Politique de population et developpement humain au maroc

16637 mots 67 pages
SAGMA0%C2:LIV001P-0:5563-QPolitiques de population et développement humain au Maroc : bilan des cinquante années passées
CERED
Haut Commissariat au Plan
Introduction ..................................................................................................................7
1. Politiques de population et développement humain : concepts, définitions et interrelations ...............................................................8
2. Évolution du développement humain au Maroc (1960-2003)
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Par milieu de résidence, les hommes et les femmes n’ont pas bénéficié de la même manière des efforts déployés par les pouvoirs publics en matière de scolarisation et de lutte contre l’analphabétisme. Ce sont les femmes rurales qui en souffrent le plus. Leur taux d’analphabétisme est de 83 % en 1998/99 (c’est le niveau enregistré par les hommes en 1960). Quant aux citadines, leur taux d’analphabétisme est de
45,5 % en 1998/99, contre 88 % en 1960. Cependant, malgré ces efforts et plus particulièrement les actions menées en faveur de la scolarisation des filles en général, et des filles rurales en particulier, il semble que l’écart entre les hommes et les femmes se soit légèrement élargi. Il n’était que de 18 points en 1960, il atteint près de 28 points en 1998/99. La structure par âges des analphabètes, montre que ce sont les anciennes générations qui en souffrent le plus et que ce phénomène ne cesse de diminuer chez les jeunes.
Par ailleurs, l’analyse de la situation à la veille du Plan 2000/2004, a permis de souligner la gravité des retards accumulés dans ce domaine, en raison des problèmes de non généralisation de la scolarisation et de l’effet limité des programmes d’alphabétisation. La stratégie retenue dans ce domaine, au cours de la pé- riode du Plan 2000-2004, s’est articulée autour des axes suivants :20
– l’amélioration de la rentabilité des programmes menés par des opérateurs publics, l’adoption d’un parte- nariat conventionnel avec les composantes de la société civile et la mise en place des mécanismes per- mettant de mener des actions diversifiées de formation dans les secteurs économiques productifs ;
– la mise en place de programmes fonctionnels issus des caractéristiques des populations cibles et répon- dant à leurs besoins, par la révision de la durée d’alphabétisation et la formation des formateurs ;
– l’organisation des campagnes de sensibilisation et la promotion d’activités génératrices de revenus pour rendre les programmes d’alphabétisation plus attrayants.
La mise en œuvre de cette stratégie a été matérialisée par le lancement de quatre programmes distincts avec la participation de tous les partenaires économiques et sociaux. L’évaluation de la situation montre que des efforts non négligeables ont été déployés mais les résultats obtenus demeurent en deçà des aspirations.
Ces efforts ont permis de porter le nombre de bénéficiaires des programmes de lutte contre l’analphabé- tisme et d’instruction des adultes de 123.529 bénéficiaires en 1997-98 à 720.000 en 2000-2003. L’aug- mentation des effectifs des bénéficiaires a été accompagnée d’une amélioration des critères de rentabilité des programmes. L’étude du bilan des programmes, au titre de l’année 2002, donne un taux de participation des femmes très important, s’élevant à 80 % contre 70 % en 2001 et 55 % en moyenne durant les années antérieures. Le taux de participation des femmes rurales a atteint 88 %, contre 50 % durant les dernières années. 3.3.2. La scolarisation
Depuis l’indépendance, la scolarisation au Maroc a connu un développement non négligeable. Dès 1963, une loi a été promulguée instituant l’obligation de la scolarisation. La réalisation d’un tel objectif a été réaffir- mée, à chaque occasion, par les gouvernements successifs depuis cette date. Ainsi, d’importantes réformes structurelles et pédagogiques ont conduit à l’élaboration d’un nouveau système éducatif national dont les principes et les objectifs fondamentaux ont été définis au lendemain de l’indépendance. Les efforts déployés ont rendu possible la réalisation de progrès considérables dans l’amélioration de la rétention, l’unification du système, la marocanisation de ses cadres et l’arabisation de ses contenus.
Durant les années 60, la priorité a été accordée aux équipements et à la mise en place d’un enseignement public moderne. La décennie 70 a porté sur la nécessité de procéder à des réformes fondamentales pour cor- riger les lacunes, les déséquilibres et les dysfonctionnements qui entravent la réalisation des objectifs impli- cites ou explicites du système éducatif. Les années 80 ont été marquées par la mise en œuvre du programme d’ajustement structurel, ce qui a perturbé la réforme de 1985. La fin de la décennie 90 a connu l’adoption de la charte de l’éducation et de la formation considérée comme un document fondamental pour la rénovation du système éducatif et son adaptation aux contraintes et aux défis du développement du pays.
A cet égard, il ressort de l’examen de l’évolution du système d’éducation et de formation, sur la période
1955-2004, que l’idée de la réforme était une constante. La réforme a connu des ébauches et des tentatives dans les années 60. Les plans de développement ont accordé une place importante à ces transformations.
Cependant, certaines mesures prises répondaient plus à la pression du court terme et constituaient une stra- tégie d’ajustement aux circonstances, sanctionnant une réalité de fait et non l’application d’une vision à long terme. Par ailleurs, même si la construction d’un système éducatif moderne capable de relever les défis du déve- loppement constituait une préoccupation majeure de l’ensemble des partenaires économiques, politiques et sociaux, on n’a pas relevé une perception précise des contours et des profils de l’appareil éducatif à instituer.
On restait ainsi, longtemps attaché aux quatre principes de généralisation, unification, arabisation et maroca-21
1. Signalons que, contrairement à d’autres sources courantes, les données issues des enquêtes auprès des ménages, telle que l’Enquête
Nationale sur l’Emploi, offrent à la fois la population âgée de 6 à 11 ans qui fréquente réellement l’école primaire et la population totale en âge de scolarité. Ces données sont indispensables pour l’estimation du taux de scolarisation dans l’enseignement primaire.
2. D’après les résultats du deuxième trimestre, de l’année 2004, de l’Enquête Nationale sur l’Emploi auprès de 12 000 ménages, réalisée par le Haut Commissariat au Plan.
3. Selon les données du Ministère de l’Education Nationale qui se fondent d’une part sur les effectifs des élèves âgés de 6 à 11 ans enregis- trés, dans l’enseignement primaire, au début de l’année scolaire 2003-04 et d’autre part sur les projections des effectifs de la population totale âgée de 6 à 11 ans, ce taux serait de l’ordre de 92,3 % en 2003-2004. nisation, autour desquels se faisait un semblant de consensus sans pouvoir les dépasser. C’est ainsi que l’examen de l’évolution du secteur fait ressortir la persistance de certaines préoccupations dans ce domaine.
En effet, le constat majeur qui se dégage de l’analyse du système éducatif, entre 1955 et 2004, montre la persistance de six problèmes importants : la généralisation de la scolarisation, le niveau encore élevé de l’analphabétisme, la qualité de l’enseignement, le rendement interne, les disparités spatiales, les dys- fonctionnements entre la formation et l’emploi et la qualification de la main d’œuvre.
A. Enseignement primaire et secondaire
L’examen de l’évolution des effectifs scolarisés montre que le nombre d’élèves inscrits dans l’enseigne- ment primaire a été multiplié par 12 entre 1955/56 et 2003/2004, passant de 336.514 à 4.070.177 élèves.
Malgré cet accroissement du nombre d’élèves, la généralisation de l’enseignement primaire n’est toujours pas réalisée. Le taux de scolarisation est passé d’environ 38 % en 1959-60 à 87 % 1 en 2003/2004 2 (98 % en milieu urbain et 76 % en milieu rural) 3, comme il ressort du tableau suivant :
Tableau 2. Évolution du taux de scolarisation dans l’enseignement primaire
1959-60 1981-82 1993-94 1999-2000 2002-03 2003-04
Taux de scolarisation dans l’enseignementprimaire ( %)
38* 53,5** 62,2** 77,0*** 86,0*** 87,0***
(*) Pour les enfants âgés de 6 à 14 ans ; (**) Pour les enfants âgés de 8 à 13 ans ; (***) Pour les enfants âgés de 6 à 11 ans.
Sources : – Ministère de l’Éducation Nationale pour l’année 1959-60 d’après le rapport intitulé « Mouvement éducatif au Maroc », Rapport présenté à la 23e Conférence Internationale de l’Instruction Publique, 6-15 juillet 1960, Bureau International d’Éducation, Genève. – Haut
Commissariat au Plan, à partir de 1981 d’après le rapport des indicateurs sociaux de 1996, pour les années 1981-82 et 1993-94 et les
Enquêtes Nationales sur l’Emploi à partir de 1999-99.
Au niveau de l’enseignement secondaire, l’effectif scolarisé a été multiplié par 91 fois, passant de 19.349 à
1.764.640 élèves. Le niveau de scolarisation demeure encore faible en 2003/2004, malgré les efforts déployés pour l’élargissement de la couverture des différentes régions en établissements secondaires.
