Notion de la lèpre à travers la terminologie au cours du 2e millénaire

706 mots 3 pages
APPROCHE DE LA NOTION DE LEPRE ET DU LEPREUX A TRAVERS LATERMINOLOGIE AU COURS DU 2e MILLENAIRE Nicole Doche - Au xie siècle, au moment où l’Europe est confrontée plus particulièrement à la lèpre avec les Croisades, les lépreux sont désignés sous le nom de : Ladres dérivé de Lazare (Lazarus, Lazre, ladre). On fait référence à une parabole du Christ qui raconte que Lazare recouvert d’ulcères gisait devant la porte d’un riche qui festoyait. Lorsqu’il mourut, il fut enlevé au ciel où il reçut sa récompense. Le lépreux recouvert d’ulcères fut assimilé au Lazare de la parabole et fut considéré comme un « serviteur éprouvé mais récompensé ». - Aux xiie – xiiie siècle, on trouve pour désigner les lépreux la dénomination de : Crestias, Christias, Crestianus, Christians, qui signifient : Chrétiens. Le lépreux est donc le chrétien par excellence, le frère privilégié du Christ et des Chrétiens. Il est « béni de Dieu », ce qui n’empêche pas que l’on redoute sa maladie et qu’il est mis à l’écart. - Aux xve et xvie siècle par contre, le lépreux est traité (plus particulièrement dans le grand Sud-Ouest) de : Cagot, Capot, Agot, Cougot, termes péjoratifs. En effet, l’origine probable de ces noms est indo-européenne, comme cela a déjà été dit, Cac signifiant sale, laid. Cacot signifiait en celte : lépreux, ce terme péjoratif avait dû être refoulé sous la pression chrétienne, et réapparaît au xve siècle, et ces malheureux que le langage présentait naguère comme des frères du Christ souffrant, deviennent « des réprouvés revêtus de la cape à patte d’oie qui les signale à l’opprobre populaire ». - Aux xvie et xviie siècle, les personnes d’une certaine culture (avocats, légistes) emploient les termes de : Giezites, Gezites, Gezitains, toujours avec la même connotation péjorative, faisant référence à Giezi du 2ème livre des rois de la Bible qui rapporte l’histoire suivante : Naaman, riche syrien, lépreux vint trouver le prophète Elisée et lui demanda de la guérir, ce qui lui fut accordé.

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