La situation de quiproquo dans une pièce de théâtre vous semble-t-elle seulement un artifice de composition, ou présente-t-elle des intérêts, tant dans le texte à lire que lors de sa représentation ?

Pages: 11 (2663 mots) Publié le: 17 février 2012
Proposition de plan :
Introduction
I. Invraisemblance et facilités pour l’intrigue mais efficacité théâtrale
A. Le quiproquo, une facilité théâtrale
B. Un outil dramatique universellement utilisé
II. Intérêt psychologique et sociologique
A. Faire connaître les personnages
B. Dénoncer défauts et vices
C. Analyser les passions
III. Moyen d’insister sur la signification générale de l’oeuvreA. Au service des enjeux sociaux
B. Au service de l’ironie tragique
C. Le dénouement et l’accès au sens.
Conclusion

Devoir rédigé :
Au fil des siècles, le théâtre est devenu le siège d’invraisemblances qu’à force nous ne remarquons plus, et les conventions peu
crédibles sont devenues partie intégrante du genre. Tel personnage se parle à lui-même ; tel autre fait en aparté une remarquedont nul ne s’aperçoit en scène mais qu’entend parfaitement le spectateur le plus lointain. Ainsi du quiproquo ; quoi de plus
étrange que ce personnage que l’on prend pour un autre, que ces sentiments qui n’apparaissent qu’au bout de plusieurs
minutes et de plusieurs tirades, parfois même en vers ? On pourrait voir là simple facilité tout juste bonne à arranger l‘auteur
dans l’élaboration de sonintrigue, ou parfois à mettre en valeur le comédien qui se voit offrir des morceaux de bravoure. Si le
quiproquo peut avoir cette utilité, il est aussi des cas, chez les auteurs de talent, voire de génie, où il illustre des ambitions plus
nobles et plus importantes. Nous mettrons d’abord en valeur les aspects conventionnels, peu crédibles, voire invraisemblables
de ce procédé pourtantthéâtralement efficace. Nous nous demanderons ensuite si cette incohérence apparente ne permet pas
de mettre en valeur une cohérence plus profonde, qui est celle de l’oeuvre d’art, et enfin nous analyserons les différents apports
du quiproquo.
On peut d’abord critiquer l’invraisemblance et l’aspect artificiel du quiproquo mais sa force n’en reste pas moins incontournable.
Dans la vie courante, on ne vapas prendre un homme pour un autre ; au cas improbable où l’erreur se produit, elle ne dure
jamais longtemps. Une telle situation apparaît particulièrement déplacée à notre époque : dans un monde où chacun se trouve
doté d’un statut social établi, de papiers, ce jeu sur les identités peut sembler d‘un autre temps. On peut aussi réduire le
quiproquo à une simple commodité, comme chez Feydeau etplus généralement dans le vaudeville. Le principe de ce théâtre
est fort simple, puisqu’il s’agit d’organiser la rencontre de deux personnages pour la seule raison qu’ils ne doivent pas se
rencontrer : le mari et l‘amant, le personnage en fuite et celui qui le poursuit. On comprend que dans un tel cadre le quiproquo
présente de véritables possibilités pour enrichir l‘intrigue et créer dessituations amusantes. Il ne s’agirait que d’arranger le
dramaturge en lui procurant des effets, comiques faciles et des commodités qui l’arrangent en faisant bon marché de la
vraisemblance, voire de l’honnêteté artistique.
Toutefois ce ressort n’est pas uniquement une facilité pour auteurs en manque d’inspiration mais un outil dramatique
universellement utilisé par tous les dramaturges. Le grandMolière lui-même ne dédaigne pas se servir de ce niveau
élémentaire du quiproquo : il n’est pas seulement auteur dramatique, mais aussi acteur, et il sait à quel point importe l’agrément
du public : “Je voudrais bien savoir si la grande règle de toutes les règles n’est pas de plaire” écrit-il dans la Critique de l’École
des Femmes. Et pour plaire il ne faut pas toujours s’embarrasser descrupules. Dans Amphitryon, on voit ainsi Mercure obligé
de prendre la forme de Sosie ; comme cette apparence peu glorieuse l’ennuie, voire l’agace, il s’amuse à provoquer le héros
éponyme où à irriter Cléanthis, l’épouse de Sosie. L’intérêt psychologique de ces deux scènes est fort réduit ; mais dans les
deux cas on a une scène qui ne vise qu’à divertir le public, au milieu d’aspects plus sérieux...
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