L’évaluation de l’évolution du secteur de l’enseignement primaire et secondaire, de l’indépendance à la fin de la décennie 90, fait ressortir que les performances ne sont pas à la hauteur de l’effort consenti par les pou- voirs publics. Sans pour autant se poser la question sur la qualité de l’enseignement, une proportion impor- tante d’enfants en âge de scolarisation n’est pas scolarisée. Des disparités entre milieux, entre régions, entre filles et garçons, quoique s’atténuant, persistent. Le système scolaire est caractérisé par des taux de déper- dition élevés et le suivi du cheminement d’une cohorte de la première année du primaire au baccalauréat reflète la faible rétention qui caractérise le secteur. Pour remédier à cette situation, les pouvoirs publics ont l’élaboré, en 1999, une charte visant à poser les bases d’un nouveau système focalisé sur l’objectif de la qua- lité et de la transformation profonde. Les options retenues consistent à :22
– généraliser l’enseignement obligatoire à courte échéance en rapprochant l’école de ceux qui la fré- quentent et en dispensant une instruction de qualité ;
– créer un système intégré et doté de passerelles entre les différents niveaux et filières depuis l’enseigne- ment collégial jusqu’à l’enseignement supérieur ;
– renforcer l’enseignement de la langue arabe et diversifier les langues étrangères pour l’enseignement des sciences et des technologies ;
– développer la formation continue, en vue de la doter d’un cadre juridique qui l’organise et qui définit son champ d’intervention et ses moyens de financement ;
– mobiliser le corps enseignant pour mener à bien sa fonction éducative ;
– structurer et consolider les rapports entre l’État et ses partenaires dans ce secteur ;
– instaurer une déconcentration et une décentralisation dans le fonctionnement et l’organisation du sys- tème éducatif ;
– développer des critères de qualité, des mécanismes d’ajustement et des instances d’évaluation afin de donner aux réformes une pertinence et une continuité.
Plusieurs problématiques, souvent débattues depuis un demi siècle, furent discutées et leurs solutions envisagées dans cette charte : langues d’enseignement, place de la langue amazigh, gratuité de certains cycles d’enseignement, décentralisation de la gestion et de la décision, instances de concertation ou de consultation, élargissement des domaines de partenariat. Bien qu’il soit prématuré de faire une évaluation de cette charte, du fait que les résultats des réformes de ce type ne se ressentiront qu’après au moins une dizaine d’années, force est de constater que les quatre premières années de sa mise en œuvre ont enregis- tré des avancées non négligeables. Ces avancées portent en premier lieu sur le renforcement du volet insti- tutionnel et réglementaire qui régit le secteur, notamment les lois relatives à l’obligation scolaire, la promotion de l’enseignement préscolaire, la création des académies régionales d’éducation et de formation et le statut du secteur privé de l’enseignement et de la formation.
Cependant, les objectifs de généralisation de la scolarisation aux enfants âgés de six ans en septembre
2002 et de l’enseignement préscolaire prévu en 2004, n’ont pas été atteints. De plus, l’amélioration quantita- tive s’est faite au détriment de la qualité et reflète l’effort indispensable à déployer dans ce domaine. Aussi, faut-il le préciser, la mise en œuvre des recommandations de la charte demeure encore handicapée par les problèmes de coordination, de financement et de faible participation du secteur privé et de la société civile à l’effort de scolarisation.
B. L’enseignement supérieur
L’enseignement supérieur est situé en aval du système éducatif. Il subit la pression des effectifs scolari- sés, notamment ceux inscrits dans l’enseignement secondaire. Depuis l’indépendance, ce secteur a connu un développement important aussi bien au niveau quantitatif qu’au niveau de ses priorités et de ses struc- tures. Il dispose d’une place importante dans la société au regard de sa contribution dans l’épanouissement du progrès économique, social et culturel. Mais malgré les efforts déployés par les pouvoirs publics, ce sec- teur est marqué, depuis le début de la décennie 80, par l’existence d’une situation de crise : structures non adaptées, manque de moyens, absence ou manque de clarté dans les stratégies et les politiques mises en œuvre. L’adoption de la charte de l’éducation et de la formation en 1999 laisse présager un nouvel élan d’adaptation du secteur à son environnement économique et social et de répondre aux défis de la mondiali- sation et de la société du savoir.
Par ailleurs, l’analyse des données statistiques montre que le Maroc a connu une évolution considérable au niveau de l’enseignement supérieur. L’effectif inscrit en 2002/2003 a été multiplié par 164 par rapport à23
1955/56, passant de 1.800 à 308.385 étudiants pendant la même période. De même, l’élément féminin qui ne dépassait pas 7 % en 1960 atteint 45 % actuellement. Cette expansion est en forte corrélation avec l’effectif des bacheliers dont le nombre a été multiplié par environ 60 entre 1961 et 2003, passant de 1.579 à
89.409. La presque totalité des bacheliers s’oriente vers l’université. C’est aussi le caractère spontané et inorganisé de cette expansion qui doit être souligné et qui se matérialise par la part importante des effectifs inscrits dans les domaines d’études de Lettres et de Droit. Les écoles de formation de cadres soumises à une sélection à l’accès représentent 4 à 5 % des étudiants du supérieur, ce qui leur assure une formation plus adaptée et une insertion professionnelle relativement plus aisée. Quant à l’enseignement privé, bien qu’encouragé par les pouvoirs publics, il demeure concentré à Casablanca et à Rabat et axé dans sa majorité sur les formations de gestion économique, de commerce et de marketing.
La demande d’enseignement supérieur s’est tellement intensifiée, amenant l’institution à répondre en priorité aux flux des étudiants plus qu’à la nécessité de parfaire sa construction dans les domaines scienti- fiques, technologiques ou pédagogiques. Sans être professionnalisées, les études sont restées cantonnées dans un cursus sans changements notables.
C’est ainsi que les principaux problèmes qui affectent le secteur peuvent se résumer comme suit :
1. l’écart important entre l’effectif des étudiants et les ressources humaines et matérielles disponibles ;
2. l’inadéquation de la formation avec les besoins du développement économique et le marché du travail ;
3. la faiblesse de l’efficacité interne des formations académiques, particulièrement au niveau du premier cycle, engendre l’augmentation de la durée théorique de préparation d’un diplôme;
4. l’insuffisance de la coordination entre les différentes composantes du système d’éducation et de for- mation ;
5. l’inexistence de passerelles susceptibles d’aider l’étudiant à se réorienter au besoin vers d’autres for- mations ;
6. l’absence d’une culture d’évaluation dans le système universitaire (évaluation des programmes et des établissements) ;
7. le déficit important du fonds documentaire par rapport aux normes internationales en raison de l’insuffi- sance des crédits alloués au secteur.
La mise en œuvre des recommandations de la charte nationale d’éducation et de formation marque une véritable étape de résolution des problèmes de l’enseignement supérieur. Ces recommandations consistent, entre autres, à :
– regrouper et coordonner, au maximum, et au niveau de chaque région, les différentes composantes des dispositifs d’enseignement post-baccalauréat, actuellement dispersées ;
– optimiser les infrastructures et les ressources d’encadrement disponibles ;
– établir des liens organiques, des troncs communs, des passerelles et des possibilités de réorientation à tout moment, entre la formation pédagogique, la formation technique et professionnelle supérieure et les formations universitaires ;
– harmoniser et simplifier la multitude actuelle d’instituts, de cycles et de diplômes dans le cadre d’un sys- tème universitaire à la fois intégré, interdisciplinaire et offrant des options aussi variées que l’exige la dynamique de spécialisation scientifique et professionnelle.
Ainsi, la refonte de l’enseignement supérieur prend en compte la nécessité de restructurer les cycles uni- versitaires, en rapport avec l’intégration des structures à vocation générale ou académique et profes- sionnelle, et ce sur la base d’ententes entre les universités et les différentes institutions supérieures24 spécialisées de formation des cadres. L’évaluation de l’impact de la mise en œuvre de cette charte semble être prématurée, dans la mesure où la réforme a débuté effectivement durant l’année universitaire 2003/
2004.
C. La formation professionnelle
Depuis l’indépendance, l’évolution du système de la formation professionnelle subit les effets de plusieurs contraintes : celles du développement quantitatif et qualitatif du système éducatif dans son ensemble, celles de l’état de l’économie nationale et de l’emploi en général, et enfin celles des structures internes liées au fonctionnement propre à cette formation. Située à l’articulation de la formation et de l’emploi, la formation professionnelle participe, d’une façon effective, à la modernisation de la vie économique et sociale du pays et à la mise en valeur de ses potentialités matérielles.
Avant la réforme de 1984, ce système a été caractérisé par une instabilité de ses structures : enseigne- ment technique et professionnel intégrés au système d’enseignement général, dégagement de ce dernier de la majorité des filières de cette formation à partir de 1970, développement de départements formateurs sous la tutelle de divers ministères, création de l’Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du
Travail (OFPPT) en 1974, etc.
Jusqu’à la fin des années soixante-dix, le système de formation professionnelle continue à présenter des insuffisances multiples (dualité, sinon émiettement de la formation selon les départements formateurs), alors que le marché de l’emploi souffre de déséquilibres dans les taux d’encadrement avec une déficience mani- feste en agents de maîtrise. Durant les années quatre vingt, l’urgence manifeste pour satisfaire les besoins sociaux en main d’œuvre qualifiée suggère aux pouvoirs publics une expansion du système éducatif dans le sens d’une formation opérationnelle. Dans un monde où la demande d’éducation s’exprime de plus en plus en termes de qualifications et de compétences reconnues par le marché du travail, l’enseignement technico- professionnel apparaît comme une composante stratégique des politiques éducatives.
