Document sur le rapport du vivant à la machine

Pages: 21 (5077 mots) Publié le: 20 février 2011
KANT, CRITIQUE DE LA FACULTE DE JUGER §65


La liaison causale, dans la mesure où elle est pensée uniquement par
l’entendement, est une connexion qui définit une série [de causes et
d’effets]
toujours descendante ; et les choses elles-mêmes qui, comme effets, en
supposent d’autres comme causes ne peuvent en même temps être, de leur côté,
causes de celles-ci. Cette liaison causale, onl’appelle celle des
causes
efficientes [nexus effectivus]. Mais, en revanche, on peut pourtant penser
aussi une liaison causale d’après un concept de la raison [celui de
fins] qui,
si l’on considérait la connexion comme une série, impliquerait une
dépendance aussi bien descendante qu’ascendante, où la chose qui est
désignée
comme effet mérite pourtant, si on considère la série commeascen¬dante, le
nom de cause de la chose dont elle est l’effet. Dans le registre
pratique [à
savoir celui de l’art], on trouve aisément de telles connexions, comme par
exemple celle ci : la maison est assurément la cause des sommes d’argent
perçues pour sa location, mais c’est aussi, inversement, la
représentation de
ce revenu possible qui fut la cause de l’édification de cette maison. Unetelle connexion causale se nomme celle des causes finales [nexus
finalis]. On
pourrait peut être appeler de manière plus juste la première la
connexion des
causes réelles, la seconde celle des causes idéales, car par cette
dénomination on comprendrait en même temps qu’il ne peut y avoir plus
de formes
de causalité que ces deux là.

[…] Dans une montre, une partie est l’instrument dumouvement des
autres, mais
un rouage n’est pas la cause efficiente de la production de l’autre
rouage :
une partie existe certes pour l’autre, mais elle n’existe pas par
elle. Ce
pourquoi la cause qui produit ces parties et leur forme n’est pas non plus
contenue dans la nature [de cette matière], mais en dehors d’elle,
dans un
être qui peut produire d’après des Idées un tout possiblepar sa
causalité. Ce
pourquoi aussi un rouage d’une montre ne produit pas l’autre rouage, et
encore
moins une montre d’autres montres, de manière telle qu’elle
utili¬serait à
cette fin d’autres matières [elle les organiserait]; ce pourquoi elle ne
remplace pas non plus, d’elle même, les parties qui en ont été
retirées, ni
ne corrige leur absence, dans la première mise en forme de lamontre, par
l’intervention des autres, ni ne se répare elle même quand elle est
déréglée :
toutes opérations que nous pouvons attendre su contraire de la nature
organisée. Un être organisé n’est donc pas simple¬ment une machine,
étant donné
que la machine a exclusive¬ment la force motrice; mais il possède
en soi
une force formatrice qu’il communique aux matières qui n’en disposent
pas[il
les organise] : c’est donc une force formatrice qui se propage et qui
ne peut
être expliquée uniquement par le pouvoir moteur [par le mécanisme].

[…] Le concept d’une chose en tant que fin naturelle en soi n’est donc
pas un
concept constitutif de l’entendement ou de la raison, mais il peut pourtant
être un concept régulateur pour la faculté de juger réfléchissante,
permettantd’orienter la recherche sur des objets de ce type. »

LEIBNIZ, MONADOLOGIE, §62-69 (les numéros indiqués en fin de § renvoie à des
idées similaires de la Théodicée)

62. Ainsi quoique chaque monade créée représente tout l’univers, elle
représente plus distinctement le corps qui lui est affecté
particulièrement et
dont elle fait l’Entéléchie : et comme ce corps exprime tout l’univers
par laconnexion de toute la matière dans le plein, l’âme représente aussi tout
l’univers
en représentant ce corps, qui lui appartient d’une manière particulière (§
400).
63. Le corps appartenant à une Monade, qui en est l’Entéléchie ou l’Âme,
constitue avec l’entéléchie ce qu’on peut appeler un vivant, et avec
l’âme ce
qu’on appelle un animal. Or ce corps d’un vivant ou d’un animal est...
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