Acte i scène 8 électre

Pages: 8 (1813 mots) Publié le: 10 juin 2012
Acte I scène 8 Electre :
I. Retrouvailles lyriques :
1). Passion lexicale
2). Passion théâtrale
II. Duo déséquilibré :
1). Oreste contraint au silence 
2). Electre dominatrice
III. Confusion entre amour fraternel et amour maternel
1). Ambiguïté sentimentale
2). Création mystique d’Oreste
3). Renaissance d’Electre :

L’Acte I de l’Electre de Giraudoux se clôt sur lesretrouvailles du duo fraternel formé par Electre et Oreste, son frère tant attendu. Electre exprime son ressenti sans retenu, à l’image de son personnage qui se veut « pur », selon la définition giralducienne, et absolu. Son fantasme de l’enfantement, thématique du monologue, profile un élan nouveau qui n’est autre que sa propre « renaissance ». Sous les yeux du mendiant silencieux, s’opère un dialogue,tournant très vite au monologue, emprunt de lyrisme tant par le lexique que par la théâtralité suggérée. Oreste contraint au silence, le duo est déséquilibré, la parole monopolisé par une Electre impérieuse. Son amour démesuré pour Oreste la plonge dans une ambiguïté sentimentale où passion, fraternité et maternité tendent à se confondre.

I. Leur retrouvaille s’effectue sous le lyrismepoétique des déclamations d’Electre. A la vue de son frère réapparu, c’est la passion qui la saisie. Ces tirades idolâtrent la figure fraternelle par l’emploi de la troisième personne : « un frère » (l14), et la récurrence de son prénom : « Oreste » (l6-17-18-33). Les comparaisons qu’elle en fait sont majestueuses : « le soleil » (l9) symbole de vie et de pouvoir ; « une brute d’or », Giraudoux joue surles mots en semant la confusion entre or brut et la brute: ici la métaphore ne renverrait pas tant au matériau précieux qu’à un indice sur la violence de l’action qui pointe. Au-delà de l’éclat de sa physionomie : « son beau pouce si net » (l24) ; elle dresse un portrait de son frère tel aux valeurs qu’elle-même incarne ; la vérité : « Un frère où tout est vrai » (l14) ; la lumière : « monéblouissement » (l22). Ainsi, elle exprime la suprématie de leur filiation, rapprochant le prénom « Oreste » de l’expression « fraternel », si bien qu’il ne forme plus qu’un : « tout est fraternel dans Oreste, tout est Oreste ! »(l17).
Bien que le script soit dépourvu de toute indication scénique, le texte est équivoque. La mise à nue des sentiments d’Electre : « ta parole et ton regard m’atteignenttrop durement, me blessent » (l4), suggère une gestuelle : une main portée au front, le regard qui se détourne… Tout ce qui serait susceptible d’accompagner la violence des émotions que le lecteur imagine sur les traits du visage d’Electre. La force de ces tirades résulte de l’emphase crée par les apostrophes «Ô joie » (l11), les accumulations « le regard, la voix, la vie », l’imparfait d’habitudeet le conditionnel, témoins de la mélancolie qui la rongeait jusqu’alors : « si jamais un jour je te retrouvais » (l5), « Il eût fallu »(l7). Les points de suspension et les nombreuses répétitions inspirent une diction convulsive et saccadée qui s’accélèrent lors de la seconde tirade. A la tournure passive succède la prédominance du « je », dans une série d’accumulations : « Je fais » ; « Je te lafais » (l20) ; qui accélère le rythme, et lui redonne du souffle.

Electre déverse son flot, face à un frère pris de cours, ce qui déséquilibre le duo. La typographie de la scène en est révélatrice : n’est attribué à Oreste que deux phrases simples dans lesquelles on observe néanmoins une évolution. Sa première déclaration : « J’ai tout à te dire » (l1) s’avère à la fois sec par la simplicitéde sa construction grammaticale et ambitieuse par ce qu’englobe l’adverbe « tout ». Elle présage une nouvelle importante, tout en faisant écho au fondement même du théâtre : la parole. Le personnage d’Oreste prendrait alors les traits de son auteur, et s’adresserait au public, peut-on penser. Mais il est réduit au silence par une sœur volubile qui lui coupe la parole par un argument presque ad...
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