C’est dans ce contexte que s’est imposée la réforme du système de formation professionnelle. Inscrite parmi les objectifs du Plan 1981/85, elle fut initiée en 1984 et se donne comme principaux objectifs la coordi- nation des hiérarchies de qualification, l’augmentation de la capacité d’accueil des établissements, la réduc- tion des coûts unitaires d’investissement et de fonctionnement et l’adéquation de la formation avec le monde du travail. La réforme ainsi adoptée tente de pallier à la situation de déficit en qualifications par dif- férentes mesures, notamment la structuration des niveaux de formation (spécialisation, qualification, tech- nicien, puis technicien spécialisé), la création d’une administration pour gérer le secteur, la création d’organes de concertation et de coordination entre les instances de formation et les opérateurs économiques (commis- sion nationale de la formation professionnelle, commissions provinciales et conseils de perfectionnement), le renforcement du rôle de l’OFPPT comme pôle principal des différents types de formation. De plus, l’encou- ragement de la formation professionnelle privée et son organisation ont été de plus en plus affirmés. La spé- cificité de l’ensemble du système ne cesse de s’affirmer, accentuant son autonomie par rapport aux formations générales, pendant que les instances internationales de financement la placent parmi les priorités du système d’enseignement-formation. Elles suggèrent, comme les autres agences de coopération bilaté- rale, une préférence pour une professionnalisation de la formation, concrétisée par le développement des
Instituts de Technologie Appliquée et les formations par alternance.
Depuis la mise en œuvre de la réforme de 1984, le secteur de la formation professionnelle a connu un développement considérable qui s’est traduit par :
– la restructuration du système de formation professionnelle en quatre niveaux, débouchant sur la forma- tion d’ouvriers spécialisés, d’ouvriers qualifiés, de techniciens et de techniciens spécialisés ; 25
– l’institution de nouveaux modes de formation (formation alternée, formation par apprentissage, forma- tion contractuelle) visant, en particulier, l’implication des milieux professionnels dans le processus de formation ;
– la diversification des filières de formation couvrant les principaux secteurs économiques et sociaux ;
– l’accroissement des effectifs des stagiaires en formation et des diplômés.
Cette évolution a été caractérisée par une participation accrue du secteur privé de formation profes- sionnelle dont les effectifs de stagiaires dépassent 40 % des effectifs globaux de la formation profes- sionnelle. Cependant, en dépit de sa promotion indéniable, ce secteur était, à la veille du Plan 2000/2004, loin de répondre à tous les besoins socio-économiques du pays et connaissait encore des difficultés qui portaient sur les volets suivants :
– les instruments permettant de structurer les marchés de l’emploi et de la formation, notamment les référentiels d’emploi, de compétences et de formation font encore défaut ;
– le dispositif de formation professionnelle en milieu rural demeure faible ;
– Malgré son expansion continue en termes de nombre d’établissements ouverts et d’effectifs des ins- crits, la formation professionnelle dispensée par le secteur privé souffre de défaillances au niveau des infrastructures, des équipements, des programmes et en particulier au niveau de l’encadrement tech- nique et pédagogique ;
– la lenteur en matière d’application du principe de l’autonomie des établissements de formation, qui a été engagée depuis 1986, et n’a pas encore atteint le niveau souhaité par les pouvoirs publics ;
– dans certaines régions et certains secteurs, le système de formation professionnelle est confiné dans la logique de l’offre de formation au lieu de répondre à la demande des entreprises ;
– manque ou insuffisance de la formation dans certains secteurs, notamment pour les niveaux qualifica- tion et technicien spécialisés ;
– le système d’orientation du système éducatif vers le niveau qualification, permet de couvrir à peine
20 % des places disponibles même si la demande existante est trois plus importante que la capacité offerte. La mise en œuvre de la charte de l’éducation et de la formation a donné un nouvel élan au secteur matéria- lisé par l’évolution sensible des effectifs en formation, aussi bien initiale que continue, et des lauréats de la formation. Cette évolution a été marquée par un taux d’insertion différencié des lauréats par niveau de forma- tion. Quatre années après la mise en œuvre de la charte de l’éducation et de la formation, l’examen des effectifs de la formation professionnelle par niveau de formation révèle que les effectifs dans les niveaux technicien et technicien spécialisé connaissent un accroissement, relativement important, par rapport aux niveaux spécialisation et qualification. Le secteur connaît aussi un développement sensible de la formation en cours d’emploi, particulièrement à travers les contrats spéciaux de formation dont l’effectif des bénéfi- ciaires a été estimé, en 2001, à 217.500 salariés contre seulement 82.900 salariés en 1996/97. Toutefois, au niveau de la formation initiale, malgré le grand effort accompli sur le plan de l’accroissement de la capacité d’accueil et des effectifs, les taux d’orientation des flux du système éducatif vers la formation profes- sionnelle restent limités et fort éloignés de ceux fixés par la réforme de 1985.
Au niveau de l’insertion des lauréats de la formation professionnelle dans le marché de l’emploi, dont le nombre a atteint 81.000 en 2002 contre 40808 en 1991, le taux d’insertion a été estimé pour la promotion de
2000 à 54,2 %, et 15,1 % des lauréats bénéficient d’un stage, enregistrant une légère augmentation par rap- port aux trois autres promotions. Cependant, ce taux n’est pas uniforme selon le niveau de formation et fait26
1. Les enquêtes nationales sur l’emploi réalisées annuellement par le Haut Commissariat au Plan ont commencé en 1976 et ont touché uni- quement le milieu urbain. Il faut attendre 1998 pour que cette opération concerne aussi le milieu rural. ressortir la faible sensibilisation des employeurs à la valeur ajoutée attachée à des ressources humaines mieux qualifiées dans l’entreprise. En effet, le taux d’insertion des lauréats de la formation professionnelle a atteint 57,5 % au niveau spécialisation contre 49,4 % pour le niveau technicien et 57,9 % pour les tech- niciens spécialisés.
De l’examen de la question de l’éducation et de la formation durant les cinquante dernières années, force est de constater que les efforts déployés dans ce domaine sont louables. Cependant, ils demeurent en deçà des aspirations, surtout que le classement du Maroc dans le rapport mondial sur le développement humain se dégrade en raison des problèmes de sous scolarisation et d’analphabétisme qui affectent toujours le pays.
L’amélioration de l’indicateur de développement humain demeure tributaire de la politique menée en matière de lutte contre l’analphabétisme et de la généralisation de la scolarisation.
3.4. L’emploi et le chômage
Au Maroc, la question de l’emploi a toujours fait l’objet d’un large débat national, l’élevant ainsi à un niveau de grande priorité nationale et mobilisant pour cela, tous les acteurs économiques et sociaux. C’est ainsi que les années soixante ont été marquées notamment par la pénurie d’une main d’œuvre qualifiée et le sous emploi. Pendant cette période, la migration des marocains à l’étranger en quête d’emploi, absorbait une part importante de la main d’œuvre marocaine disponible. Le taux de chômage ne dépassait pas les 10 %. À cette époque, en vue de coordonner et de mettre en œuvre la réalisation de plein emploi des populations rurales et promouvoir la mise en valeur du territoire national, la Promotion Nationale avait été créée.
Au cours de la décennie 70, les résultats de la première enquête sur l’emploi en milieu urbain réalisée en
1976 1 ont pu ainsi mettre en évidence le caractère urbain du chômage et de l’adéquation entre la formation et l’emploi. C’est ainsi que le Plan 1981/85 a retenu, parmi ses principales orientations, le principe de l’inté- gration de l’éducation, de la formation et de l’emploi, ainsi que l’accélération du rythme de croissance écono- mique et des investissements, ce qui devait se traduire par une accentuation du rythme de création d’emplois, pour faire face à la demande en hausse de la main d’œuvre et résorber le chômage.
Cependant, suite à la sécheresse qui a frappé le Maroc au début des années 1980 et ses conséquences négatives sur la production agricole, au ralentissement de la croissance économique, à l’aggravation du défi- cit budgétaire, et tout cela conjugué à une conjoncture économique internationale défavorable, l’État s’est vu contraint dès sa deuxième année à abandonner le Plan 1983-85 au profit du Programme d’Ajustement Struc- turel mis en œuvre à partir de 1983. Mais ce Programme, qui visait à rétablir les équilibres macro- économiques du pays, a eu, quant à lui des répercussions négatives sur les secteurs sociaux à travers d’une part la réduction des investissements publics dans ce domaine et d’autre part à travers la baisse des créa- tions des postes d’emploi dans la fonction publique. C’est ainsi que le taux de chômage s’est aggravé, en particulier en milieu urbain, passant de 12,3 % en 1982 à 16,3 % en 1989.
Ainsi dans le but d’absorber les déficits sociaux aggravés par le PAS, mais également pour faire face à une population active galopante et à l’aggravation du chômage, des mesures et des réformes ont été proposées lors du Plan d’Orientation 1988/92. En matière d’emploi, ces réformes ont concerné la promotion de l’emploi par le biais d’une politique visant à encourager particulièrement les jeunes diplômés à s’orienter vers la for- mation professionnelle et à soutenir les jeunes promoteurs. Cependant, malgré les politiques mises en œuvre, le marché de l’emploi n’arrivait pas à répondre à la demande croissante d’une main d’œuvre nom-27 breuse et particulièrement parmi les diplômés. Comme il a été confirmé par les résultats du RGPH de 1994 et les enquêtes sur l’emploi, le chômage des jeunes diplômés ne cessait de s’accentuer et la durée moyenne du chômage d’augmenter, principalement dans les villes.
