Dépend t-il de nous d'être heureux ?

Pages: 12 (2895 mots) Publié le: 30 septembre 2012
Les philosophes de l’Antiquité grecque et romaine considéraient que le bonheur était la principale finalité de l’homme : tous les hommes désirent être heureux. Conçu comme béatitude, ou félicité, le bonheur est défini comme « Souverain bien » (summum bonum, diront les philosophes latins) – auquel tous les hommes s’efforcent d’accéder. Envisagé comme bien suprême, le bonheur se distingue donc dela joie, du plaisir, ou de la jouissance. Il constitue un bien difficile à obtenir, qu’il est rare de posséder. Les conceptions du bonheur varient cependant en fonction des époques, ou des doctrines. C’est pourquoi nous devons essayer, dans un premier temps, de circonscrire la notion du bonheur, de la définir, afin de pouvoir répondre à la question qui nous est posée. Il s’agira ensuite, dans unsecond temps, de savoir si « être heureux » dépend de nous. Etymologiquement, le terme de « bonheur » vient du latin augarium, qui signifie, en français ancien, « heur », c’est-à-dire « bonne fortune », ou « chance ». A ce titre, le bonheur ne serait-il pas lié au hasard ? Sommes-nous, par conséquent, réellement responsables de notre propre bonheur, comme de notre propre malheur, si l’un et etl’autre dépendent du hasard, s’ils sont aléatoires ? Le hasard ne saurait cependant justifier intégralement la qualité d’une existence. Il semble que certains événements, contribuant à notre bonheur ou, inversement, le contrariant, sont provoqués par nous, tandis que d’autres ne le sont pas. C’est précisément ce qu’il nous faudra élucider, en tentant de voir, justement, ce qui dépend de nous et ce qui nedépend pas de nous. Enfin, nous verrons en quoi la notion de bonheur est intrinsèquement liée à celle de liberté : l’homme libre, en effet, est responsable de sa propre existence, et par conséquent de son propre bonheur.

Le bonheur se distingue du plaisir, considéré le plus souvent, dans la tradition philosophique, de manière négative. Platon estime que le plaisir est tyrannique ;conséquence ou résultat de la satisfaction d’un désir, il s’estompe progressivement, pour laisser place à un nouveau désir. Lié au manque, celui-ci demande d’être satisfait. Un désir non assouvi est lié au déplaisir, à la souffrance. Nous ne pouvons donc pas faire dépendre notre bonheur du plaisir, et des désirs qui lui sont associés. De son côté, Epicure place le plaisir au centre de sa doctrine, écrivant,dans la « Lettre à Ménécée », que c’est du plaisir qu’il faut partir pour déterminer ce qu’il faut rechercher ou fuir. Mais le désir n’en est pas moins lié, chez Epicure, à l’ « ataraxie », correspondant à la tranquillité de l’âme et à l’absence de souffrance. Le plaisir est donc à ce titre défini, comme chez Platon, mais dans une perspective différente, de manière négative. Tous les plaisirs nesont pas bons, et il existe certains désirs que nous devons éviter de satisfaire, si nous voulons être heureux. Les désirs non naturels et non nécessaires, montre par exemple Epicure, sont superflus ; nous ne devons pas chercher à les satisfaire. Ces désirs sont essentiellement générateurs de troubles. En revanche, nous devons satisfaire les désirs naturels et nécessaires : ils sont liés auxbesoins essentiels de l’homme. D’une manière plus générale, un grand nombre de philosophes estiment que le bonheur est un état durable, tandis que le plaisir correspond à un état fugitif, éphémère.
Spinoza, au 17ème siècle, s’appropriant l’expression de « Souverain bien », concept central au sein de la philosophie antique grecque et romaine, identifie ce « Souverain bien » au bonheur lui-même, conçucomme « béatitude » : mais ne nous ne méprenons pas sur ce terme. La béatitude correspond à un bonheur stable et parfait, qui est l’état de plénitude du Sage. En somme – seul le philosophe peut accéder au bonheur authentique. La foule, les gens vulgaires, dit Spinoza, ne sauront jamais ce qu’est la béatitude. Spinoza fait néanmoins l'éloge de la la joie : passion positive par excellence, la...
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