« La démocratie protestataire » lilian mathieu

Pages: 9 (2012 mots) Publié le: 6 juin 2012
Note de Lecture

« La démocratie protestataire »
Lilian Mathieu



Quel est le rôle joué par les mouvements sociaux dans la vie démocratique française, et quel est leur poids ? Telle est la question que se pose Lilian Mathieu, directeur de recherche au CNRS et spécialiste de l'étude de la politique contestataire, dans cet ouvrage intitulé « La démocratie protestataire », paru aux Pressesde Sciences Po en septembre 2011. L'auteur n'effectue qu' une brève définition, en note de bas de page, de la notion de « mouvement social » retenu dans cet essai, à savoir « des entreprises collectives ([...]syndicales, associatives ou informelles) exprimant des revendications sous des formes protestataires, éventuellement conflictuelles, et à distance du jeu politique institutionnelle », avantd'entrer dans le vif du sujet. L'essai est fondé sur une étude des mouvements sociaux depuis 1995, année où le nombre de journées individuelles non travaillées connaît un pic important, notamment avec les grèves de décembre 1995, qui représente la naissance du mouvement social comme acteur politique indépendant.
L'auteur tente de définir la manière dont les mouvements sociaux participent au débatdémocratique, en analysant les liens entre ceux-ci et les instances officielles, partis et gouvernements successifs. Il part d'une mise en évidence de la reprise de la conflictualité sociale en France au cours des années 90, en insistant sur l'affaiblissement de certains outils de lutte dont la grève, avec une analyse de la perte d'emprise des syndicats sur la revendication sociale, tout enaffirmant que le « nouveau » est une illusion en matière de protestation sociale : l'innovation est définie comme une « routine », puisque la libération du militant, qui revendique un quant à soi et une opinion personnelle distincte de celle de la masse, ou l'informalité dans les schémas organisationnels militants, sont présentés comme des caractéristiques traditionnelles du militantisme,soigneusement camouflés en renouveau perpétuel pour attirer toujours plus de « clients », de préférence dans la jeunesse.
Ensuite, il effectue une analyse des techniques de légitimation des mouvements sociaux, entre légitimation intellectuelle et retentissement médiatique parfois néfaste, avec une présentation rapide des cas de radicalisation des mouvements (lorsque le mouvement social est assimilé à duterrorisme, notamment dans le cas de l'altermondialisme, il apparaît une répression importante).
Enfin, Lilian Mathieu revient sur la distance accrue depuis 1995 entre mouvements sociaux et partis politiques, avec la qualification de « décrochage », en mettant l'accent sur la notion de « clôture » apparue en 1995, en déclarant que depuis, « une défiance, voire une hostilité, des mouvements sociauxà l’égard de la politique des partis » est apparue, ce qu'il nuance avec l'étude des parcours des militants (notamment en présentant les cas de multi-engagement ou de transfert d'un type d'engagement « social » à un engagement institutionnel, ce dont on peut donner un exemple flagrant dans la question de la régulation des dérives sectaires, ou un certain nombre de membres de la missioninterministérielle chargée de la vigilance sur la question des sectes (MIVILUDES) sont issus des principales associations et mouvements de lutte contre les sectes). En utilisant les concepts de « carrière militante » ou « d’opportunités », l'auteur met en exergue la création d'un « débouché » dans les partis politiques pour les anciens leaders militants. Il critique également, dans ce chapitre, les thèses quilient l'arrivée des partis de gauche au pouvoir à la baisse de la conflictualité sociale dans les années 1980.
Le dernier chapitre, qui sert, en quelque sorte, de conclusion, analyse la place des mouvements sociaux dans un contexte politique donné, en mettant en avant la protestation publique comme « principe fondateur […] de la démocratie », les mouvements sociaux permettant aux individus,...
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