Cette situation a amené les pouvoirs publics à concevoir une stratégie cohérente de développement dans les domaines économiques, sociaux et culturels pour la promotion de l’emploi. Les Assises Nationales de l’Emploi, organisées en 1998, ont permis ainsi de proposer une stratégie de promotion de l’emploi dont les principales composantes ont été incluses dans le Plan 2000-2004. Cette stratégie a été fondée sur l’encou- ragement de la création d’entreprises et le développement du partenariat régional pour la promotion de l’emploi. Ces éléments constituaient un support essentiel pour la concrétisation de la stratégie globale d’emploi qui s’articulait autour de l’adéquation entre l’offre et la demande et l’intensification de la formation insertion. Ainsi, des réformes et des mesures ont été prises. Elles concernent plusieurs domaines et visent à amélio- rer l’efficacité et le rendement des programmes qui ont été arrêtés pour promouvoir l’emploi, particulière- ment des jeunes diplômés, et améliorer la gestion du marché du travail. Parmi ces mesures on peut citer le
Programme « action-emploi » dont bénéficient les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur et les chô- meurs de longue durée (un an et plus), le Programme de création de pépinières d’entreprises qui vise à résoudre le problème de l’indisponibilité des locaux qui entrave la réalisation des projets des jeunes promo- teurs, l’encouragement des entreprises à l’embauche de jeunes par une exonération partielle au titre des charges sociales dues à la CNSS pour les salaires versés aux jeunes nouvellement employés par ces entre- prises, la création de zones d’activités économiques dans le cadre de la réalisation d’infrastructures locales génératrices d’emplois, la création de l’agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences, l’adoption d’un nouveau code du travail qui ouvre des perspectives fort importantes aux travailleurs et travail- leuses et aux investisseurs.
Ceci étant, une analyse des statistiques sur l’emploi durant la dernière décennie permet de constater que malgré les politiques et les réformes prises pour répondre aux questions relatives à l’emploi, le marché du travail souffre toujours de fortes distorsions entre l’offre et la demande de main d’œuvre. En dépit d’une légère baisse durant les cinq dernières années, le chômage se maintient à un niveau relativement élevé.
Selon le Haut Commissariat au Plan, le taux de chômage atteint 11,9 % la population active en 2003 (19,3 % en milieu urbain contre 3,4 % en milieu rural). Selon le sexe, les citadines continuent de ressentir le chômage d’une façon plus aiguë que les citadins et plus particulièrement parmi les diplômés.
Cette persistance du chômage et particulièrement dans les villes résulterait de plusieurs facteurs tels que la croissance démographique qui a entraîné une forte augmentation de la classe d’âges 15-59 ans, représen- tant aujourd’hui près de 62 % de la population totale, traduisant ainsi une forte pression sur le marché de l’emploi ; l’exode rural, dû, entre autres, à la sécheresse et à l’attrait de la ville vu le développement limité du milieu rural ; le système éducatif et la pression des sortants sur le marché de l’emploi, en plus des distorsions dues à l’inadéquation de certaines filières avec les besoins de l’économie nationale ; le cadre institutionnel et réglementaire qui régit le marché de travail, ainsi que les cadres macroéconomiques et incitatifs qui animent la politique générale du pays. En conséquence, une approche, à la fois globale, multisectorielle et spatiale, mais aussi cohérente et intégrée est nécessaire pour contenir ce problème combien influant sur le déve- loppement humain de notre société.
3.5. Le niveau de vie des ménages
Le niveau de vie d’un ménage se définit comme la dépense totale par personne, c’est à dire comme le rap- port entre le total des dépenses du ménage et un coefficient appelé échelle d’équivalence, assimilé ici à la28
1. Ceci n’exclut en aucun cas l’importance de la connaissance des revenus des ménages en termes de niveau, sources et répartition sociale.
2. L’exploitation de ces enquêtes, en ce qui concerne les aspects de niveau de vie traités dans ce document, a été assurée par Mohammed
Douidich, Responsable de l’Observatoire des Conditions de Vie des Ménages du HCP.
3. Haut Commissariat au Plan (2004), Données de l’Enquête nationale sur la consommation et les dépenses des ménages 2000/2001.
4. Comme l’évolution des dépenses est le résultat de l’évolution simultanée des quantités et des prix, le recours est fait à l’expression des dépenses en dirham constant, en les actualisant par l’indice du coût de la vie. taille du ménage exprimée en nombre de ses membres. Face à la fluctuation des revenus et à leur vulnérabi- lité aux sous déclarations, la dépense par personne constitue, de part sa fiabilité, sa stabilité dans le temps et sa disponibilité, l’agrégat le plus adéquat à l’analyse de la tendance des niveaux de vie au Maroc 1.
Dans cette section, il s’agit de montrer que les améliorations enregistrées en matière de dépenses de consommation et de pauvreté monétaire au cours de la période 1959-2001 se sont accompagnées d’une amélioration du cadre de vie et de l’environnement socio-économique des ménages, représentée par l’accès à la propriété des logements, la diffusion des éléments de confort et des biens durables et la jouissance des équipements sociaux essentiels comme les réseaux d’eau, d’électrification et d’assainissement. Ces aspects du niveau de vie, qui constituent l’une des composantes essentiels de développement humain, sont approchés à travers les enquêtes sur le niveau de vie des ménages ou les enquêtes sur la consommation et les dépenses des ménages 2.
3.5.1. Les dépenses des ménages et la pauvreté
En 2001 3, la dépense annuelle moyenne par personne s’est établie à 8 280 dirhams au niveau national, soit
10 642 dirhams en milieu urbain et 5 288 dhs en milieu rural. Exprimées par ménage et par an, les dépenses totales sont de 49 333 dhs à l’échelle nationale, 58 900 dhs dans les villes et de 33 994 dhs dans le monde rural. Le tableau 3 présente la progression de la dépense annuelle moyenne par personne en dirham constant 4. De 1959 à 2001, cette progression s’est effectuée à un taux annuel moyen de 1,9 % à l’échelle nationale, 1,8 % en milieu urbain et de 1,2 % en milieu rural. La comparaison des niveaux de dépenses en dirham constant en 1959 et 2001 montre que le pouvoir d’achat des ménages marocains a doublé dans les zones urbaines et a été multiplié par 1,6 fois dans les zones rurales.
Par ailleurs, en utilisant l’approche pondérée, on constate que le taux de pauvreté relative a diminué de
53,4 % en 1959/60 à 23,5 % en 1984/85 et à 13,7 % en 2001. Parallèlement à cette évolution, l’incidence de la pauvreté absolue a baissé de 43,2 % en 1959/60 à 16,0 % en 1984/85 et à 7,7 % en 2000/01. Ce recul de l’incidence de la pauvreté est plus significatif dans les zones urbaines que dans les zones rurales. Alors que dans les premières, la pauvreté relative a été réduite de 13,7 % en 1984/85 à 6,3 % en 2000/01 et la pau- vreté absolue respectivement de 8,3 % à 2,9 %, dans les secondes et durant la même période, la pauvreté relative a baissé de 30,9 % à 23,1 % et la pauvreté absolue de 21,9 % à 13,8 %.
En 2000/01, bien qu’il ne représente que 44,1 % de l’ensemble de la population, l’espace rural renferme
74,5 % de la population pauvre du Royaume. Cette dimension rurale de la pauvreté est reflétée par l’écart entre les taux de pauvreté relative urbaine et rurale. Défini par le rapport des taux de pauvreté, cet écart tend à se creuser en s’élevant de 2,3 fois en 1984/85 à 3,7 fois en 2000/01 pour la pauvreté relative et respective- ment de 2,6 à 4,8 fois pour la pauvreté absolue.29
1. De 1959 à 2001, la proportion de ménages ruraux locataires de leur logement de résidence, s’est fixée à moins 3 % : près de 2 % en 1959,
1,3 % en 1971, 2,6 % en 1982, 2,5 % en 1994 et 1,1 % en 2001.
2. Pour plus de précisions sur les programmes de logement et de relogement, réalisés ou envisagés, se référer à : Haut Commissariat au
Plan, Commission supérieure de la population, Rapport national sur la politique de population, 2001, p. 167.
Tableau 3 : Évolution de la dépense annuelle moyenne par habitant en DH constant et du taux de pauvreté relative, Maroc (1960-2001)
Année Dépense annuelle moyenne par habitant en dh Taux de pauvreté relative* en %
Urbain Rural Total Urbain Rural Total
1959/60 5139 3284 3812 39,4 58,4 53,4
1970/71 8974 4278 5884 28,4 49,8 42,3
1984/85 9463 4837 6876 13,7 30,9 23,5
1998/99 10463 5206 8047 10,5 25,2 17,3
2001 10642 5288 8280 6,3 23,1 13,7
* Selon l’approche pondérée.
Sources : Enquêtes de la Direction de la Statistique (département du Plan) réalisées aux dates indiquées.
3.5.2. Environnement socio-économique des ménages : logement, biens durables et
équipements
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3.3.2. La scolarisation
Depuis l’indépendance, la scolarisation au Maroc a connu un développement non négligeable. Dès 1963, une loi a été promulguée instituant l’obligation de la scolarisation. La réalisation d’un tel objectif a été réaffir- mée, à chaque occasion, par les gouvernements successifs depuis cette date. Ainsi, d’importantes réformes structurelles et pédagogiques ont conduit à l’élaboration d’un nouveau système éducatif national dont les principes et les objectifs fondamentaux ont été définis au lendemain de l’indépendance. Les efforts déployés ont rendu possible la réalisation de progrès considérables dans l’amélioration de la rétention, l’unification du système, la marocanisation de ses cadres et l’arabisation de ses contenus.
Durant les années 60, la priorité a été accordée aux équipements et à la mise en place d’un enseignement public moderne. La décennie 70 a porté sur la nécessité de procéder à des réformes fondamentales pour cor- riger les lacunes, les déséquilibres et les dysfonctionnements qui entravent la réalisation des objectifs impli- cites ou explicites du système éducatif. Les années 80 ont été marquées par la mise en œuvre du programme d’ajustement structurel, ce qui a perturbé la réforme de 1985. La fin de la décennie 90 a connu l’adoption de la charte de l’éducation et de la formation considérée comme un document fondamental pour la rénovation du système éducatif et son adaptation aux contraintes et aux défis du développement du pays.
