Le cinéma iranien

Pages: 19 (4502 mots) Publié le: 13 novembre 2012
Le Cinéma en Iran : une force active?
























Santi Doumen
Master 1Histoire et Civilisations Comparées



Dans une Interview de Kimiai donnée à la revue Adineh en hiver 1986, le réalisateur iranien propose : " Si dans les oeuvres artistiques des peuples du tiers-monde il existe une violence contagieuse, si elles sont saturées d'exaspérations artistiques, nous devons en rechercher les raisons dans la duretédes conditions de vie de leur société, dans la réaction de l'artiste de ces pays du tiers monde face à cette souricière qui à chaque instant pourrait se refermer et trancher la moelle épinière de l'artiste". D'emblée, dans un pays qui continuellement se (re)construit, qui inlassablement est soumis aux interdictions et à la censure gouvernementale, le cinéma a une place toute particulière, un espacede liberté que l'on se constitue à rebours des restrictions.
Ne nous y trompons pas, le cinéma en Iran a pénétré assez tôt dans le pays, vainqueur des obstacles théoriques ( faut-il rappeler que l' Islam interdit toute représentation ? ), il est introduit par le roi Mozaffar od-Din-shah en 1900, cinquième souverain de la dynastie Qajdar, après un voyage à Paris lors de l'ExpositionUniverselle. On peut parler d'une tradition cinématographique dans l'ancienne Perse ou du moins, d'un attachement profond et populaire au cinéma. Cela ne doit en rien nous faire oublier le rapport étroit, presque intrinsèque entre l'Histoire et les « images », entre les bouleversements et les ruptures en Iran et l'évolution de son paysage cinématographique. En effet, depuis sa naissance ce cinéma entretientd'étranges liens avec le pouvoir, longtemps il ne resta qu'un jouet privé entre les mains du shah avant de s'atteler à la tâche périlleuse de reconstruire l'identité d'une société en lui offrant une image de référence faite, souvent de manière détournée et oblique, de questionnements et de suggestions. Ceci fait dire à quelqu'un comme Godard qu'il n'y a pas de « cinéma iranien », comprenons icique bon nombre de films ont été produits avec le soutien financier de pays étrangers – la France ou l'Italie par exemple – et que ces films ne sont souvent même pas vus en Iran ou qu'ils parviennent dans des versions « tronquées ». Sans entrer dans un débat sémantique et sans affirmer qu'il existe un bloc de films parfaitement homogènes, nous pouvons toutefois parler d'un phénomène qui est, lui,bien réel.
Gardant en fil d'ariane les liens entre Histoire et images, nous allons essayer de comprendre en quoi le « cinéma iranien » s'apparente à un agent à la fois actif et passif de l'Histoire au coeur de la société iranienne. Actif car il modifie indéniablement les perceptions, car il confronte sans cesse les iraniens à leur propre image, à leur identité « en construction », passifensuite de notre point de vue occidental d'abord pour sa nature quasi documentaire sur un pays encore mal connu. Il est aussi indubitablement soumis aux évolutions politiques du pays, car l'artiste – le réalisateur ici – « subit » l'Histoire de sa société qui, à tout moment, peut «  lui trancher la moelle épinière ». Pour ce faire, il nous est apparu nécessaire de structurer ce dossier par un planchrono-thématique nous permettant de montrer cette rupture que constitue la Révolution de 1979. Ainsi, il s'agira d'étudier le cinéma pré-révolutionnaire en premier lieu, largement marqué par le cinéma « farsi » dont la piètre qualité artistique fût souvent relevée par les critiques. Nous nous intéresserons ensuite au cinéma d'après 1979 jusqu'à nos jours : des contributions et des restrictions...
Lire le document complet

Veuillez vous inscrire pour avoir accès au document.

Vous pouvez également trouver ces documents utiles

  • Cinéma iranien et censure
  • Bref historique du cinéma iranien
  • La révolution iranienne
  • Revolution iranienne
  • Nucléaire iranien
  • La révolution iranienne
  • La jeunesse iranienne
  • La révolution iranienne

Devenez membre d'Etudier

Inscrivez-vous
c'est gratuit !