L'internationalisation du contrat de travail et la langue française

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  • Publié le : 17 juin 2011
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La langue française et l’internationalisation de la relation de travail.


« La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle ». Lorsqu’Anatole France écrivit cette citation, la France est parconséquent la langue française, connaissait un rayonnement culturel mondialement reconnu. Ainsi, il ne se doutait certainement pas qu’elle connaitrait moins de deux siècles plus tard pareils remise en cause. En effet, de part ses nombreuses conquêtes coloniales, le français était une langue majeure parlée sur tous les continents. Cette ancienne langue internationale, devenue « langue commune àBruxelles » semble désormais bien trop compliquée. Si les francophones n’ont cessé de croitre au fil du temps, la langue française recule dans tous les domaines.
Ce recul de la langue française a même lieu dans des secteurs qui faisaient la fierté de la France comme la littérature ou les sciences. Désormais, l’ensemble des individus s’accordent à penser que la langue de Shakespeare est devenue la languemondiale officielle. Que ce soit dans les congrès, les articles scientifiques ou encore le cinéma, l’anglais s’affirme de plus en plus comme la langue internationale par excellence. Le secteur illustrant le plus cette hyper-domination de la langue de Shakespeare est certainement le monde des affaires. En effet, la mondialisation ou globalisation pour reprendre le terme anglo-saxon, a permisl’explosion des flux intercontinentaux. Les Etats-Unis, de part leur rang de super puissance, ont imposé leur langue dans les affaires, que ce soit dans les flux financiers ou pour le langage juridique.
Dans ce contexte, il était évident que les entreprises seraient très vite influencées par la pratique de l’anglais. Pourtant, la langue française, véritable symbole de l’identité de notre pays,tente de se prémunir de l’hégémonie d’une autre langue depuis près de 500 ans.
Le premier texte prônant que la langue française devait être celle de tous les actes importants du royaume fut l’ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539. En 1635, Richelieu décide de créer l’académie française afin de « donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiterles arts et les sciences ». L’école fut elle aussi touchée par le désir de voir la langue de Molière éduquer les jeunes têtes pensantes du pays. Ainsi, la IIIème République réalisa ce projet en 1887 en instituant le français comme seule langue autorisée durant l’enseignement. Dans un souci de voir notre patrimoine culturel se répandre sur le monde, le Consulat impose l’usage du français sur leterritoire national mais également sur l’ensemble des pays conquis. Par la suite, peu de réforme importante verront le jour jusqu'au début de la Vème République. Depuis l’avènement du capitalisme et de la mondialisation, l’agencement des normes s’est transformé. En effet, l’apparition de multinationales a rendu la lisibilité du paysage juridique plus complexe au point que des instances internationalestelles que l’Organisation International du Travail (OIT) tentent d’harmoniser les législations nationales. Les salariés français sont soumis régulièrement à la pratique de l’anglais au sein de leur entreprise. C’est ainsi, que beaucoup de syndicat français ou européen (en Allemagne par exemple) tentent de restreindre la pratique de l’anglais au strict nécessaire. S’il est certain que la pratiqued’une langue unique dans le milieu des affaires est bénéfique, il ne faut pas que les salariés soient lésés dans leurs relations de travail. Or, il semble que la pratique de l’anglais ne soit pas que bénéfique pour les travailleurs notamment au niveau de la compréhension, que ce soit de leur contrat ou des notes de services. Depuis une quarantaine d’années, la France tente de contrer « la...
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