux à qui elle profite. Les Etats du Nord y voient la justification d'une nouvelle guerre froide, si l'on peut dire, contre un Sud pollueur et...
tracking img