Manon lescaut incipit

Pages: 5 (1050 mots) Publié le: 20 mars 2013
L’incipit constitue un passage obligé de tout texte narratif. Il sert à informer le lecteur, à le faire entrer dans l’univers mis en place par la fiction, aussi bien qu’il obéit à une stratégie mise en place par l’auteur pour retenir son lecteur et l’inciter à poursuivre le livre : c’est ce que l’on appelle, en termes savants, la « captatio benevolentiae ». Comment l’abbé Prévost cherche-t-il,dans son incipit à capter l’attention du lecteur ? La rencontre de l'homme de qualité avec Manon fait entrer le lecteur dans le vif du sujet et pose d’emblée la complexité de l’héroïne du roman.I. Un début in medias res
1. Une ville en émoi
C’est un début in medias res qui ne manque pas de présenter des avantages pour la narration. Nous découvrons une villeen émoi par le passage d’un convoi de prostituées, ses habitants dans une précipitation confuse, friands de nouveautés.
Plusieurs procédés accentuent l’aspect de confusion : Le lexique de l’agitation : « alarme », « tumulte », « confusion », « désordre ».
 des verbes d’action : « se précipitaient », « s’avançait », « se poussant », « venir », « conduis », « sortait », « entrez », « descendre », « entrai », « se tourner ».
 Le lexique de la curiosité signale une attitude concupiscente, voyeuriste, : « populace curieuse », «excite la curiosité de ces bonspaysans », « la curiosité me fit descendre ». On notera que dans ce dernier exemple « la curiosité » occupe la fonction sujet, ce qui fait ressortir l’emprise qu’elle exerce sur le narrateur gagné lui aussi par l’émoi ambiant et sans doute par les commentaires complètement opposés qu’on peut lui faire au sujet de ce convoi de prostituées. On lui dit que « ce n'est rien », puis on l’invite à «entre[r] et vo[ir] ». Dès lors, il décide de se frayer un chemin pour aller voir mais l’agitation est telle qu’il « entre avec peine, en perçant la foule ».
Le mouvement du texte, les encombrements successifs, les propos contradictoires donnent une scène très vivante et entretiennent le suspense. Le lecteur doit, à son tour, être désireux d’en savoir plus, d’autant que ce qu’il lit semble tout à faitplausible.

2. Une scène présentée de façon réaliste
Le réalisme s'impose dans cette scène. Les toponymes l’ancrent dans le réel. Il est question d’ « Evreux », de « Pacy », du « Havre de Grâce ». On note une attention constante au concret, aux détails comme l’état des chevaux « attelés », « fumant de fatigue et de chaleur », le « signe de la main » pour que l’archer vienne à Renoncour, lasortie de la vieille femme, le cheval laissé au palefrenier, les chaînes au milieu du corps. Les précisions concernent aussi les vêtements, le costume de l'archer, la « bandoulière » et le « mousquet », le linge de Manon, la « saleté de son linge ». Tout cela sent l'intention de peindre une de ces scènes vécues par les contemporains, celle de ces convois extraordinaires de déportés dont le Journal dela Régence de Buvat avait déjà donné une relation en 1720 en insistant sur les désordres causés par le passage de ces archers.
Les paroles au discours direct, évoquées plus haut, contribuent aussi à l’effet de réel. Ces deux appréciations spectaculairement antithétiques rappellent encore les scènes réellement vécues, les réactions contradictoires au sein de la foule. La réaction de la vieille...
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