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Pages: 2 (255 mots) Publié le: 16 décembre 2013
Texte A - Victor Hugo (1802-1885), « Une nuit qu'on entendait la mer sans la voir », Les Voix intérieures (1837).

Quels sont ces bruits sourds ?Ecoutez vers l'onde
Cette voix profonde
Qui pleure toujours
Et qui toujours gronde,
Quoiqu'un son plus clair
Parfois l'interrompe...
Le ventde la mer
Souffle dans sa trompe.

Comme il pleut ce soir !
N'est-ce pas, mon hôte ?
Là-bas, à la côte,
Le ciel est bien noir,
La mer est bienhaute !
On dirait l'hiver;
Parfois on s'y trompe...
Le vent de la mer
Souffle dans sa trompe.

Oh ! marins perdus !
Au loin, dans cette ombre,Sur la nef qui sombre,
Que de bras tendus
Vers la terre sombre !
Pas d'ancre de fer
Que le flot ne rompe.
Le vent de la mer
Souffle dans satrompe.

Nochers imprudents !
Le vent dans la voile
Déchire la toile
Comme avec les dents !
Là-haut pas d'étoile!
L'un lutte avec l'air,L'autre est à la pompe.
Le vent de la mer
Souffle dans sa trompe.

C'est toi, c'est ton feu
Que le nocher rêve,
Quand le flot s'élève,
Chandelierque Dieu
Pose sur la grève,
Phare au rouge éclair
Que la brume estompe !
Le vent de la mer
Souffle dans sa trompe.

1. Nef : bateau (termevieilli utilisé en poésie)..
2. Nochers : pilote, marin (un terme peu courant.
3. pompe : Pour expulser l'eau qui entre dans le bateau.
4. Estompe :rend moins net, comme avec une estompe, instrument utilisé en dessin pour rendre les contours, esquissés au crayon ou au fusain, plus flous.
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