L'allemagne dans les relations internationales entre 1945 et 1990

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  • Publié le : 17 novembre 2011
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Dès la fin de la Seconde Guerre Mondiale du côté de l’Europe le 8 mai 1945, l’Allemagne disparaît en tant que puissance mondiale mais aussi en tant qu’Etat suite à la capitulation. Par contre, en 1990, l’Allemagne réunifiée s’est hissée en haut du sommet en tant que première puissance économique européenne et s’impose aux autres Etats grâce à la suprématie de sa monnaie.
En l’espace de 45 ans,une Allemagne ruinée réussit à se relever de ce drame : alors, en quoi l’Allemagne a-t-elle représenté un enjeu dans les relations internationales entre 1945 et 1990 ?
I – De 1945 à 1955, une Allemagne occupée et divisée
Dès la fin de la Seconde Guerre Mondiale, le sort de l’Allemagne est évoqué à Yalta (en février 1945) et à Potsdam (en juillet-août 1945).
A la conférence de Potsdam, les TroisGrands décident de diviser l’Allemagne en 4 zones d’occupation, avec la France que Churchill a réussi à imposer. Les USA obtiennent le contrôle de la partie méridionale avec les grandes villes bavaroises de Munich et de Nuremberg ; la Grande Bretagne obtient le contrôle de la zone Nord avec les ports de Hambourg et de Brême et la France obtient la surveillance de la Rhénanie-Palatinat et du BadeWurtemberg. Dans sa partie orientale, l’Allemagne passe sous domination soviétique. La ville de Berlin fait figure de cas particulier car elle fait elle-même l’objet d’un découpage quadripartite. Conformément aux accords de Yalta signés en février 1945 en Crimée par Churchill, Staline et Roosevelt, l’Allemagne est réduite à ses frontières d’avant 1938, démilitarisée et dénazifiée. Un mémoire du 6septembre 1945 du ministère des Affaires étrangères évoque d’ailleurs ce changement de frontières : « Le moyen le plus efficace d’empêcher définitivement l’Allemagne de reconstituer sa puissance d’agression consiste à détacher de son territoire les régions qui comprennent le pourcentage le plus élevé de ses richesses industrielles. » En effet, la frontière orientale est ramenée à Potsdam sur laligne Oder-Neisse, et l’Allemagne perd les provinces de Poméranie, la Silésie ainsi que la Prusse Orientale.
A la conférence de Potsdam, les intérêts divergent déjà : alors que l’URSS cherche à ruiner un peu plus l’Allemagne en exigeant d’elle le paiement de sommes astronomiques, les USA s’évertuent au contraire à la renforcer pour en faire un rempart contre le communisme.
Entre 1945 et 1948,deux mouvements s’opèrent. D’une part, la France, dans le contexte de l’apparition de la guerre froide à partir de 47, rejoint les positions anglo-américaines : d’autre part, le fossé se creuse entre les Alliés occidentaux et les Soviétiques en ce qui concerne l’avenir et l’organisation politique de l’Allemagne, notamment après l’annonce du plan Marshall, le 5 juin 1947. Ainsi, l’Allemagne subitdurement la coupure entre les Etats-Unis et l’URSS. La conférence de paix échoue en 1947 sur la question allemande, ce qui fait que le pays n’a pas le droit à un traité de paix.
Au printemps de 1947, alors que tous les problèmes du continent, en premier lieu la question allemande, sont pris dans le tourbillon du conflit Est-Ouest, le président du parti social-démocrate, Kurt Schumacher développe cequi devient la « théorie de l’aimant ». Dans un discours devant les dirigeants de son parti, le 31 mai 1947, il présente cette idée ainsi : « Il faut créer des réalités sociales et économiques qui démontrent la prépondérance des trois zones occidentales par rapport à la zone orientale, et qui prouvent que la vie à l’Ouest est plus utile, plus profonde, plus agréable… Il n’existe pas d’autre voievers l’unité allemande que celle qui consiste à faire de l’Ouest cet aimant économique, qui devra exercer sa force d’attraction sur l’Est. »
L’engagement européen de la RFA vaut à celle-ci la reconnaissance de ses partenaires occidentaux. Dès la création de la RFA en 1949, le général de Gaulle avait invité les Français à reconsidérer le problème allemand : « L’unité de l’Europe doit incorporer...
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