A cet égard, il ressort de l’examen de l’évolution du système d’éducation et de formation, sur la période
1955-2004, que l’idée de la réforme était une constante. La réforme a connu des ébauches et des tentatives dans les années 60. Les plans de développement ont accordé une place importante à ces transformations.
Cependant, certaines mesures prises répondaient plus à la pression du court terme et constituaient une stra- tégie d’ajustement aux circonstances, sanctionnant une réalité de fait et non l’application d’une vision à long terme. Par ailleurs, même si la construction d’un système éducatif moderne capable de relever les défis du déve- loppement constituait une préoccupation majeure de l’ensemble des partenaires économiques, politiques et sociaux, on n’a pas relevé une perception précise des contours et des profils de l’appareil éducatif à instituer.
On restait ainsi, longtemps attaché aux quatre principes de généralisation, unification, arabisation et maroca-21
1. Signalons que, contrairement à d’autres sources courantes, les données issues des enquêtes auprès des ménages, telle que l’Enquête
Nationale sur l’Emploi, offrent à la fois la population âgée de 6 à 11 ans qui fréquente réellement l’école primaire et la population totale en âge de scolarité. Ces données sont indispensables pour l’estimation du taux de scolarisation dans l’enseignement primaire.
2. D’après les résultats du deuxième trimestre, de l’année 2004, de l’Enquête Nationale sur l’Emploi auprès de 12 000 ménages, réalisée par le Haut Commissariat au Plan.
3. Selon les données du Ministère de l’Education Nationale qui se fondent d’une part sur les effectifs des élèves âgés de 6 à 11 ans enregis- trés, dans l’enseignement primaire, au début de l’année scolaire 2003-04 et d’autre part sur les projections des effectifs de la population totale âgée de 6 à 11 ans, ce taux serait de l’ordre de 92,3 % en 2003-2004. nisation, autour desquels se faisait un semblant de consensus sans pouvoir les dépasser. C’est ainsi que l’examen de l’évolution du secteur fait ressortir la persistance de certaines préoccupations dans ce domaine.
En effet, le constat majeur qui se dégage de l’analyse du système éducatif, entre 1955 et 2004, montre la persistance de six problèmes importants : la généralisation de la scolarisation, le niveau encore élevé de l’analphabétisme, la qualité de l’enseignement, le rendement interne, les disparités spatiales, les dys- fonctionnements entre la formation et l’emploi et la qualification de la main d’œuvre.
A. Enseignement primaire et secondaire
L’examen de l’évolution des effectifs scolarisés montre que le nombre d’élèves inscrits dans l’enseigne- ment primaire a été multiplié par 12 entre 1955/56 et 2003/2004, passant de 336.514 à 4.070.177 élèves.
Malgré cet accroissement du nombre d’élèves, la généralisation de l’enseignement primaire n’est toujours pas réalisée. Le taux de scolarisation est passé d’environ 38 % en 1959-60 à 87 % 1 en 2003/2004 2 (98 % en milieu urbain et 76 % en milieu rural) 3, comme il ressort du tableau suivant :
Tableau 2. Évolution du taux de scolarisation dans l’enseignement primaire
1959-60 1981-82 1993-94 1999-2000 2002-03 2003-04
Taux de scolarisation dans l’enseignementprimaire ( %)
38* 53,5** 62,2** 77,0*** 86,0*** 87,0***
(*) Pour les enfants âgés de 6 à 14 ans ; (**) Pour les enfants âgés de 8 à 13 ans ; (***) Pour les enfants âgés de 6 à 11 ans.
Sources : – Ministère de l’Éducation Nationale pour l’année 1959-60 d’après le rapport intitulé « Mouvement éducatif au Maroc », Rapport présenté à la 23e Conférence Internationale de l’Instruction Publique, 6-15 juillet 1960, Bureau International d’Éducation, Genève. – Haut
Commissariat au Plan, à partir de 1981 d’après le rapport des indicateurs sociaux de 1996, pour les années 1981-82 et 1993-94 et les
Enquêtes Nationales sur l’Emploi à partir de 1999-99.
Au niveau de l’enseignement secondaire, l’effectif scolarisé a été multiplié par 91 fois, passant de 19.349 à
1.764.640 élèves. Le niveau de scolarisation demeure encore faible en 2003/2004, malgré les efforts déployés pour l’élargissement de la couverture des différentes régions en établissements secondaires.
L’évaluation de l’évolution du secteur de l’enseignement primaire et secondaire, de l’indépendance à la fin de la décennie 90, fait ressortir que les performances ne sont pas à la hauteur de l’effort consenti par les pou- voirs publics. Sans pour autant se poser la question sur la qualité de l’enseignement, une proportion impor- tante d’enfants en âge de scolarisation n’est pas scolarisée. Des disparités entre milieux, entre régions, entre filles et garçons, quoique s’atténuant, persistent. Le système scolaire est caractérisé par des taux de déper- dition élevés et le suivi du cheminement d’une cohorte de la première année du primaire au baccalauréat reflète la faible rétention qui caractérise le secteur. Pour remédier à cette situation, les pouvoirs publics ont l’élaboré, en 1999, une charte visant à poser les bases d’un nouveau système focalisé sur l’objectif de la qua- lité et de la transformation profonde. Les options retenues consistent à :22
– généraliser l’enseignement obligatoire à courte échéance en rapprochant l’école de ceux qui la fré- quentent et en dispensant une instruction de qualité ;
– créer un système intégré et doté de passerelles entre les différents niveaux et filières depuis l’enseigne- ment collégial jusqu’à l’enseignement supérieur ;
– renforcer l’enseignement de la langue arabe et diversifier les langues étrangères pour l’enseignement des sciences et des technologies ;
– développer la formation continue, en vue de la doter d’un cadre juridique qui l’organise et qui définit son champ d’intervention et ses moyens de financement ;
– mobiliser le corps enseignant pour mener à bien sa fonction éducative ;
– structurer et consolider les rapports entre l’État et ses partenaires dans ce secteur ;
– instaurer une déconcentration et une décentralisation dans le fonctionnement et l’organisation du sys- tème éducatif ;
– développer des critères de qualité, des mécanismes d’ajustement et des instances d’évaluation afin de donner aux réformes une pertinence et une continuité.
Plusieurs problématiques, souvent débattues depuis un demi siècle, furent discutées et leurs solutions envisagées dans cette charte : langues d’enseignement, place de la langue amazigh, gratuité de certains cycles d’enseignement, décentralisation de la gestion et de la décision, instances de concertation ou de consultation, élargissement des domaines de partenariat. Bien qu’il soit prématuré de faire une évaluation de cette charte, du fait que les résultats des réformes de ce type ne se ressentiront qu’après au moins une dizaine d’années, force est de constater que les quatre premières années de sa mise en œuvre ont enregis- tré des avancées non négligeables. Ces avancées portent en premier lieu sur le renforcement du volet insti- tutionnel et réglementaire qui régit le secteur, notamment les lois relatives à l’obligation scolaire, la promotion de l’enseignement préscolaire, la création des académies régionales d’éducation et de formation et le statut du secteur privé de l’enseignement et de la formation.
Cependant, les objectifs de généralisation de la scolarisation aux enfants âgés de six ans en septembre
2002 et de l’enseignement préscolaire prévu en 2004, n’ont pas été atteints. De plus, l’amélioration quantita- tive s’est faite au détriment de la qualité et reflète l’effort indispensable à déployer dans ce domaine. Aussi, faut-il le préciser, la mise en œuvre des recommandations de la charte demeure encore handicapée par les problèmes de coordination, de financement et de faible participation du secteur privé et de la société civile à l’effort de scolarisation.
B. L’enseignement supérieur
L’enseignement supérieur est situé en aval du système éducatif. Il subit la pression des effectifs scolari- sés, notamment ceux inscrits dans l’enseignement secondaire. Depuis l’indépendance, ce secteur a connu un développement important aussi bien au niveau quantitatif qu’au niveau de ses priorités et de ses struc- tures. Il dispose d’une place importante dans la société au regard de sa contribution dans l’épanouissement du progrès économique, social et culturel. Mais malgré les efforts déployés par les pouvoirs publics, ce sec- teur est marqué, depuis le début de la décennie 80, par l’existence d’une situation de crise : structures non adaptées, manque de moyens, absence ou manque de clarté dans les stratégies et les politiques mises en œuvre. L’adoption de la charte de l’éducation et de la formation en 1999 laisse présager un nouvel élan d’adaptation du secteur à son environnement économique et social et de répondre aux défis de la mondiali- sation et de la société du savoir.
Par ailleurs, l’analyse des données statistiques montre que le Maroc a connu une évolution considérable au niveau de l’enseignement supérieur. L’effectif inscrit en 2002/2003 a été multiplié par 164 par rapport à23
1955/56, passant de 1.800 à 308.385 étudiants pendant la même période. De même, l’élément féminin qui ne dépassait pas 7 % en 1960 atteint 45 % actuellement. Cette expansion est en forte corrélation avec l’effectif des bacheliers dont le nombre a été multiplié par environ 60 entre 1961 et 2003, passant de 1.579 à
89.409. La presque totalité des bacheliers s’oriente vers l’université. C’est aussi le caractère spontané et inorganisé de cette expansion qui doit être souligné et qui se matérialise par la part importante des effectifs inscrits dans les domaines d’études de Lettres et de Droit. Les écoles de formation de cadres soumises à une sélection à l’accès représentent 4 à 5 % des étudiants du supérieur, ce qui leur assure une formation plus adaptée et une insertion professionnelle relativement plus aisée. Quant à l’enseignement privé, bien qu’encouragé par les pouvoirs publics, il demeure concentré à Casablanca et à Rabat et axé dans sa majorité sur les formations de gestion économique, de commerce et de marketing.
