Le discours de la servitude volontaire de la boétie

Pages: 6 (1405 mots) Publié le: 15 mars 2011
Le Discours de la servitude volontaire est un ouvrage rédigé en 1549 par Étienne de La Boétie à l'âge de 18 ans.
Ce texte est en un court réquisitoire contre l'absolutisme.
L’absolutisme est un type de régime politique dans lequel le détenteur d'une puissance détient tous les pouvoirs et gouverne sans aucun contrôle. C’est le « pouvoir absolu ».
De La Boétie pose la question de la légitimitéde toute autorité sur une population. Il essaye d'analyser les raisons de la soumission de celle-ci, le rapport entre la domination et la servitude.
Il recherchait une explication à l’étonnant et tragique succès que connaissent les tyrannies de son époque, dans un pays où le poids du pouvoir monarchique se renforce.
S’écartant de la voie traditionnelle, La Boétie porte son attention non pas surles tyrans mais sur les sujets privés de leur liberté.
Et il pose une question troublante : comment peut-il se faire que « tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent ? ».
L’originalité de la thèse de La Boétie est contenue tout entière dans l’association paradoxale des termes « servitude » et« volontaire ». Il établit ainsi un modèle de la servitude, des causes de son apparition à celles de son maintien qu’il s’agit d’établir ici.
La Boétie a élaboré une réflexion très originale pour son époque. La virulence du texte (même si cela est atténué par l’emploi d’exemples uniquement tirés de l’Antiquité afin de protéger son auteur), le peu d’occurrence à Dieu dans sa réflexion sur lepouvoir, la notion de désobéissance civile, sont des problématiques qui ne seront reprises que bien après.

Comment un homme arrive-t-il à dominer un peuple ?
* Le Malencontre : origine de la dénaturation
La Boétie découvre que la société où le peuple veut servir le tyran est historique et que quelque chose a dû nécessairement se passer, pour que les hommes tombent de la liberté dans la servitude: «… quel malencontre a été cela, qui a pu tant dénaturer l'homme, seul né de vrai pour vivre franchement [librement] ; et lui faire perdre la souvenance de son premier être, et le désir de le reprendre ? »
Le Malencontre est un accident tragique dont les effets ne cessent de s'amplifier au point que s'abolit la mémoire de l'avant, au point que l'amour de la servitude s'est substitué au désir deliberté. La société est divisée entre ceux qui commandent et ceux qui obéissent.
Cette chute de la société dans la servitude volontaire est contraire à l’état de nature : « Ce qu’il y a de clair et d’évident pour tous, et que personne ne saurait nier, c’est que la nature, premier agent de Dieu, (…) nous a tous créés et coulés, en quelque sorte au même moule, pour nous montrer que nous sommestous égaux, ou plutôt frères. »
L’état de nature voudrait que les sociétés soient « égalitaires », personne ne pourrait détenir le pouvoir. Donc le contraire de la servitude que connaissent les peuples.
La première cause de la servitude est donc l'oubli de la liberté, et la coutume de vivre dans une société hiérarchisée où règne la domination des uns sur les autres. "La première raison de laservitude volontaire, c'est l'habitude"; "la première raison pour laquelle les hommes servent volontairement, c'est qu'ils naissent serfs et qu'ils sont élevés dans la servitude".
* La liberté délaissée
C’est bien le peuple qui délaisse la liberté, et non pas le tyran qui la lui prend. En effet, comment expliquer que les hommes non seulement se résignent à la soumission mais, bien plus, servent avecleur plein consentement ? Ainsi certains hommes seraient même prêts à perdre leur vie pour le tyran. Seule la servitude de l’homme permet au tyran de rester au pouvoir, l’obéissance est un préalable à la violence.
Face à l’individu qui s’est soumis, La Boétie refuse d’opposer les bons princes aux mauvais tyrans. Qu'importe en effet que le prince soit d'un naturel aimable ou cruel : n'est-il pas,...
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