Le taoisme dans les romans de francois cheng

Pages: 23 (5529 mots) Publié le: 1 février 2011
Le taoïsme dans les romans de François Cheng

Tao Hanwei

English Abstract
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This study aims to analyze the way Taoism appears in the novels of François Cheng, Le dit de Tianye and L’Éternité n’est pas de trop, as their major theme. A writer from China, Cheng uses French as his language of creation. As a well-known Frenchwriter, he owes nevertheless his inspiration to his native culture. He emphasizes Taoism in particular, to which he refers constantly in his novels where such fundamental Taoist conceptions as return, dialogue, and metamorphosis play a crucial role in the development of their plots. They are thus characterized by Taoist esthetics. On another level, this esthetics reminds one of the biography of Chenghimself as an artist in exile who has lived these great Taoist themes of return, dialogue, and metamorphosis.
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Introduction : la voix, le passé et l’écriture
Le passé n’est jamais vraiment passé. Il ne peut l’être non plus. François Cheng est l’un des écrivains obsédés par le passé, l’un des écrivains en mesure de leressusciter. Dans Le dialogue, il révèle, pour la première fois, à ses lecteurs quelques épisodes de son passé personnel avec une nuance autobiographique. D’origine chinoise, il entreprend d’abord ses études d’anglais à l’Université de Nankin, puis, bénéficiant d’une bourse, décide de faire ses études en France (Cheng, Le dialogue, 26-27). Là, selon lui, c’est le commencement “[d’]un demi-siècle detâtonnements, de perditions, de relèvements, de fulgurantes joies mêlées de larmes, d’indicibles ravissements toujours sur fond d’inquiétude, de tremblements. . .” (28). Cette cinquantaine d’années d’une existence aigre-douce est, en un certain sens, due aux bouleversements suscités par le changement de régime dans son pays natal et aux perturbations ultérieures radicales, causées par les campagnesde persécutions que lance sans cesse le gouvernement communiste de Chine. Vers 1957, l’idée de mener une vie exilée lui vient à l’esprit et peu après, il en fait le choix (29-30).
Le premier défi auquel doit faire face François Cheng en tant qu’exilé, c’est celui de vivre, d’exister dans le pays d’adoption dont il ignore la langue. Comme il l’affirme, “à un humble niveau existentiel, l’exilééprouve la douleur de tous ceux qui sont privés de langage, et se rend compte combien le langage confère la « légitimité d’être »” (29). Cette idée poignante se trouve dans son premier roman : Le dit de Tianyi, seulement cette fois-ci, son expression est dévolue à Tianyi :

À Paris, j’éprouvais pour la première fois mon étrangeté, accentuée encore par mon statut d’étranger. . . .Il y avait, en travers de mon corps, la conscience d’un manque autrement plus radical, un manque, disons, de légitimité d’être. . . . Pire qu’exclu, je me sentais séparé. Séparé des autres, séparé de soi, séparé de tout. Je suis venu ici pour apprendre la peinture. J’affronte un métier qui ne s’apprend pas : exister. (Le dit de Tianyi, 212-213)

Ce qui rend d’ailleurs plus aiguë ladouleur de l’homme exilé, c’est “la nostalgie du passé” (Le dialogue, 28). Il est “déchiré entre [celle-ci] et la dure condition du présent, il expérimente une souffrance plus « muette », plus humiliante, qui le tenaille” (28). Ce passé, dont les tourbillons nostalgiques le tourmentent, ne peut être rien d’autre que l’ensemble de ce qu’il a vécu en Chine en tant qu’ individu et de ce dont il a héritéen tant qu’intellectuel. Ce passé, tissé de son vécu et défini à la fois par le destin d’un vieux pays en décadence qu’est sa patrie, sa terre natale, et par la culture qui y a fleuri, est, à vrai dire, ce à quoi il s’attache, ce pour quoi il souffre. Ce passé — peut-être — plus il serait beau, plus il ferait mal. Ce passé, toutefois, soit sur le plan personnel, soit sur le plan national et...
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