La demande d’enseignement supérieur s’est tellement intensifiée, amenant l’institution à répondre en priorité aux flux des étudiants plus qu’à la nécessité de parfaire sa construction dans les domaines scienti- fiques, technologiques ou pédagogiques. Sans être professionnalisées, les études sont restées cantonnées dans un cursus sans changements notables.
C’est ainsi que les principaux problèmes qui affectent le secteur peuvent se résumer comme suit :
1. l’écart important entre l’effectif des étudiants et les ressources humaines et matérielles disponibles ;
2. l’inadéquation de la formation avec les besoins du développement économique et le marché du travail ;
3. la faiblesse de l’efficacité interne des formations académiques, particulièrement au niveau du premier cycle, engendre l’augmentation de la durée théorique de préparation d’un diplôme;
4. l’insuffisance de la coordination entre les différentes composantes du système d’éducation et de for- mation ;
5. l’inexistence de passerelles susceptibles d’aider l’étudiant à se réorienter au besoin vers d’autres for- mations ;
6. l’absence d’une culture d’évaluation dans le système universitaire (évaluation des programmes et des établissements) ;
7. le déficit important du fonds documentaire par rapport aux normes internationales en raison de l’insuffi- sance des crédits alloués au secteur.
La mise en œuvre des recommandations de la charte nationale d’éducation et de formation marque une véritable étape de résolution des problèmes de l’enseignement supérieur. Ces recommandations consistent, entre autres, à :
– regrouper et coordonner, au maximum, et au niveau de chaque région, les différentes composantes des dispositifs d’enseignement post-baccalauréat, actuellement dispersées ;
– optimiser les infrastructures et les ressources d’encadrement disponibles ;
– établir des liens organiques, des troncs communs, des passerelles et des possibilités de réorientation à tout moment, entre la formation pédagogique, la formation technique et professionnelle supérieure et les formations universitaires ;
– harmoniser et simplifier la multitude actuelle d’instituts, de cycles et de diplômes dans le cadre d’un sys- tème universitaire à la fois intégré, interdisciplinaire et offrant des options aussi variées que l’exige la dynamique de spécialisation scientifique et professionnelle.
Ainsi, la refonte de l’enseignement supérieur prend en compte la nécessité de restructurer les cycles uni- versitaires, en rapport avec l’intégration des structures à vocation générale ou académique et profes- sionnelle, et ce sur la base d’ententes entre les universités et les différentes institutions supérieures24 spécialisées de formation des cadres. L’évaluation de l’impact de la mise en œuvre de cette charte semble être prématurée, dans la mesure où la réforme a débuté effectivement durant l’année universitaire 2003/
2004.
C. La formation professionnelle
Depuis l’indépendance, l’évolution du système de la formation professionnelle subit les effets de plusieurs contraintes : celles du développement quantitatif et qualitatif du système éducatif dans son ensemble, celles de l’état de l’économie nationale et de l’emploi en général, et enfin celles des structures internes liées au fonctionnement propre à cette formation. Située à l’articulation de la formation et de l’emploi, la formation professionnelle participe, d’une façon effective, à la modernisation de la vie économique et sociale du pays et à la mise en valeur de ses potentialités matérielles.
Avant la réforme de 1984, ce système a été caractérisé par une instabilité de ses structures : enseigne- ment technique et professionnel intégrés au système d’enseignement général, dégagement de ce dernier de la majorité des filières de cette formation à partir de 1970, développement de départements formateurs sous la tutelle de divers ministères, création de l’Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du
Travail (OFPPT) en 1974, etc.
Jusqu’à la fin des années soixante-dix, le système de formation professionnelle continue à présenter des insuffisances multiples (dualité, sinon émiettement de la formation selon les départements formateurs), alors que le marché de l’emploi souffre de déséquilibres dans les taux d’encadrement avec une déficience mani- feste en agents de maîtrise. Durant les années quatre vingt, l’urgence manifeste pour satisfaire les besoins sociaux en main d’œuvre qualifiée suggère aux pouvoirs publics une expansion du système éducatif dans le sens d’une formation opérationnelle. Dans un monde où la demande d’éducation s’exprime de plus en plus en termes de qualifications et de compétences reconnues par le marché du travail, l’enseignement technico- professionnel apparaît comme une composante stratégique des politiques éducatives.
C’est dans ce contexte que s’est imposée la réforme du système de formation professionnelle. Inscrite parmi les objectifs du Plan 1981/85, elle fut initiée en 1984 et se donne comme principaux objectifs la coordi- nation des hiérarchies de qualification, l’augmentation de la capacité d’accueil des établissements, la réduc- tion des coûts unitaires d’investissement et de fonctionnement et l’adéquation de la formation avec le monde du travail. La réforme ainsi adoptée tente de pallier à la situation de déficit en qualifications par dif- férentes mesures, notamment la structuration des niveaux de formation (spécialisation, qualification, tech- nicien, puis technicien spécialisé), la création d’une administration pour gérer le secteur, la création d’organes de concertation et de coordination entre les instances de formation et les opérateurs économiques (commis- sion nationale de la formation professionnelle, commissions provinciales et conseils de perfectionnement), le renforcement du rôle de l’OFPPT comme pôle principal des différents types de formation. De plus, l’encou- ragement de la formation professionnelle privée et son organisation ont été de plus en plus affirmés. La spé- cificité de l’ensemble du système ne cesse de s’affirmer, accentuant son autonomie par rapport aux formations générales, pendant que les instances internationales de financement la placent parmi les priorités du système d’enseignement-formation. Elles suggèrent, comme les autres agences de coopération bilaté- rale, une préférence pour une professionnalisation de la formation, concrétisée par le développement des
Instituts de Technologie Appliquée et les formations par alternance.
Depuis la mise en œuvre de la réforme de 1984, le secteur de la formation professionnelle a connu un développement considérable qui s’est traduit par :
– la restructuration du système de formation professionnelle en quatre niveaux, débouchant sur la forma- tion d’ouvriers spécialisés, d’ouvriers qualifiés, de techniciens et de techniciens spécialisés ; 25
– l’institution de nouveaux modes de formation (formation alternée, formation par apprentissage, forma- tion contractuelle) visant, en particulier, l’implication des milieux professionnels dans le processus de formation ;
– la diversification des filières de formation couvrant les principaux secteurs économiques et sociaux ;
– l’accroissement des effectifs des stagiaires en formation et des diplômés.
Cette évolution a été caractérisée par une participation accrue du secteur privé de formation profes- sionnelle dont les effectifs de stagiaires dépassent 40 % des effectifs globaux de la formation profes- sionnelle. Cependant, en dépit de sa promotion indéniable, ce secteur était, à la veille du Plan 2000/2004, loin de répondre à tous les besoins socio-économiques du pays et connaissait encore des difficultés qui portaient sur les volets suivants :
– les instruments permettant de structurer les marchés de l’emploi et de la formation, notamment les référentiels d’emploi, de compétences et de formation font encore défaut ;
– le dispositif de formation professionnelle en milieu rural demeure faible ;
– Malgré son expansion continue en termes de nombre d’établissements ouverts et d’effectifs des ins- crits, la formation professionnelle dispensée par le secteur privé souffre de défaillances au niveau des infrastructures, des équipements, des programmes et en particulier au niveau de l’encadrement tech- nique et pédagogique ;
– la lenteur en matière d’application du principe de l’autonomie des établissements de formation, qui a été engagée depuis 1986, et n’a pas encore atteint le niveau souhaité par les pouvoirs publics ;
– dans certaines régions et certains secteurs, le système de formation professionnelle est confiné dans la logique de l’offre de formation au lieu de répondre à la demande des entreprises ;
– manque ou insuffisance de la formation dans certains secteurs, notamment pour les niveaux qualifica- tion et technicien spécialisés ;
– le système d’orientation du système éducatif vers le niveau qualification, permet de couvrir à peine
20 % des places disponibles même si la demande existante est trois plus importante que la capacité offerte. La mise en œuvre de la charte de l’éducation et de la formation a donné un nouvel élan au secteur matéria- lisé par l’évolution sensible des effectifs en formation, aussi bien initiale que continue, et des lauréats de la formation. Cette évolution a été marquée par un taux d’insertion différencié des lauréats par niveau de forma- tion. Quatre années après la mise en œuvre de la charte de l’éducation et de la formation, l’examen des effectifs de la formation professionnelle par niveau de formation révèle que les effectifs dans les niveaux technicien et technicien spécialisé connaissent un accroissement, relativement important, par rapport aux niveaux spécialisation et qualification. Le secteur connaît aussi un développement sensible de la formation en cours d’emploi, particulièrement à travers les contrats spéciaux de formation dont l’effectif des bénéfi- ciaires a été estimé, en 2001, à 217.500 salariés contre seulement 82.900 salariés en 1996/97. Toutefois, au niveau de la formation initiale, malgré le grand effort accompli sur le plan de l’accroissement de la capacité d’accueil et des effectifs, les taux d’orientation des flux du système éducatif vers la formation profes- sionnelle restent limités et fort éloignés de ceux fixés par la réforme de 1985.
