Résumé

Raymond Queneau est un écrivain qui, sa vie durant, a multiplié les supports de création – il a été romancier, critique, traducteur, poète, chroniqueur, dialoguiste pour le cinéma, éditeur, encyclopédiste... et la liste n'est pas exhaustive – mais a toujours manifesté, quel que soit le support, une volonté d'expérimenter et de ne pas laisser la langue française endormie.

Queneau avait deux marottes : le langage parlée et la science. Son œuvre s'en ressent. Dans tous ses romans, par exemple, il cherche à retranscrire aussi fidèlement que possible le français oral, et c'est ainsi que dans Zazie dans le métro, son roman le plus célèbre et peut-être aussi le plus réussi, on peut rencontrer des phrases telles que « Izont des bloudjinnzes ? ». Et pour ce qui est de l'aspect scientifique, il est tout aussi omniprésent dans son œuvre. On sent que Queneau a passé sa vie à essayer de lier qualité littéraire et rigueur scientifique. Ce n'est d'ailleurs pas le moindre des desseins de l'OULIPO, OUvroir de LIttérature POtentielle qu'il fonde en 1960 avec un mathématicien. En outre, sa voix-off du Chant du Styrène, court-métrage documentaire sur la fabrication du plastique par Alain Resnais, ou encore sa Petite cosmogonie portative vont, entre autres, parfaitement dans ce sens, en expliquant des phénomènes chimiques et physiques en vers et avec esprit. Le recueil Cent mille milliards de poèmes s'inscrit dans cette démarche.

En quoi consiste ce recueil saugrenu ? Si l'on en croit la courte préface de Queneau, ce recueil a pour but de permettre à tout le monde de concevoir quand il le souhaite cent mille milliards de sonnets. Queneau définit l'objet comme une « machine à fabriquer des poèmes, mais en nombre limité » et remarque, avec...

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