Ivoirité

Pages: 5 (1053 mots) Publié le: 13 février 2012
L’ivoirité est un concept politique ivoirien, définissant les caractères nationaux de la Côte d'Ivoire.
Certains auteurs le rapprochent du concept de préférence nationale[1].
Sommaire
[masquer]

a Côte d'Ivoire abrite 56 ethnies regroupées en grands ensembles. Chaque groupe ethnique se distingue par un ensemble de codes, d'us et de coutumes traditionnels :
• au nord-est : le groupe desDioulas Malinkés (Dioula signifie en bambara « commerçant », Dioula n'est donc pas l'appellation d'un peuple mais d'un ensemble de peuples mandingues)
• au nord-ouest : les Sénoufos (dont les différentes langues sont de famille "gur" -autrefois désignée par "voltaïque"). Leurs langues et traditions sont très différentes de celles des Mandingues.
• à l'ouest : les Krous (Bétés, Didas, Gouros (lesGouros ne sont pas des Krous mais des Mandés au même titre que les Dans (Yacoubas) et les Gagous), Wés) se développent de la côte Ouest au centre Ouest
• du centre au sud-est : les Akans (Abron, Agnis, Appoloniens (Nzima), Baoulés...).
Ces 4 groupes occupent des zones spatiales relativement grandes, et les peuples à l'intérieur même sont souvent hétéroclites, mais non antagonistes.
25% de lapopulation se déclare musulmane et 65 % chrétienne, mais de façon globale 82 % ont des pratiques animistes traditionnelles.
Le concept d'ivoirité[modifier]
L'ivoirité est un concept visant à définir la nationalité ivoirienne dans un processus de démocratisation et d'unification nationale d’une société en manque d'imaginaire "globalement national". Il s'appuie sur des notions culturelles et vise àpromouvoir les cultures et productions nationales. Le concept d'ivoirité est apparu en 1945 à Dakar, avec des étudiants ivoiriens. Il réapparaît avec Henri Konan Bédié en 1994 dans un contexte de reprise économique.
L'ivoirité se manifeste par des appels à l'élan national via des spots publicitaires (radio, affichage public, télévision et journaux de presse) avec un slogan simple : "Consommonsivoirien" le message se veut clair et simple.
L'aspect politique[modifier]
Le mot est employé d'abord par le président Henri Konan Bédié en 1993. Il en fait un usage plutôt libéral, en faisant un projet d'identité culturelle commune pour les 60 ethnies composant la Côte d'Ivoire, les nationaux ivoiriens comme les étrangers[réf. nécessaire] (qui représentent en 1998 le quart de la population[2]).Mais, repris par ses adversaires politiques, ce concept est bientôt imprégné d'idées nationalistes et xénophobes. Des campagnes de presse ont ainsi imposé ce concept, qui conduit notamment à l'élimination du candidat du nord de la Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara. Ce rejet de Ouattara est facilité par le contexte de "méfiance identitaire". À une différence ethnique, s'ajoute en effet une différencede religion : les Ivoiriens du nord, musulmans, sont soupçonnés d'être de mauvais Ivoiriens, et sont donc rejetés par les Ivoiriens du sud. Mais il aboutit à un sentiment d'exclusion des populations du nord, notamment les Malinkés dont les patronymes ont le plus facilement une consonance étrangère.
La Côte d'Ivoire est une population cosmopolite du point de vue culturel et ethnique : aurecensement de 1998, elle compte 26% d'étrangers[3].
Mais la mixité ne se fait pas uniquement entre nations mais aussi entre groupes ethniques et même entre religions. Très peu de familles à Abidjan, la capitale économique, sont entièrement d'une ethnie ou d'une religion.
Pourtant, une partie de la population est victime d’exclusion, et Alassane Ouattara comme Henri Konan Bédié sont censurés. Le PDCIcomme une large part du FPI y adhèrent[4]
Cette notion d'ivoirité est dénoncée par la FIDH comme étant à la base d'un « système xénophobe », qui dénonce également la loi sur la nationalité et la loi foncière, qui violent selon elle les droits civils, politiques, économiques et sociaux protégés par les pactes de l'ONU. Le problème foncier restant un problème de manque accru d'organisation qui mine...
Lire le document complet

Veuillez vous inscrire pour avoir accès au document.

Devenez membre d'Etudier

Inscrivez-vous
c'est gratuit !