La représentation de la mort au xviii eme siècle, commentaire

3495 mots 14 pages
INTRODUCTION

La mort a-t-elle changé ? Cette question peut sembler à première vue surprenante, car quand on y réfléchit, la mort ne change jamais vraiment : quotidienne mais semblant toujours lointaine, aléatoire mais pourtant certaine, universelle mais toujours unique, Ionesco écrit dans Le roi se meurt (en 1962) « Chacun de nous est le premier à mourir ». Cependant ce qui change, ce sont les personnes qu’elle touche, les formes qu’elle prend, la place qu’elle tient dans la société et les représentations que nous nous en faisons, et c’est bien sûr la question de l’évolution de ces représentations que nous allons étudier aujourd’hui.
Or si aujourd’hui justement la mort est un sujet tabou (Philippe Ariès parle de « mort interdite »), cela n’a pas toujours été le cas, et il est admis qu’au Moyen-Âge, la mort au contraire était un phénomène tout à fait familier. Toutefois les mentalités n’évoluèrent pas brutalement et le passage d’une vision à l’autre se fit sur plusieurs siècles.
A travers ce corpus de textes, qui contient des extraits de mémoires (comme ceux du marquis d’Argens ou de Mme de Genlis), de romans (tels que Manon Lescaut de l’Abbé Prévost ou l’Ingénu de Voltaire), de correspondances ou de journaux personnels (comme celui d’Edmond Jean François Barbier), je vous propose donc d’observer quelles étaient les différentes représentations de la mort qui pouvaient cohabiter au siècle des Lumières afin de saisir le glissement qui s’est effectué progressivement de la mort familière à la mort rejetée.
Pour y répondre nous nous intéresserons dans un premier temps à la mort-spectacle ou mort baroque, qui est une sorte de réminiscence de cette familiarité avec la mort, notamment lors du grand cérémonial, qui est toujours public. Nous tracerons ensuite un tableau assez contrasté de la mort du juste comparée à celle de l’impie. Et pour terminer, nous constaterons à travers ces textes que le XVIIIe siècle a bien été le théâtre d’un glissement progressif d’une mort

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