L'inflation scolaire

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  • Publié le : 6 mai 2010
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L’ouvrage que j’ai choisi d’étudier est L’inflation scolaire : les désillusions de la méritocratie, publié aux éditions du Seuil en 2006, écrit par Marie Duru-Bellat. Cet ouvrage est divisé en quatre chapitres distincts. Cet ouvrage est en lien avec l’augmentation du nombre de diplômés, l’auteur utilise une analogie et file une métaphore du constat de l’inflation des diplômes qui sont considéréscomme des titres monétaires sur un marché : si on multiplie l’offre, le bien offert perd de sa valeur. Cette « inflation » du nombre de diplômés entraîne alors une dévalorisation des titres scolaires. Dans un premier temps, nous effectuerons un résumé de cet ouvrage puis nous discuterons sur ces différents éléments.

I) Résumé du livre

Dans le premier chapitre intitulé « les promessesdéçues de l’ ‘’ascenseur’’ social », l’auteur part du constat statistique de l’allongement des scolarités depuis les années 1950. En effet, le pourcentage d’une classe d’âge atteignant le niveau du bac passe d’environ 5% à 69% depuis 1950. Plus de diplômes du supérieur sont délivrés (DEUG, Licence ou Maîtrise) suite à la réforme dite du LMD. Face à cette augmentation du nombre de diplômés, unchangement du rôle de l’école devient nécessaire.

A partir de ces constats, l’auteur porte son attention sur la sociologie dite de la « mobilité sociale » qui évalue la proportion d’individus occupant la même profession que leur père, et restant dans le même milieu social. Cela pose donc la question de l’héritage social des parents et de l’immobilité sociale. Selon les études les plusrécentes, deux tiers des hommes et trois quarts des femmes appartiennent à une catégorie sociale différente. Néanmoins, il faut nuancer ces données statistiques en s’appuyant sur d’autres données issues des « enquêtes Emplois », plus de la moitié des fils de cadres sont cadres et un peu moins d’enfants d’ouvriers le sont à leur tour. Cette diminution est expliquée par la diminution de la populationagricole, la baisse des commerçants et des artisans, et l’expansion des cadres et professions intermédiaires. Elle note alors un décalage entre l’ouverture de l’école et les évolutions de la mobilité sociale, qu’elle explique par plusieurs facteurs. Bien que les carrières soient plus longues pour tous, le premier facteur explicatif est que chaque diplôme est inégalement réparti entre les catégoriessociales. Les inégalités ne sont pas supprimées mais différées et plus qualitatives. C’est pourquoi on assiste même à une « démocratisation ségrégative » dans le choix des filières d’enseignement ou des établissements. Le deuxième facteur explicatif est l’évolution de la valeur des diplômes qui devient paradoxale entre leur valeur intrinsèque et leur valeur notamment professionnelle notammentsur le marché du travail. Bien que les taux de chômage des jeunes sans diplômes soient élevés, le risque de chômage est lié à la durée de la scolarité et la relation entre diplômes et emplois n’est pas linéaire (il y a moins de chômage avec un bac professionnel et technologique) ; la nature de l’emploi occupé varie selon le niveau de formation (ex : l’emploi de cadre est accessible seulement pourles diplômés des grandes écoles). Un processus de déclassement (selon lequel une personne est déclassée si elle est significativement plus diplômée que la moyenne) s’opère depuis une quinzaine d’années sur l’ensemble des jeunes dotés au moins d’un baccalauréat, évolue dans le temps et est inégalement réparti. Cette « inflation des diplômes » augmente donc les inégalités sociales et entraîne unerelative dévaluation des diplômes. Toutefois, la mobilité sociale et l’insertion ne dépendent pas seulement du diplôme pour des raisons structurelles et individuelles. L’insertion professionnelle peut être marquée par l’origine sociale, par le sexe (taux de chômage plus élevé pour les filles), le niveau d’emploi occupé. Au niveau européen, on constate qu’il n’y a aucune relation nette entre...
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