Résumé

Avec son « Discours de la servitude volontaire », le jeune Étienne de La Boétie signe à 18 ans un court et brillant texte sur l’absolutisme et la domination. Rédigé en 1549 et publié en 1576, cette œuvre est aujourd’hui encore un classique sur l’étude du rapport de domination et de servitude. Montaigne, grand humaniste, écrit dans ses « Essais » : « C’est un discours auquel il donna le nom de La Servitude volontaire, mais ceux qui l’ont ignoré l’ont bien proprement depuis rebaptisé Le Contre Un. Il l’écrivit par manière d’essai en sa première jeunesse, à l’honneur de la liberté contre les tyrans ». En donnant son propre avis sur le rapport dominant–dominé, le jeune auteur soutient une thèse inédite et originale pour l’époque : un tyran ne tient sa force qu’avec le consentement du peuple qu’il oppresse. Si le peuple refuse cette puissance, son pouvoir vacille alors. Avec ses quelques pages et malgré son jeune âge, Étienne de La Boétie signe là un des plus grands textes de réflexion politique de l’histoire.

L’auteur se demande ainsi pourquoi les hommes acceptent la tyrannie alors qu’ils pourraient, d’après lui, refuser de s’y soumettre. Pourquoi des millions d’individus se soumettent-ils à la volonté d’une seule personne ? Pour le jeune écrivain, cette situation peut dans un premier temps s’expliquer par l’habitude, la tradition. Si tout homme vit sur le même pied d’égalité fraternelle et que chacun, à l’image des animaux, cherche à défendre sa liberté, alors celui qui se soumet perd ses droits d’hommes, il se dénature, et il n’est...

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