Au niveau de l’insertion des lauréats de la formation professionnelle dans le marché de l’emploi, dont le nombre a atteint 81.000 en 2002 contre 40808 en 1991, le taux d’insertion a été estimé pour la promotion de
2000 à 54,2 %, et 15,1 % des lauréats bénéficient d’un stage, enregistrant une légère augmentation par rap- port aux trois autres promotions. Cependant, ce taux n’est pas uniforme selon le niveau de formation et fait26
1. Les enquêtes nationales sur l’emploi réalisées annuellement par le Haut Commissariat au Plan ont commencé en 1976 et ont touché uni- quement le milieu urbain. Il faut attendre 1998 pour que cette opération concerne aussi le milieu rural. ressortir la faible sensibilisation des employeurs à la valeur ajoutée attachée à des ressources humaines mieux qualifiées dans l’entreprise. En effet, le taux d’insertion des lauréats de la formation professionnelle a atteint 57,5 % au niveau spécialisation contre 49,4 % pour le niveau technicien et 57,9 % pour les tech- niciens spécialisés.
De l’examen de la question de l’éducation et de la formation durant les cinquante dernières années, force est de constater que les efforts déployés dans ce domaine sont louables. Cependant, ils demeurent en deçà des aspirations, surtout que le classement du Maroc dans le rapport mondial sur le développement humain se dégrade en raison des problèmes de sous scolarisation et d’analphabétisme qui affectent toujours le pays.
L’amélioration de l’indicateur de développement humain demeure tributaire de la politique menée en matière de lutte contre l’analphabétisme et de la généralisation de la scolarisation.
3.4. L’emploi et le chômage
Au Maroc, la question de l’emploi a toujours fait l’objet d’un large débat national, l’élevant ainsi à un niveau de grande priorité nationale et mobilisant pour cela, tous les acteurs économiques et sociaux. C’est ainsi que les années soixante ont été marquées notamment par la pénurie d’une main d’œuvre qualifiée et le sous emploi. Pendant cette période, la migration des marocains à l’étranger en quête d’emploi, absorbait une part importante de la main d’œuvre marocaine disponible. Le taux de chômage ne dépassait pas les 10 %. À cette époque, en vue de coordonner et de mettre en œuvre la réalisation de plein emploi des populations rurales et promouvoir la mise en valeur du territoire national, la Promotion Nationale avait été créée.
Au cours de la décennie 70, les résultats de la première enquête sur l’emploi en milieu urbain réalisée en
1976 1 ont pu ainsi mettre en évidence le caractère urbain du chômage et de l’adéquation entre la formation et l’emploi. C’est ainsi que le Plan 1981/85 a retenu, parmi ses principales orientations, le principe de l’inté- gration de l’éducation, de la formation et de l’emploi, ainsi que l’accélération du rythme de croissance écono- mique et des investissements, ce qui devait se traduire par une accentuation du rythme de création d’emplois, pour faire face à la demande en hausse de la main d’œuvre et résorber le chômage.
Cependant, suite à la sécheresse qui a frappé le Maroc au début des années 1980 et ses conséquences négatives sur la production agricole, au ralentissement de la croissance économique, à l’aggravation du défi- cit budgétaire, et tout cela conjugué à une conjoncture économique internationale défavorable, l’État s’est vu contraint dès sa deuxième année à abandonner le Plan 1983-85 au profit du Programme d’Ajustement Struc- turel mis en œuvre à partir de 1983. Mais ce Programme, qui visait à rétablir les équilibres macro- économiques du pays, a eu, quant à lui des répercussions négatives sur les secteurs sociaux à travers d’une part la réduction des investissements publics dans ce domaine et d’autre part à travers la baisse des créa- tions des postes d’emploi dans la fonction publique. C’est ainsi que le taux de chômage s’est aggravé, en particulier en milieu urbain, passant de 12,3 % en 1982 à 16,3 % en 1989.
Ainsi dans le but d’absorber les déficits sociaux aggravés par le PAS, mais également pour faire face à une population active galopante et à l’aggravation du chômage, des mesures et des réformes ont été proposées lors du Plan d’Orientation 1988/92. En matière d’emploi, ces réformes ont concerné la promotion de l’emploi par le biais d’une politique visant à encourager particulièrement les jeunes diplômés à s’orienter vers la for- mation professionnelle et à soutenir les jeunes promoteurs. Cependant, malgré les politiques mises en œuvre, le marché de l’emploi n’arrivait pas à répondre à la demande croissante d’une main d’œuvre nom-27 breuse et particulièrement parmi les diplômés. Comme il a été confirmé par les résultats du RGPH de 1994 et les enquêtes sur l’emploi, le chômage des jeunes diplômés ne cessait de s’accentuer et la durée moyenne du chômage d’augmenter, principalement dans les villes.
Cette situation a amené les pouvoirs publics à concevoir une stratégie cohérente de développement dans les domaines économiques, sociaux et culturels pour la promotion de l’emploi. Les Assises Nationales de l’Emploi, organisées en 1998, ont permis ainsi de proposer une stratégie de promotion de l’emploi dont les principales composantes ont été incluses dans le Plan 2000-2004. Cette stratégie a été fondée sur l’encou- ragement de la création d’entreprises et le développement du partenariat régional pour la promotion de l’emploi. Ces éléments constituaient un support essentiel pour la concrétisation de la stratégie globale d’emploi qui s’articulait autour de l’adéquation entre l’offre et la demande et l’intensification de la formation insertion. Ainsi, des réformes et des mesures ont été prises. Elles concernent plusieurs domaines et visent à amélio- rer l’efficacité et le rendement des programmes qui ont été arrêtés pour promouvoir l’emploi, particulière- ment des jeunes diplômés, et améliorer la gestion du marché du travail. Parmi ces mesures on peut citer le
Programme « action-emploi » dont bénéficient les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur et les chô- meurs de longue durée (un an et plus), le Programme de création de pépinières d’entreprises qui vise à résoudre le problème de l’indisponibilité des locaux qui entrave la réalisation des projets des jeunes promo- teurs, l’encouragement des entreprises à l’embauche de jeunes par une exonération partielle au titre des charges sociales dues à la CNSS pour les salaires versés aux jeunes nouvellement employés par ces entre- prises, la création de zones d’activités économiques dans le cadre de la réalisation d’infrastructures locales génératrices d’emplois, la création de l’agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences, l’adoption d’un nouveau code du travail qui ouvre des perspectives fort importantes aux travailleurs et travail- leuses et aux investisseurs.
Ceci étant, une analyse des statistiques sur l’emploi durant la dernière décennie permet de constater que malgré les politiques et les réformes prises pour répondre aux questions relatives à l’emploi, le marché du travail souffre toujours de fortes distorsions entre l’offre et la demande de main d’œuvre. En dépit d’une légère baisse durant les cinq dernières années, le chômage se maintient à un niveau relativement élevé.
Selon le Haut Commissariat au Plan, le taux de chômage atteint 11,9 % la population active en 2003 (19,3 % en milieu urbain contre 3,4 % en milieu rural). Selon le sexe, les citadines continuent de ressentir le chômage d’une façon plus aiguë que les citadins et plus particulièrement parmi les diplômés.
Cette persistance du chômage et particulièrement dans les villes résulterait de plusieurs facteurs tels que la croissance démographique qui a entraîné une forte augmentation de la classe d’âges 15-59 ans, représen- tant aujourd’hui près de 62 % de la population totale, traduisant ainsi une forte pression sur le marché de l’emploi ; l’exode rural, dû, entre autres, à la sécheresse et à l’attrait de la ville vu le développement limité du milieu rural ; le système éducatif et la pression des sortants sur le marché de l’emploi, en plus des distorsions dues à l’inadéquation de certaines filières avec les besoins de l’économie nationale ; le cadre institutionnel et réglementaire qui régit le marché de travail, ainsi que les cadres macroéconomiques et incitatifs qui animent la politique générale du pays. En conséquence, une approche, à la fois globale, multisectorielle et spatiale, mais aussi cohérente et intégrée est nécessaire pour contenir ce problème combien influant sur le déve- loppement humain de notre société.
3.5. Le niveau de vie des ménages
Le niveau de vie d’un ménage se définit comme la dépense totale par personne, c’est à dire comme le rap- port entre le total des dépenses du ménage et un coefficient appelé échelle d’équivalence, assimilé ici à la28
1. Ceci n’exclut en aucun cas l’importance de la connaissance des revenus des ménages en termes de niveau, sources et répartition sociale.
2. L’exploitation de ces enquêtes, en ce qui concerne les aspects de niveau de vie traités dans ce document, a été assurée par Mohammed
Douidich, Responsable de l’Observatoire des Conditions de Vie des Ménages du HCP.
3. Haut Commissariat au Plan (2004), Données de l’Enquête nationale sur la consommation et les dépenses des ménages 2000/2001.
4. Comme l’évolution des dépenses est le résultat de l’évolution simultanée des quantités et des prix, le recours est fait à l’expression des dépenses en dirham constant, en les actualisant par l’indice du coût de la vie. taille du ménage exprimée en nombre de ses membres. Face à la fluctuation des revenus et à leur vulnérabi- lité aux sous déclarations, la dépense par personne constitue, de part sa fiabilité, sa stabilité dans le temps et sa disponibilité, l’agrégat le plus adéquat à l’analyse de la tendance des niveaux de vie au Maroc 1.
Dans cette section, il s’agit de montrer que les améliorations enregistrées en matière de dépenses de consommation et de pauvreté monétaire au cours de la période 1959-2001 se sont accompagnées d’une amélioration du cadre de vie et de l’environnement socio-économique des ménages, représentée par l’accès à la propriété des logements, la diffusion des éléments de confort et des biens durables et la jouissance des équipements sociaux essentiels comme les réseaux d’eau, d’électrification et d’assainissement. Ces aspects du niveau de vie, qui constituent l’une des composantes essentiels de développement humain, sont approchés à travers les enquêtes sur le niveau de vie des ménages ou les enquêtes sur la consommation et les dépenses des ménages 2.
