L'appel de clermont d'urbain ii dans le récit de robert le moine.

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  • Publié le : 3 avril 2011
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"L'appel de Clermont d'Urbain II dans le récit de Robert le Moine"

L’extrait que nous étudions ouvre le récit de Robert le Moine, abbé de Saint-Rémi de Reims qui assista au concile de Clermont en 1095, et accompagna la première croisade en Palestine. Ce récit nous est parvenu par le recueil des historiens des croisades intitulé Gesta Dei per Francos établi en 1611 (par le savant critique (etcalviniste) Jacques Bongars). L’appel de Clermont, est considéré comme le point de départ des croisades. Cette épisode nous est relaté par de multiples sources : les principales sont celles de Foucher de Chartes (qui écrit peu avant 1105), Baudri de Dol (1108) et Geoffroy de Vendôme. Elles posèrent de nombreux problèmes aux historiens pour déterminer les thèmes abordés par Urbain II pour la raisonqu’elles ne coïncident pas toutes entre elles. Malgré les diverses interprétations, découlant des différentes versions (insistance ou absence de tel ou tel point dans le discours d’Urbain II – Jérusalem, rémission des péchés, etc.) de nombreux points de convergence existent entre ces quatre récits.
Huit mois avant le Concile de Clermont, lors du concile de Plaisance, des envoyés du roi Alexis 1er(Empereur byzantin ) auraient demandé des secours au pape et proposé de reprendre les négociations pour réunifier les deux parties de l’Eglise. Le Concile de Clermont fut précédé par un voyage du Pape à travers la France où il visita de nombreuses abbayes clunisiennes, avant de séjourner à Cluny même. Au vu de son origine même, des préoccupations qu’il partageait avec les milieux clunisiens, toutsemble indiquer, malgré l’absence de sources écrites, que l’idée de la lutte pour la Paix de Dieu et pour l’unité de la chrétienté s’est mêlée, dans l’esprit d’Urbain II, à celle de la guerre contre les musulmans, à la fois en Espagne (où les clunisiens jouaient un rôle majeur) et en Orient. Si la lutte contre les « infidèles » n’occupe pas une place prédominante dans la politique pontificale,elle s’y inscrit cependant comme un élément indispensable. La délégation pontificale arriva à Clermont le 14 novembre 1095 et le concile commença le 18 du même mois. Le nombre de participants ecclésiastiques était grand. Le concile s'attarda surtout sur des affaires ecclésiastiques.
Il s’agira donc de voir comment cette guerre présentée comme une réponse à la menace que font peser les musulmans surles chrétiens d’Orient, marque l’aboutissement d’une profonde évolution de la pensée ecclésiastique inscrivant l'affirmation de la théocratie pontificale. Dans un premier temps nous verrons les raisons de cet appel, puis dans un second temps les rétributions accordés aux "croisés" et les motivations d'Urbain II, et enfin l'avènement d'une théocratie pontificale.

I. L'appel de Clermont,conséquence d'une chrétienté en danger.

1) L'origine de la menace

Donc là je vais un peu reprendre différentes citations du textes, et les expliquer : La « cause douloureuse » (l. 10) qui semble avoir été à la source de l’appel d’Urbain II est l’invasion des « terres des chrétiens » (l. 15) et la nécessité de porter « secours » (l. 43) et de « délivr[er] » (l. 42) « Jérusalem (qui) en estle centre » (l. 38). La menace viendrait d’un peuple qui n’est mentionné que sous le nom de « Persans » (l. 13). Qui sont ces « persans » qui « ont démembré l'empire grec, et en ont soumis à leur domination un espace qu'on ne pourrait traverser en deux mois de voyage » (l. 16-18) ? L'occupation musulmane de la Terre Sainte remontant à près de quatre siècles. En effet, si l’Empire romain d’Orientcomprenait autrefois l'Égypte et la Syrie, il les a perdues dans le deuxième tiers du VIIe siècle à la suite de la conquête arabe. Au XIe siècle, l'ensemble des territoires soumis à la religion musulmane s'étend de l'Asie centrale à l'Espagne. Au Proche-Orient, le khalifat fatimide (Issus de la branche religieuse chiite des ismaéliens — pour laquelle le calife doit être choisi parmi les...
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