L'avenir est-il une page blanche ?

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  • Publié le : 29 octobre 2010
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Peut-on dire que l'avenir est une page blanche ? En d'autres termes, l'avenir est-il totalement indéterminé et donc à inventer ? Cette définition de l'avenir se baserait alors uniquement sur la contingence et le hasard. On parle communément de destin ou encore de prévision au sujet de l'avenir sans pour autant prendre la mesure de ces propos. Cette interrogation suggère donc de faire la part deschoses entre une opinion commune désirant profondément une connaissance possible de l'avenir et ce qui est acceptable pour la raison. En effet, dans son essence même l'avenir est une dimension générale et indéterminée vers laquelle le présent se dirige en permanence, il est donc fondé sur l'inconnu. Par ailleurs une part non-négligeable de notre existence repose sur un rapport positif avecl'avenir, d'où le désir de connaissance de celui-ci. Or peut-on véritablement accéder à une connaissance de l'avenir ? Plus précisément, l'avenir doit-il être pensé en termes de hasard ou de nécessité ?

On parle communément du destin, c'est-à-dire du fait que l'homme soit soumis à une volonté supérieure qui fixerait à jamais tous les événements de son existence. Par ailleurs ceci présuppose justementl'existence de cette volonté supérieure, autrement dit d'une providence. Donc il s'agirait de Dieu qui guiderait l'homme dans l'existence en fonction de la fin qu'il lui aurait assigné. Cette thèse fataliste affirme donc l'impossibilité totale de l'homme à prendre en main sa propre existence. En effet, par exemple dans le mythe d'Œdipe, ce dernier tente tant bien que mal d'aller à l'encontre deson destin, or celui-ci le rattrapera. En d'autres termes, l'homme peut modifier les causes, les effets resteront identiques, or si l'on voulait justifier rationnellement l'existence du destin, il faudrait y appliquer un rapport de causalité. Par là-même le destin ne répond pas au principe du déterminisme qui pourtant introduit une relation nécessaire.

Par ailleurs, sans parler de réeldéterminisme, la psychanalyse nous montre tout de même une détermination venue de l'enfance. En effet, selon Freud il existe un inconscient constitué de pulsion, de désir refoulé. De sorte que le ça ayant subit le refoulement du sur-moi, l'homme a enfoui tous ses désirs dans son inconscient. Or ces pulsions infantiles joueraient un rôle décisif dans la constitution de la personnalité psychique et affectivede chacun, et donc dans le comportement de l'individu. Dons contrairement au destin, la psychanalyse mets une part de devenir de l'homme entre ses mains, même si cela reste inconscient.

D'autre part la sociologie nous propose une détermination de la société sur le devenir humain. En effet Durkheim ayant décidé de " considérer les faits sociaux comme des choses " il renvoie l'avenir de l'homme,ou plutôt celui de la société en générale dans un pur déterminisme. C'est ainsi qu'il étudiera les facteurs du suicide ou encore les pratiques religieuses. Rangeant ainsi les faits humains dans un principe de cause à effet, il permet alors une certaine prévisibilité du comportement humain face à certains déterminants.

Donc la psychanalyse ou la sociologie, en renvoyant les faits humains dans unprincipe de causalité nous permettent donc une certaine prévisibilité face à l'avenir. Ces affirmations supposent donc que l'avenir ne serait pas issu de notre volonté propre, ni même de nos espoirs. Autrement dit l'homme subirait son avenir, celui-ci ne serait que contraintes, il résulterait de faits extérieurs ou inconscients répondant à des déterminations nécessaires. Cependant, l'homme étantsingulier et contingent dans son essence-même, comment peut-il répondre à des lois visant l'universel et le nécessaire ? De sorte qu'il est possible d'étudier le comportement d'un groupe d'humains pour en déduire des conséquences, mais celles-ci appliquées à chaque homme, relèvent de la contingence et non de la nécessité. Est-ce à dire pour autant que l'homme, par lui-même peut prévoir ou...
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