3.5.1. Les dépenses des ménages et la pauvreté
En 2001 3, la dépense annuelle moyenne par personne s’est établie à 8 280 dirhams au niveau national, soit
10 642 dirhams en milieu urbain et 5 288 dhs en milieu rural. Exprimées par ménage et par an, les dépenses totales sont de 49 333 dhs à l’échelle nationale, 58 900 dhs dans les villes et de 33 994 dhs dans le monde rural. Le tableau 3 présente la progression de la dépense annuelle moyenne par personne en dirham constant 4. De 1959 à 2001, cette progression s’est effectuée à un taux annuel moyen de 1,9 % à l’échelle nationale, 1,8 % en milieu urbain et de 1,2 % en milieu rural. La comparaison des niveaux de dépenses en dirham constant en 1959 et 2001 montre que le pouvoir d’achat des ménages marocains a doublé dans les zones urbaines et a été multiplié par 1,6 fois dans les zones rurales.
Par ailleurs, en utilisant l’approche pondérée, on constate que le taux de pauvreté relative a diminué de
53,4 % en 1959/60 à 23,5 % en 1984/85 et à 13,7 % en 2001. Parallèlement à cette évolution, l’incidence de la pauvreté absolue a baissé de 43,2 % en 1959/60 à 16,0 % en 1984/85 et à 7,7 % en 2000/01. Ce recul de l’incidence de la pauvreté est plus significatif dans les zones urbaines que dans les zones rurales. Alors que dans les premières, la pauvreté relative a été réduite de 13,7 % en 1984/85 à 6,3 % en 2000/01 et la pau- vreté absolue respectivement de 8,3 % à 2,9 %, dans les secondes et durant la même période, la pauvreté relative a baissé de 30,9 % à 23,1 % et la pauvreté absolue de 21,9 % à 13,8 %.
En 2000/01, bien qu’il ne représente que 44,1 % de l’ensemble de la population, l’espace rural renferme
74,5 % de la population pauvre du Royaume. Cette dimension rurale de la pauvreté est reflétée par l’écart entre les taux de pauvreté relative urbaine et rurale. Défini par le rapport des taux de pauvreté, cet écart tend à se creuser en s’élevant de 2,3 fois en 1984/85 à 3,7 fois en 2000/01 pour la pauvreté relative et respective- ment de 2,6 à 4,8 fois pour la pauvreté absolue.29
1. De 1959 à 2001, la proportion de ménages ruraux locataires de leur logement de résidence, s’est fixée à moins 3 % : près de 2 % en 1959,
1,3 % en 1971, 2,6 % en 1982, 2,5 % en 1994 et 1,1 % en 2001.
2. Pour plus de précisions sur les programmes de logement et de relogement, réalisés ou envisagés, se référer à : Haut Commissariat au
Plan, Commission supérieure de la population, Rapport national sur la politique de population, 2001, p. 167.
Tableau 3 : Évolution de la dépense annuelle moyenne par habitant en DH constant et du taux de pauvreté relative, Maroc (1960-2001)
Année Dépense annuelle moyenne par habitant en dh Taux de pauvreté relative* en %
Urbain Rural Total Urbain Rural Total
1959/60 5139 3284 3812 39,4 58,4 53,4
1970/71 8974 4278 5884 28,4 49,8 42,3
1984/85 9463 4837 6876 13,7 30,9 23,5
1998/99 10463 5206 8047 10,5 25,2 17,3
2001 10642 5288 8280 6,3 23,1 13,7
* Selon l’approche pondérée.
Sources : Enquêtes de la Direction de la Statistique (département du Plan) réalisées aux dates indiquées.
3.5.2. Environnement socio-économique des ménages : logement, biens durables et équipements sociaux
A. Accession à la propriété des logements
En plus de son apport direct au patrimoine, à la solvabilité et à la sécurité sociale de l’unité familiale, la pro- priété d’un logement améliore à la fois la qualité de la consommation, en raison de l’absence des charges engendrées par le loyer, et les sources de revenu dans la mesure où les habitations sont souvent le siège de processus de production et d’activités économiques. Sachant que le modèle de ménage propriétaire occupant son propre logement demeure quasi-généralisé en milieu rural 1, la question de l’accession à la pro- priété des logements ne se pose qu’en milieu urbain.
Comme le montre la figure 4, la période 1960-80 s’est caractérisée par la stagnation de la proportion de ménages urbains propriétaires de leur logement à un taux moyen de près de 40 %. Du début des années
1980 au début des années 2001, cette proportion a entamé une hausse soutenue, passant de 40,9 % en
1982 à 61,5 en 2001. Inversement, le taux des ménages urbains locataires de leur logement a été réduit de
53,1 % en 1971 à 47,1 % en 1982, puis de 38,2 % en 1985 à 25,9 % en 2001. Ceci ne signifie pas qu’en
2001, les trois quart (3/4) des ménages en question sont propriétaires de leur logement. Le recul du statut de location des logements est attribuable à la fois à l’accès des ménages à la propriété de leur habitation, à la persistance des logements de fonction et à la solidarité familiale représentée par le statut d’occupation
« logé gratuitement ». Il résulte à la fois de l’attachement des unités familiales à la propriété de leur habita- tion et des programmes de logement et de relogement, récemment consolidés par les pouvoirs publics 2 et le secteur privé.30
1. Les groupes socio-économiques sont assimilés ici aux quintiles de dépenses annuelles par habitant. Le quintile 1 regroupe les 20 % les plus défavorisés de la population (dépense annuelle par habitant inférieure à 3542 DH), le quintile 2 regroupe les 20 % suivants (dépense entre
3542 et 5032 DH), le quintile 3 les 20 % suivants (dépense entre 5032 7046 DH), le quintile 4 les 20 % suivants (dépense entre 7046 et 10881
Figure 4 : Évolution de la proportion de ménages urbains propriétaires de leur logement
Figure 5 : La propriété des logements en milieu urbain selon les groupes socio-économiques
(classes de 1 à 5), Maroc 2001.
Cependant, la propriété du logement de résidence en milieu urbain est entravée par l’insuffisance des revenus des ménages modestes. La figure 5 montre que le taux de propriété des logements en 2001 se développe, en milieu urbain, à mesure que le niveau de vie s’élève et est plus élevé parmi les groupes socio- économiques 1 moyens en comparaison avec les tranches les plus défavorisées ou les plus aisées de la31
DH) et le quintile 5 qui représente les 20 % les plus aisées de la population (dépense par habitant et par an supérieure à 10881 DH). population. Ce taux s’élève de 56,9 % pour les 20 % les plus défavorisés des ménages à 63,5 % pour les
20 % suivants, et s’estompe progressivement, en se fixant à 60,8 % pour les 20 % les plus aisés.
B. L’accès des ménages aux biens durables
Indépendamment de la propriété du logement, les conditions de vie d’un ménage sont, entre autres, reflétées par les éléments de confort et les biens durables dont il dispose. L’équipement d’un logement en ces éléments et biens améliore le cadre de vie, en garantissant l’accessibilité aux produits audiovisuels, à l’information et à la conservation des produits alimentaires, et en allégeant les activités domestiques et ménagères. Les équipe- ments ménagers améliorant le cadre de vie des ménages ont tous connu une diffusion notable entre 1985 et
2001. Leur niveau de diffusion parmi les ménages est passé respectivement de 36,9 % à 81,2 % pour la télé- vision, de 18,2 % à 49,5 % pour les appareils réfrigérants et de 0,9 % à 10,1 % pour les lave-linge. D’autres équipements ont récemment connu d’importantes progressions. Il s’agit des antennes paraboliques (de 17,6 % en 1998 à 29,0 % en 2001) et des micro-ordinateurs (respectivement de 0,7 % à 1,4 %).
Figure 6 : Taux d’équipement des ménages en biens durables en 2001 selon le niveau socio-économique (les classes de 1 à 5)
La différenciation des équipements ménagers et des éléments de confort selon le niveau de vie montre que les groupes socio-économiques défavorisés sont les moins bénéficiaires d’un cadre de vie décent. En
2001, les 20 % les plus aisés de la population (classe de dépenses no 5 sur la figure 6) sont les mieux équipés en télévision (98,1 %), antenne – parabole (57,3 %), appareil réfrigérant (86,1 %), lave-linge (29,9 %) et en micro-ordinateur (4,8 %). Pour les 20 % les plus défavorisés (classe no 1 sur la figure 6), ces équipements ne sont diffusés qu’à raison de 49,5 %, 5,5 %, 9,2 %, 0,1 % et 0,0 %, respectivement.
C. L’accès des ménages aux équipements sociaux
La contribution de l’environnement socio-économique à l’amélioration des conditions de vie passe par la disponibilité et l’accessibilité des équipements sociaux de base dont notamment les réseaux d’eau potable,32
1. Il s’agit de l’assainissement liquide au sens large, basé non seulement sur le réseau d’égouts mais aussi sur les fosses septiques, les latrines, etc. d’électricité et d’assainissements solide et liquide. Faut-il rappeler que ces équipements sont indispen- sables à l’amélioration de l’état de santé et du cadre de vie, à la diffusion des biens durables et qu’ils sont incontournables pour toute émergence d’un développement local renforçant et diversifiant les opportunités de gains. Sur ce plan, l’on note que, de 1985 à 2001, l’accès des ménages aux équipements sociaux – consi- dérés intrants essentiels de l’amélioration des conditions de vie – a augmenté de 39,3 % à 70,3 % pour l’électricité et de 32,3 % à 52,7 % pour l’eau potable ; taux

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